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Ouvrage sous forme polycopiée par la Société historique de
Boulogne-Billancourt et mis en ligne par le Cercle des anciennes familles boulonnaises
Saisie informatique et additifs: M. Maurice Masse
Tous droits de reproduction réservés: Archives municipales de Boulogne-Billancourt
E. Couratier
Les rues de Boulogne-Billancourt
1962
HISTOIRE PAR RUE
Les voies dont le nom figure en caractères italiques n'existent
plus aujourd'hui ou ont changé d'appellation.
C-D
Rue Cacheux
Au 53 avenue Edouard Vaillant, se termine en impasse.
Les frères Cacheux étaient des hommes d’affaires, à la fois lotisseurs et constructeurs d’habitations à bon marché ou
«économiques», qui firent des affaires à
Boulogne après 1885. La rue Cacheux fut établie à cette époque ou un peu après par l’un des frères, lequel acquit l’ancienne usine de produits chimiques Clolus, qui avait empoisonné le quartier des années durant. Il y transféra une fabrique de crayons précédemment à Mulhouse et qui, vers 1905, fut l’objet d’un incendie spectaculaire.
Le 13 novembre 1891, M. Jules Cacheux offrit la rue à la ville à la condition que celle-ci y construisit un égout. Le maire invoqua le décret de 1852 et voulut fermer la rue par une grille parce qu’elle n’avait pas 12 mètres.
M. Cacheux, très dynamique à l’époque, se flatta d’avoir été à l’origine du mouvement qui amena en 1896 la séparation électorale de Boulogne et de Billancourt, en arguant de l’abandon du quartier par la municipalité.
On parla, lors des plans d’aménagement de 1932 et 1948, de prolonger la rue Cacheux jusqu’à la rue du Vieux Pont de Sèvres.
Rue Carnot
Du 168 boulevard Jean Jaurès au 157 rue de Billancourt
(en prolongement vers la Seine).
Longueur: 390 mètres - Largeur: 12 mètres
En 1885, M. Lejeune, propriétaire d’un important commerce au 8, boulevard des Italiens, à Paris, à l’enseigne
«Lejeune et Cie, tailleurs», possédait également un vaste terrain entre le Boulevard de Strasbourg et la sente des aveugles
(rue Paul Bert), acquis probablement dans un but spéculatif. Il y perça une rue de 12 mètres et la mit en état de viabilité en remplissant les conditions que venait de fixer le conseil municipal pour accorder le classement d’une rue dans la voirie publique. L’architecte-voyer avait contrôlé les travaux, de sorte que le classement se fit sans difficultés le 7 février 1886, avec la bénédiction du préfet le 20 septembre 1887. Le nom de Carnot,
«organisateur de la Victoire en 1793, mort en exil à Magdebourg en 1823»
fut donné à la rue le 14 février 1886.
La rue fut bordée par des pavillons d’aspect plus ou moins bourgeois et coquets, dont un appartint à M. Vacherot, architecte paysagiste, qui fut adjoint au maire de 1896 à 1900. Le 5 juillet 1899, celui-ci fit voter par le conseil, en qualité de préposé aux travaux de la Ville, la construction d’un égout en faisant valoir que M. Lejeune, jadis, avait payé la viabilité. Il y eut à ce sujet une altercation avec un autre conseiller, M. Breton, qui jugeait l’égout de la rue de Solférino plus utile. Tous les deux faisaient partie de la majorité, mais l’un penchait à droite, et l’autre à gauche! Ce déséquilibre contribua en 1900 à l’échec de M. Breton, saboté, dit-on, par son ex-collègue. M. Vacherot, réélu, obtint en 1901 la fermeture de
«sa rue»
du côté de la rue Paul Bert, alors voie privée qui desservait les carrières dont les voitures salissaient la rue Carnot.
En 1911, les héritiers de M. Blondeau offrirent à la ville le terrain gratuitement, outre 10 francs par mètre de façade, pour obtenir le prolongement de la rue Carnot jusqu’à la rue de Billancourt. Le conseil municipal accepta le 29 novembre 1911 et le préfet prononça le classement le 12 juin 1912. Les travaux furent adjugés le 9 novembre 1912.
