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Intervention de Francis Choisel,Président de l’Alliance pour la Souveraineté de la France
à la Conférence de presse numérique organisée par le R.P.F. présidé par Nicolas Stoquer
en simultané avec la réunion du Comité des élus contre le
terminal gazier d'Etretat-Antifer
(4 février 2010)
Intervention de Francis Choisel
à la conférence de presse numérique
sur le projet de terminal méthanier d’Etretat-Antifer
Mesdames, messieurs, chers collègues,
Si je vous apporte aujourd’hui mon soutien, celui de l’Alliance pour la Souveraineté de la France et, à travers elle, celui de tous les souverainistes, c’est parce que vous m’avez convaincu.
Vous m’avez convaincu que votre combat est légitime, que votre cause est juste.
Permettez-moi de vous dire pourquoi, ou plutôt – parce que vous, vous le savez – de dire à tous ceux qui nous écoutent et à tous ceux qui nous lirons, ce que j’ai retenu du dossier que vous m’avez transmis, et que j’ai étudié avec soin.
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Il y a ici ce que vous appelez la côte d’Albâtre, symbolisée par le nom d’Etretat, par ses falaises, dont tout Français est fier, à qui tout Français est attaché, comme à un joyau de son patrimoine. Et puis une plage. Non pas une plage déserte mais une plage fréquentée, une plage populaire. Enfin un lieu de mémoire, le souvenir d’un débarquement réussi de nos alliés britanniques en février 1942, un symbole de la lutte contre l’envahisseur hitlérien, de la lutte contre le nazisme.
Or, sur ce lieu, une société appelée «Gaz de Normandie» a jeté son dévolu. Gaz de Normandie ? Abus de langage! Il s’agit en fait, aujourd’hui en tout cas, d’un consortium d’intérêts autrichiens et australiens: l’Autrichien Verbund-Poweo pour 73 %, l’australien CIM-SNC pour le reste. Où est la Normandie dans tout cela ? Et la France ? Et même l’Europe ? 100% de capitaux étrangers, 27 % de capitaux extra-européens.
Il n’y a donc, dans ce projet que vous combattez, ni intérêt national, ni intérêt général, malgré les décisions administratives qui prétendent le contraire. C’est une évidence pour moi, comme elle le sera pour tout souverainiste, pour tout Français de bonne foi.
Maintenant, ce projet, quel est-il ? Un «terminal méthanier». C’est peu dire. Regardez la brochure éditée par les promoteurs du projet. C’est à elle que je me réfère et à elle seulement. Il s’agit d’un port spécialisé dans l’importation du gaz mais il s’agit aussi d’importantes installations de stockage et de transformation du gaz livré, autrement dit un complexe industriel, une usine à gaz… Et ce n’est pas tout: un peu plus loin, une centrale thermique pour produire de l’électricité ; et entre les deux, en même temps que pour relier ce terminal au réseau gazier européen, un gazoduc. Ce n’est pas une petite affaire. Cela ne passera pas inaperçu dans le paysage!
Cela est d’autant moins une petite affaire que la brochure officielle que j’ai en main, et qui se veut rassurante, explique courageusement que tout a été prévu pour limiter les risques: Bureau Véritas, étude de scénarios,
«PPIR», etc. Tiens ?! Voici autre chose. Il y a des risques, il y a danger. Il y a en effet le stockage et le traitement de gaz, et une
«torchère» au milieu de l’installation. Un torchère qui, paraît-il, ne fonctionnera pas toujours, mais enfin il y aura du feu, avec le gaz et aussi le pétrole d’Antifer juste à côté. C’est un mélange explosif! à proximité de zones très habitées. Un mélange explosif qui, ailleurs, dans des installations semblables, a déjà explosé et fait d’énormes dégâts: à Fos-sur mer en 2004, par exemple ou à Skidda en Algérie, en 2003.
«AZF délocalise de Toulouse à Etretat», si vous me permettez l’expression. Attention, casse-cou! D’autant plus qu’on me dit que ces sociétés exotiques n’ont aucune expérience en la matière, seulement leur bonne volonté et le soutien des pouvoirs publics.
