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Opinion publiée dans le courrier des lecteurs du Figaro
(avril 1997)
 
Des bruits de dissolution de l’Assemblée législatives se font entendre deux ans après l’élection présidentielle de Jacques Chirac. Francis Choisel n’y est pas opposé par principe, mais il déconseille une dissolution «à la hussarde». Son opinion paraît le jour même de l’annonce de la décision : trop tard pour qu’elle puisse prévaloir.

Dissolution : oui,
mais pas d'élections à la hussarde

Que le Gouvernement fixe la date des élections au mieux de ce qu'il croit être l'intérêt national et sans attendre les échéances prévues n'est pas une mauvaise chose en soi. C'est d'ailleurs une coutume ancienne du parlementarisme britannique.

En fin de mandature, l'horizon gouvernemental est forcément limité dans le temps, et l'autorité des ministres est entamé au fur et à mesure que se rapproche l'échéance. Quant aux députés sortants et à leurs adversaires potentiels, ils sont préoccupés par les aspects matériels et tactiques de leur future candidature, ce qui rend leur esprit moins disponible pour l'exercice de leur mandat national ou local.

Mais les élections législatives sont l'occasion pour le Peuple d'exprimer un choix politique fort. Ce choix renforce la légitimité du Président de la République ou l'entame. A condition que le débat ait été clair et approfondi. Sinon, c'est un coup pour rien. Ceci suppose une campagne électorale de quatre à six mois, ou le mûrissement d'une crise dont la dissolution est le dénouement.

Des élections en juin pouvaient être un bon choix, à condition de les annoncer en janvier. Fin novembre ou début décembre le serait aussi, en le disant en juin.

Pour le moins, puisque les choses semblent déjà décidées, le Président de la République serait bien inspiré d'annoncer qu'un référendum suivra à l'automne, par exemple sur la monnaie unique et la révision du traité de Maastricht.

Francis Choisel

 

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