En 1932, le plan d’aménagement de la commune comprit le prolongement de la rue jusqu’au quai dans les prévisions, ce que celui de 1948 confirma. Le conseil municipal a donné un avis favorable le 15 février 1950 pour la partie entre la rue de Sèvres et le Quai. Les deux sections se rencontreront dans un délai plus ou moins court.
[La rencontre de ces deux sections est maintenant effective formant un «mail»
piétonnier].
Rue Castéja
Du 43 avenue du Général Leclerc au 184 rue du Vieux Pont de Sèvres.
Longueur: 178 mètres - Largeur: 12 mètres.
Sous la Restauration et encore en 1842, l’anglaise
«Milady Hunlock»
possédait à cet endroit, une belle propriété d’une superficie de 35000 mètres carrés, outre deux chevaux et une domesticité. En 1848, on trouve là le marquis de Castéja, qui paraît avoir été un noble hidalgo exilé de son pays natal, mais nous n’en sommes pas très sûr. Son parc n’avait qu’une superficie de 175 ares et sa maison était évaluée à 750 francs de revenu. Il approchait de la rue de la Ferme mais ne l’atteignait pas. En 1851, un ex garde mobile de 22 ans, Charpentier, décède chez lui, 22 rue du Vieux Pont. On dit que la villa Castéja était alors un rendez-vous de chasse, ce qui nous paraît tout de même un peu étonnant. En 1896, elle fut le siège du pensionnat des Ursulines de Chavagnes, et, après la laïcisation, d’une école libre.
En 1884, la propriété Castéja, avec d’autres terrains, fut acquise par l’Hypothèque Foncière qui dans un but de lotissement, fit percer la rue actuelle. Son liquidateur, comte de Pozzi, demanda le classement de la rue, qui portait déjà son nom actuel, en février de cette année. Ce fut un acquéreur M. Aguinet, qui obtint satisfaction du conseil le 14 novembre 1886; La délibération constate que la rue est large de 12 mètres et elle impose au cédant
«de renoncer, au profit de la commune, à la servitude qui grève la propriété bordant la Route de Versailles
(n° 45) dans l’axe de la rue projetée en prolongement de la rue de la
Mairie et grâce à laquelle il est interdit de construire en bordure de cette
rue». Cette expression est pour nous énigmatique. Le préfet prononça le classement le 11 juillet 1888 sur le vu des
«engagements de M. Aguinet, qui cède gratuitement le
terrain».
Nous ne saurions dire pourquoi ce pauvre marquis de Castéja, en devenant rue, a perdu la particule alors que par contre, le roturier Abraham Silly se l’était vu attribuer et l’a
conservée.
Avenue Charles
de Gaulle
Ancienne avenue de Longchamp.
Du 48 avenue Jean-Baptiste Clément au 5 boulevard Anatole France.
Longueur: 480 mètres - Largeur: 20 mètres.
Cette belle avenue est la descendante authentique d’un chemin sinueux et étroit qui suivait le même parcours et reliait l’église de Boulogne - qui date de 1330 - à l’abbaye de Longchamp, - qui remonte à 1260 -. Selon toute vraisemblance, le XIVème siècle marquerait son origine. Il est toutefois singulier que l’entrée de l’église se trouve du côté opposé au chemin. Celui-ci au XVIIIème siècle apparaît bordé de belles propriétés comme celle de la marquise de Forcalquier que le roi Louis XV honora de ses faveurs vers 1745. En 1797, un arrêté du Département lui attribue une largeur de 26 pieds, un état de 1825: 9 mètres, un autre de 1833: 10 mètres. Mais en 1856, au sujet d’un litige, le conseil municipal reconnaîtra qu’il n’a pas plus de 6 mètres sur une partie de son parcours. On distinguait d’ailleurs le chemin de Longchamp de la rue de Longchamp, l’un prolongeant l’autre, depuis le classement régulier des voies publiques
(1825).
Le chemin desservait le cimetière établi dans la plaine de Longchamp en 1807 ainsi que des cultures et maisons de campagne qui avaient remplacé l’ancienne abbaye, supprimée en 1792 et détruite en 1795. Plus près de l’église se trouvaient, au voisinage de résidences bourgeoises, des établissements insalubres. Les bouchers et charcutiers tuaient leurs bêtes à côté de la belle maison Rendu et de la pension Franche. En 1832, l’épidémie de choléra effraya la municipalité qui fit fermer en toute hâte le dépotoir de vidanges et transporta sa «marchandise»
à la voirie du Gros Caillou.
