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Notice extraite du
Dictionnaire des ministres
français de 1789 à 1989,publié
sous la direction de Benoît Yvert,
(Perrin, 1990, 1030 p.)
Cette notice a été visée par
Georges Gorse lui-même avant sa publication.
Georges Gorse
GORSE (Georges,
Achille, Pierre, Léon, Joseph), né à Cahors (Lot) le 15 février 1915.
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Sous-secrétaire d’État aux Affaires musulmanes du 20 décembre 1946
au 22 janvier 1947.
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Sous-secrétaire d’État à la France d’outremer du 28 octobre 1949 au
3 février 1950.
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Secrétaire d’État aux affaires étrangères du 19 mai 1961 au 16 mai
1962.
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Ministre de la Coopération du 16 mai au 28 novembre 1962.
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Ministre de l’Information du 7 avril 1967 au 31 mai 1968.
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Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Population du 5 avril 1973
au 27 mai 1974.
Georges Gorse n’avait que
trente-et-un ans lorsqu’en 1946, il accéda pour la première fois au
gouvernement. Ce premier poste ministériel était, pour lui comme pour
quelques autres, l’aboutissement d’un ralliement, dès juin 1940, au
général de Gaulle : enseignant à la faculté des Lettres du Caire à la
veille de la guerre, il avait eu pendant deux ans, auprès du général
Catroux, la responsabilité de l’Information de la France Libre en
Orient; puis, de décembre 1942 à juillet 1943, il avait fait partie de
la mission de la France Combattante en U.R.S.S.; enfin, chargé de
mission au cabinet du général de Gaulle, à Alger, il l’avait suivi
jusqu’à la Libération de Paris, avait été nommé à l’Assemblée
consultative au titre de la résistance extérieure, avait été élu député
de la Vendée dès la première Assemblée constituante.
Ayant en charge les Affaires
musulmanes dans l’éphémère troisième ministère Blum, il s’affirma dès
lors comme un spécialiste des questions d’outremer, occupant
alternativement des fonctions gouvernementales et des postes
diplomatiques : sous-secrétaire d’État à la France d’outremer dans un
gouvernement Bidault en 1949, il rejoignit ensuite l’Assemblée de
l’Union française (1952-58), fut chargé par Guy Mollet d’une mission
qui couvrit un premier contact avec le F.L.N. en 1956 et devint le
premier ambassadeur de France à Tunis en 1957. Rappelé au gouvernement
par Michel Debré comme secrétaire d’État aux Affaires étrangères, chargé
des affaires africaines et malgaches, il échangea ce poste pour celui de
ministre de la Coopération dans le second gouvernement Pompidou et fut
nommé ambassadeur à Alger juste après l’indépendance (1963-66).
Partisan sous la Quatrième République
d’une politique libérale ouverte aux nationalistes modérés au Maroc et
en Tunisie et visant une assimilation sincère en Algérie, il fut, après
les indépendances, un artisan convaincu et habile du maintien des liens
avec nos anciennes possessions. Comme ministre de la Coopération, il fut
aussi l’un des promoteurs de la réforme permettant aux jeunes Français
de consacrer leur temps de service national à des missions d’aide au
tiers-monde.
Ensuite, il fut appelé au ministère
de l’Information à une époque particulièrement délicate : celle du
«Québec Libre», de l’embargo sur les exportations d’armes à
destination d’Israël, du second refus d’ouvrir le Marché commun à
l’Angleterre et de Mai 68. C’est à lui que revint, entre autres,
d’annoncer au pays, el 19 mai, la fameuse phrase du général de Gaulle :
«La réforme, oui. La chienlit, non!». Il fut sacrifié dès la fin
de la crise, avec les autres ministres qui avaient dû subir de plein
fouet le chox des événements.
Sous Georges Pompidou, il devint
ministre du Travail de Pierre Messmer – qui avait été le directeur de
son cabinet en 1949. Il s’attacha à ce poste, en période de plein
emploi, à l’amélioration des conditions de travail et de la législation
sociale; et, en période de fort appel à la main d’œuvre étrangère, il
engagea la lutte contre l’immigration clandestine et prit des mesures
pour que soit réservé aux travailleurs réguliers un accueil plus humain.
Cela répondait à sa fibre sociale, particulièrement développée : il se
dit lui-même adepte d’un socialisme humaniste, proche du «vieux
socialisme utopique, avec un peu de Jaurès» mais non de «la
mécanique prussienne du marxisme hégélien».
Depuis 1974, il est écarté des postes
ministériels, à l’image de cette génération de «barons» du gaullisme
dont la carrière nationale a été prématurément interrompue par l’échec
de Jacques Chaban-Delmas à l’élection présidentielle et qui se
consacrent désormais totalement à leurs mandats locaux.
Gaulliste historique, authentique et
fidèle, social, attaché à l’influence de la France dans le monde, fort
réservé sur l’Europe supranationale (quoique représentant de la France
auprès des Communautés européennes à leur début), Georges Gorse s’est
attaché, sous la Quatrième République et encore à la fin des années
1970, à établir des ponts entre socialisme et gaullisme. Ayant adhéré à
la S.F.I.O. en 1945, il y resté fidèle jusqu’en 1958, date à laquelle il
rejoignit l’U.N.R. nouvellement créée (sans avoir participé à
l’aventure du R.P.F.). Écarté de l’Assemblée nationale depuis 1951, il
y est revenu en 1967 comme député de Boulogne-Billancourt, siège de
usines Renault, circonscription socialiste depuis 1919 dont il fit la
conquête. Maire R.P.R. de cette ville depuis 1971, il en a fait un
véritable fief personnel.
Agrégé de lettres, normalien, il
garde la marque de cette formation universitaire et classique. Fin
lettré, érudit spirituel et discret, attaché à l’art et aux choses de
l’esprit, il a l’éloquence du diplomate et son flegme, qu’il entoure de
la fumée de son inséparable cigare. Ce que de Gaulle résuma, paraît-il,
un jour, sous la Quatrième République, en une formule lapidaire :
«Il est tout de même moins c... que les autres.»
Francis Choisel
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