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Regards sur la ville
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(Dernière épisode mis en
ligne
le 1er février 2009)
Réminiscences
locales
Les événements du présent font revenir à la mémoire des souvenirs
du passé. En consultant ces souvenirs, le présent s'éclaire. C'est à
cet exercice que cette nouvelle rubrique vous convie.
Vous pouvez consulter, à la
page d'actualité de la rubrique Nation, les brèves de Réminiscences
nationales et internationales (dernière mise en ligne le 15
février 2009).
Pourquoi Baguet va augmenter les impôts
On annonce une augmentation des impôts
municipaux de 20%. Ce n'est pas rien!
De nombreux souvenirs de débats bugétaires ou pré-budgétaires me
reviennent en mémoire, quelques-uns tout particulièrement, qui
expliquent que je ne sois pas surpris par cette mauvaise nouvelle qui a
dû au contraire prendre de court tous ceux qui avaient cru, de bonne
foi, que la présence de la présidente de l'Association des
contribuables boulonnais parmi nos édiles nous garantirait d'une telle
calamité. Les voici.
Du
temps de Graziani
Nous nous trouvions ce
jour-là à la maison Walewska où, depuis que Paul Graziani était
maire, le conseil de municipalité se réunissait chaque semaine. Ce devait être en 1991 ou 1992.
A l'ordre du jour était
inscrit un sujet dont la solution – la suite allait
le montrer – serait déterminante pour l'avenir de
l'équipe municipale: le Gouvernement socialiste venait d'adopter une
loi qui ponctionnait les finances des villes riches au profit des villes
pauvres; Boulogne figurait parmi les villes riches; nos recettes se
trouvaient ainsi amputées de plusieurs millions de francs.
Qu'allions-nous faire?....... Lire
la suite.
A l'époque
de Sarkozy
«Quant à savoir ce que
pensait réellement Baguet, un autre épisode, bien des années après,
me permit de le savoir en toute certitude.
Nous étions cette fois à l'hôtel du
Département, à Nanterre, salle numéro 1, où se réunissait ce
jour-là la majorité départementale. Nicolas Sarkozy avait succédé
à Charles Pasqua à la tête du Conseil général et lancé un nombre
relativement important d'initiatives qui promettaient de
lourdement peser deux ou trois ans après sur nos dépenses
d'investissement autant que de fonctionnement. Il avait évoqué
l'abandon de certains dispositifs d'action, la fermeture de certaines
structures; mais il n'en avait encore rien fait car il pensait déjà à
la campagne électorale présidentielle et ne voulait pas faire de
vagues.
En cette réunion à huis clos, une
majorité de conseillers généraux de l'UMP et de l'UDF souligna
– comme on le fait souvent dans les associations pour les
cotisations – qu'il valait mieux augmenter un peu
les impôts chaque année que de se trouver contraint plus tard à une
forte hausse faute de pouvoir boucler le budget.
Je n'avais, pour ma part, pas changé
d'opinion. Je restais convaincu, comme le disaient le RPR et l'UDF en
1986, que la seule façon de baisser la pression fiscale, c'est de
diminuer d'abord les recettes, autrement dit de «couper le
robinet»; les économies s'imposent alors d'elles-mêmes. Si l'on
procède à l'inverse, en commençant par rechercher des économies et
en attendant qu'elles aient produit leur effet pour réduire les
impôts, on risque d'attendre longtemps. J'appliquai le raisonnement à
la circonstance: les recettes supplémentaires seront inévitablement
dépensées; elles nous dispenseront des adaptations nécessaires et le
choc fiscal sera tout aussi fort le jour où les dispositifs nouveaux
fonctionneront à plein régime de dépenses.
Baguet était d'un avis inverse. Nous
n'étions pas à la veille d'un renouvellement des conseillers
généraux; il fallait donc en profiter. C'était oublier que
l'élection présidentielle se profilait et que c'eut été bien mal
engager la campagne que de l'inaugurer par un mauvais exemple fiscal
dans ce que certains appelaient le «laboratoire des
Hauts-de-Seine». Et c'eut été la première augmentation depuis longtemps
car Charles Pasqua, non seulement avait réussi à maintenir les taux
des différentes taxes locales, mais certaines années, il les avait
même baissés. De plus, Jacques Chirac venait d'annoncer au plan
national un objectif de réduction de l'impôt sur le revenu.
Devant la gravité de l'enjeu, je rédigeai
une note à l'intention de Nicolas Sarkozy qui – si mon souvenir est
juste – n'était pas présent à cette réunion car, étant ministre,
il était souvent absent de Nanterre. J'insistai sur l'argument
politique, qui me semblait le seul susceptible d'emporter sa décision.
Heureusement, le vice-président chargé des finances, Jean-Claude
Caron, élu RPF de Rueil, partageait mon point de vue. Avec quelques
autres, il pesa dans le même sens. Il ajoutait
cependant une mise en garde, à savoir que nous ne devions pas remplacer la
hausse des taux par un recours à l'endettement. «Les emprunts
d'aujourd'hui sont les impôts de demain» avait-t-il coutume de
répéter. Cette fois, je fus écouté: Sarkozy, au détour d'un
couloir, me fit savoir qu'il avait lu ma note et la jugeait «intéressante».
Les impôts n'augmentèrent pas.
En deux circonstances semblables, à des
années d'écart, Baguet avait ainsi tenu le même raisonnement. Il est
donc intimement persuadé que le contribuable est amnésique et
qu'on peut le tondre sans risque de sanction électorale si l'on sait
s'y prendre. Peut-être n'a-t-il pas tort d'ailleurs.
Prochain épisode: Les bases et les taux
A sa décharge – ou à sa charge, ce sera
au lecteur de juger – il faut ajouter que le mécanisme de
calcul des taxes locales est d'une complexité qui permet d'embrouiller
facilement le citoyen, avec une communication habile.»
(à suivre...)
Quelques
documents majeurs de ce site
accessibles directement par cette page d'accueil:
La Revue cantonale de
Boulogne-Billancourt
Le rapport sur la
recherche et l'enseignement supérieur
dans les
Hauts-de-Seine
L'Histoire
des rues de Boulogne,
Raccourcis
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directe:
Site historique universitaire de Francis Choisel
histoire.choisel.info (page d'accueil)
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de «Gaullisme»)
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