|
|
Fiche sur le gaullisme rédigée pour le
centenaire du général de Gaulle.
(Inédit, 1990)
De Gaulle et l’Allemagne
«Si l’on ne se contraignait pas à voir les choses froidement,
on serait impressionné par la perspective de ce que pourraient
donner ensemble la valeur allemande et la valeur française.»
(mars 1950)
Le général de Gaulle a été élevé dans l’espoir de la reconquête de l’Alsace -Lorraine et dans l’idée de la revanche contre l’Allemagne. Il a combattu pendant la Première Guerre mondiale et symbolisé la résistance à l’occupant pendant la Seconde. Il était donc tout particulièrement conscient du danger allemand pour la sécurité de la France et pour l’équilibre de l’Europe.
Aussi de Gaulle exigeait-il des dirigeants allemands
«l’acceptation du fait accompli pour ce qui est des frontières», notamment avec la Pologne, le renoncement à toute idée d’union avec l’Autriche, et une
«patience à toute épreuve pour ce qui est de la réunification», c’est-à-dire, en fait, la résignation à la division de l’Allemagne entre R.D.A. et R.F.A. :
«L’Allemagne ne doit pas redevenir le Reich, c’est-à-dire une puissance unifiée, centralisée autour d’une force et nécessairement amenée à l’expansion par tous les moyens.»
Une fois cette garantie prise, la grande idée du général de Gaulle fut non seulement de se réconcilier avec l’Allemagne, mais de coopérer avec elle. Au lieu de s’user et de se détruire mutuellement dans une rivalité pour la domination de l’Europe, les deux pays ont tout intérêt à s’entendre et à s’épauler afin de créer un
«axe franco-allemand» susceptible de diriger toute l’Europe et de peser dans le monde.
Cette politique fut concrétisée par un traité franco-allemand de coopération, signé en 1962 par le président de Gaulle et le chancelier Adenauer, traité qui est, aujourd’hui encore, la base des relations entre les deux pays et qui leur permet de s’entendre sur une même politique face aux grands problèmes de l’Europe et du monde.
Francis Choisel
|
|