Je continue à feuilleter la brochure destinée à nous convaincre: L’écosystème sera préservé, nous dit-elle en substance. Compte tenu de ce que je viens de dire, j’en doute.
Le chantier, ce sera du travail pour les habitants et pour les entreprises locales. J’en doute aussi, même si la CCI, benoîtement, l’affirme également. Dans le monde tel qu’il est, tel que nous le fabriquent les directives européennes et les oukases de la mondialisation, je vois plutôt arriver de la main d’œuvre à bas prix, des entreprises à bas coûts: de la concurrence déloyale plutôt que des commandes et de l’emploi.
Tout cela suffirait à rejeter le projet, et plutôt dix fois qu’une. Mais il est une dernière remarque que je voudrais faire. Ce complexe énergétique, constitué d’une centrale à gaz et de son approvisionnement par voie maritime relayée par gazoduc, ce n’est rien d’autre que le recours à une énergie fossile, en voie d’épuisement et polluante – même si elle l’est un peu moins que le pétrole ou le charbon. Comme si le sommet de Copenhague et le Grenelle de l’Environnement n’avaient pas eu lieu! Comme si, depuis belle heurette, EDF n’avait pas remplacé ses centrales thermiques par des centrales nucléaires qui ne rejettent aucun gaz carbonique! Comme s’il n’existait pas les énergies renouvelables, les énergies, douces, les énergies propres!
Le gaz ? Permettez-moi de vous dire qu’écologiquement et techniquement, c’est un retour en arrière. Un projet qui aurait peut-être eu sa raison d’être il y a cinquante ou soixante-dix ans mais pas en 2010. Un projet tout bonnement archaïque.
Vous, élus des communes environnantes, vous qui venez de vous constituer en comité de lutte, toutes tendances confondues, vous l’avez bien compris. Vous avez imaginé une solution alternative. Car il y a un solution alternative, tournée vers l’avenir, adaptée au site, génératrice d’emploi, pouvant se substituer au terminal pétrolier lui-même qui est condamné à terme: un centre de recherche, ou d’expérimentation, sur les énergies marines. Cela reste à concrétiser, à préciser. Mais l’idée est là. Elle est bonne. Elle serait même susceptible d’être financée dans le cadre des objectifs prioritaires du
«Grand emprunt» du Président de la République.
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Alors, me direz-vous, comment cette usine à gaz, cette sorte de revenant des années cinquante, qui a tout faux sur tous les plans, comment cette usine à gaz, donc, peut-elle avoir des soutiens ?
La réponse tient dans une formule: «ouverture du marché énergétique national». Ouverture aux nouveaux opérateurs, aux opérateurs privés, aux opérateurs étrangers. Voilà pourquoi les capitaux sont étrangers, pourquoi on ne demande rien à Gaz de France – qui, soit dit en passant, aurait pu construire une plateforme en mer, ce que
«Gaz d’Australie et d’Autriche réunies» ne sait pas faire.
Les pouvoirs publics veulent montrer que nous ne sommes pas d’affreux protectionnistes, de méchants nostalgiques du bon vieux service public du gaz et de l’électricité. Ils ont peur des foudres de Bruxelles. Alors on donne des gages, vous me permettrez de le dire, à n’importe qui. On déroule le tapis rouge, sans se soucier de l’opposition unanime des habitants de la région, à des gens qui viennent dans un seul but: tailler des croupières à EDF et à GDF.
Ce projet, décidément, n’est pas d’intérêt général, si le mot
«intérêt général» a encore un sens. C’est même tout le contraire.
C’est pourquoi nous, représentatifs aujourd’hui, des courants gaulliste, écologiste et souverainiste, nous vous apportons notre soutien, c’est pourquoi nous sommes prêts à vous aider localement, pourquoi nous sommes déterminés à porter ce débat sur la scène politique et médiatique nationale, à alerter les parlementaires, à saisir le Président de la République et le Gouvernement.
Nous le ferons parce que ce qui est d’intérêt général dans cette affaire, ce qui est d’intérêt national, ce n’est pas le terminal gazier, c’est votre refus, c’est votre combat. Vous devez gagner.
En savoir plus
Si vous voulez,
participer à la lutte contre le terminal gazier:
Coordination gaulliste,
écologiste, souverainiste, karmakis@gmail.com
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