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Appel lancé à l'occasion des élections régionales de mars 2010.
Europe ou écologie
il faut choisir
Depuis son résultat aux élections européennes de 2009, Europe Ecologie se sent pousser des ailes.
Mais ce sont des ailes de chauve-souris: «Je suis Ecologie, voyez mes Verts ; vive la gent qui apure les airs. Je suis Europe, vive Bruxelles ; Jupiter confonde les Etats!»
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Et, comme dans la fable, il y a tromperie. Tromperie à dire à la fois
«Vive le Roi!» et «Vive la Ligue!», à se vouloir en même temps européen convaincu et écologiste sincère.
• Etre européen convaincu, c’est adhérer au dogme de la «concurrence libre et non faussée», c’est fonder sa conception de l’économie mondiale sur la division internationale du travail, sur le développement du commerce et la multiplication des échanges, c’est accepter plus de transports, plus de déplacements, donc plus d’autoroutes, plus de carburant consommé, plus de pollution.
L’Europe marchande, l’Europe passoire, l’Europe complice des délocalisations, c’est plus de gaspillage d’énergie non renouvelable et plus de CO2.
• Etre européen convaincu, c’est approuver la politique des autorités de Bruxelles qui se couchent devant les multinationales de l’agroalimentaire et de l’agrochimie, qui favorisent les gros rendements, les OGM et les pesticides, c’est accepter la destruction de notre santé et de nos paysages.
L’Europe marchande, l’Europe passoire, l’Europe complice des multinationales c’est la mort de l’agriculture traditionnelle, la marginalisation du bio, le refus du commerce équitable.
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• Etre écologiste sincère, c’est au contraire, selon la formule désormais célèbre:
«Penser globalement, agir localement».
Or l'Europe n'est ni globale, ni locale : trop petite et trop grande à la fois. Elle n'a pas la dimension pertinente pour traiter des grands problèmes qui menacent l’avenir de notre planète et qui doivent évidemment l’être à l’échelle mondiale; elle est tout aussi incapable de susciter les micro décisions environnementales et les comportements individuels que requièrent les situations locales car elle est trop technocratique, trop éloignée des réalités du terrain, des associations et des citoyens, trop imbue d’uniformisation et de réglementations.
• Etre écologiste sincère, c’est aussi, encore et toujours vouloir
«Travailler et vivre au pays».
Or l'Europe actuelle impose aux travailleurs une prétendue liberté de circulation qui n’est que la liberté pour les grandes entreprises de les déporter d’un bout à l’autre du continent, de les en menacer pour comprimer leurs salaires ou de les licencier avec une cynique bonne conscience parce qu’ils refusent l’exil et le déracinement.
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Pour un écologiste, être européiste ou souverainiste n’est pas une simple opinion qui s’ajouterait à une autre. Etre européiste, c’est impossible, ce serait incohérent, ce serait perdre son âme. Etre souverainiste, c’est nécessaire, c’est une condition préalable, c’est revenir aux fondamentaux.
Face au succès électoral et médiatique d'Europe Ecologie, nous rappelons que l'écologie véhiculée par cette organisation est une écologie factice, officielle, reçue à
l'Elysée et pleinement complice de la mondialisation actuelle; elle a trahi l'écologie originelle portée par les militants luttant pour résoudre la crise écologique majeure que connaît notre planète.
Et à tous les écologistes et défenseurs de l’environnement, nous demandons de méditer, avant d’entrer dans l’isoloir les 14 et 21 mars prochains, cette célèbre maxime de Bossuet:
«Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu'ils en chérissent les causes».
Joël Rigolat
Secrétaire National de la Confédération
des Ecologistes Indépendants (C.E.I.)
Chef d'entreprise
Francis Choisel
Président de l'Alliance
pour la Souveraineté de la France,
Conseiller général des Hauts-de-Seine (1994-2008)
Historien
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