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Allocution prononcée le 11 novembre 1990 devant le monument aux morts de Boulogne-Billancourt.La Paix 1919-1939À la fin de la Première guerre mondiale, la conférence de la paix se réunit à Paris. A Versailles, à Saint-Germain, au Trianon, à Neuilly, à Sèvres, sont signés les traités qui organisent l’Europe nouvelle.Ces traités prévoient notamment la création d’une «société des Nations», organisme international se donnant pour but de maintenir durablement la paix afin que le conflit de 1914-1918 soit effectivement la «der des der», comme le souhaitaient les combattants. Les États membres de la SDN s ‘engagent à faire prévaloir les règles d’un droit international fondé sur le désarmement et sur l’arbitrage en cas de litige, c’est-à-dire sur la renonciation au recours à la force.Sur ces bases, les années vingt sont, en matière internationale, celles de l’idéal de la «sécurité collective». Idéal marqué par le protocole de Genève en 1924, et par le pacte de Locarno en 1925. Idéal incarné en France par Aristide Briand, ministre français des Affaires Etrangères qui s’exclame en 1926 à la tribune de la Société des Nations : «Plus le guerre ! Plus de solutions brutales et sanglantes à nos différents ! Arrières les fusils les mitrailleuses, les canons ! Place à la conciliation, à l’arbitrage, à la paix !» Idéal symbolisé par le pacte «Briand-Kellog» par lequel, sur une initiative française, 63 États déclarèrent solennellement la guerre «hors-la-loi».*Droit international. Arbitrage et désarmement. Sécurité collective. Que d’illusions destinées à s’évanouir presque aussitôt ! Que de naïvetés chèrement payées quelques années plus tard ! Ceux qui ont combattu entre 1939 et 1945 le savent mieux que d’autres.Que de faiblesses aussi, pendant les années trente, de la part des vainqueurs de 1918 ! Que d’abandons qui ont pour nom : remilitarisation de la Rhénanie, guerre d’Espagne, Anschluss autrichien, crise des Sudètes !L’esprit de Munich est l’héritier direct de l’esprit de Genève. Et le désarment moral des années trente n’est que la face cachée du désarmement moral des années vingt.La paix ne se fonde pas sur les seuls bons sentiments ; elle ne s’établit pas avec de belles paroles. La paix repose sur la supériorité militaire des nations pacifiques sur les peuples belliqueux et sur la force de caractère de leurs gouvernants.Puisse cette leçon de l’Histoire n’être pas oubliée aujourd’hui.Puisse l’expérience servir aux démocraties européennes à une époque où, par l’écroulement de l’empire soviétique en Europe de l’Est, nous retrouvons l’Europe de 1918 et avec elle les illusions de la sécurité collective.Puisse la France ne pas baisser la garde, tant il est vrai qu’une France forte est nécessaire à la paix de l’Europe et du monde.Francis Choisel |
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