Fiche sur le gaullisme rédigée pour le centenaire du général de Gaulle.
(Inédit, 1990)

De Gaulle et la monnaie

Au plan monétaire, le général de Gaulle est un adepte de la plus pure rigueur financière: équilibre budgétaire, lutte contre l’inflation, stabilité du franc. Aussi, en cette matière, les idées gaulliennes ne sont-elles guère originales. Elles sont du domaine de ce qu’on pourrait appeler un solide bon sens économique.

Ce qui caractérise de Gaulle, c’est sa volonté, sa ténacité et sa capacité à mettre en œuvre les mesures indispensables à l’établissement d’un franc fort: «Les moyens appropriés sont connus. Il n’est que de les prendre.»

De 1958 à 1969, il y a un «franc de Gaulle» comme il y eut un «franc Poincaré» ou un «franc germinal» autrefois. Créant le «nouveau franc» à son arrivée, jugulant la hausse des prix en quelques mois, appliquant avec Pinay le plan «Rueff - Armand» de redressement économique puis, avec Giscard d’Estaing, le «plan de stabilisation», et refusant de dévaluer après la crise de mai 1968, de Gaulle impose tout au long de sa présidence le respect des grands équilibres.

Au plan international, il dénonce à partir du milieu des années soixante «le prvilège monumentalement abusif que l’univers accorde à la monnaie américaine» et ses effets néfastes: «Prétendre l’imposer plus longtemps serait condamner le monde libre à de graves épreuves économiques, sociales et politiques.»

C’est pourquoi il réclame «un système monétaire établi sur la base de l’or, qui a seul un caractère d’impartialité et d’universalité». Il veut un nouvel ordre monétaire mondial fondé sur le retour à la sagesse et à la prudence, mais aussi sur l’égalité des droits et des devoirs entre les diverses monnaies nationales. Il ne fut hélas pas suivi. Et quatre ans après son départ, faute de l’avoir écouté, le monde s’enfonça dans une crise qu’on qualifia de «pétrolière» mais dont les causes sont d’abord monétaires.

Le gaullisme, c’est l’attachement au plan national et international au bon ordre monétaire, qui seul peut fonder la prospérité de l’économie. C’est aussi l’attachement au franc, comme élément du prestige, de la souveraineté et de l’indépendance de la France.

Francis Choisel

 

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