Le premier temple de l’Eglise Française s’était établi en 1831 dans la maison de l’entrepreneur Joannot, à côté du presbytère. Celui-ci avait été installé en 1824 dans la maison Chauvel, voisine de l’ancien presbytère d’avant 1793. Reconstruit en 1844, il fut démoli en 1862 pour l’alignement de l’avenue et reconstruit à nouveau. Depuis 1921, il a été repris au curé et transformé en établissement de Bains - Douches.
En 1844, la famille Rendu, universitaires connus, vendit par lots son domaine. Une partie fut acquise par les époux Escudier et est devenue en 1891 l’Institution Notre-Dame. Un lot fut acquis par M. Franche, qui paya un terrain de 22,44 ares:
7.875 francs, prix très faible pour l’époque étant donné l’emplacement. La pension Franche, fondée dans cette rue en 1792, fut transférée en 1850 au 3 de la Grande
rue.
En 1852, un redressement de la rue fit disparaître bouchers et charcutiers, tueurs de bêtes sur place. Deux ans après commençait la transformation du Bois de Boulogne qui entraîna, en 1856, l’expropriation de la partie du Chemin de Longchamp situé désormais à l’intérieur de la promenade. Le conseil municipal en demandait 6 francs le mètre carré, mais la Ville de Paris n’accorda par exemple que 10188, 94 francs pour 58,06 ares
(1,75 franc le mètre carré), en faisant valoir que le chemin, soumis à la
«servitude d’échelle»
aurait pu être considéré comme le chemin de clôture du Bois de Boulogne.
Quant à la partie conservée dite rue de Longchamp, le préfet Haussmann, par arrêté du 10 mars 1856, décida qu’on lui donnerait une largeur de 30 mètres, dont 5 mètres de chaque côté constituerait une zone d’isolement à l’intérieur des propriétés. Celles-ci durent être soumises aux servitudes esthétiques définies pour l’avenue de l’Impératrice (Foch). Cette décision entraîna des expropriations et facilita en même temps la clôture des terrains du baron de Rothschild. Le 19 décembre 1862, le Conseil Général de la Seine décida que le chemin de Grande Communication de Sèvres à Neuilly, qui passait par là, serait supprimé. Un acte du 3 mars 1873 incorpora l’avenue de Longchamp dans le chemin de Clamart au Bois de Boulogne
(C.V.G.C. n° 2).
(Dans les années 1970, l'hôpital Ambroise
Paré y a été construit sur une partie des terrains Rothschild.)
Rue du Château
De la Porte Molitor au 130 de la rue de Paris.
Longueur: 1130 mètres - Largeur: 12 mètres.
On appelait jadis plateau des Guérets le quartier situé entre la rue de
La Rochefoucauld et la rue de Paris. Lorsque le lotissement Fessart eut été à peu près achevé, des spéculateurs comme la Société Taupin
(plus tard Sautter), se préoccupèrent du voisinage, de même que l’administration communale. Le 14 novembre 1857, le maire Thielle exposa à son conseil un projet consistant à couper le plateau par quatre rues, en accord avec la société Sautter:
«La plaine des Guérets est un magnifique plateau sur lequel il n’existe pas encore de constructions, mais qui est admirablement situé pour en recevoir». La décision est prise le 18 mai suivant: il s’agit de prolonger les rues des Ecoles
(Escudier) et des Tilleuls et d’ouvrir deux autres rues déjà dénommées rues de l’Est et rue du Château.
En réalité il ne s’agissait que de portions de rues. La rue du Château, ainsi nommée, non d’un château inexistant dans cet endroit, mais parce qu’on voyait au loin celui de Saint Cloud, ne devait aller que de la rue Fessart à la rue de l’Est. On paya
30.511,99 francs pour 10891 mètres carrés, soit moins de 3 francs le mètre. La viabilité de la rue du Château fut faite en 1860-1863.
A la fin du siècle, le conseiller général du canton Léon Barbier, défendait ardemment le projet de percement d’un boulevard et de construction d’un pont qui devaient relier la banlieue sud de Paris à Saint-Cloud. Le département acceptait d’en faire les frais mais à la condition que la commune de Boulogne prit à sa charge 20% de la dépense. En ce temps les deux sections de la commune se querellaient et celle dite de Boulogne, qui avait la majorité au conseil municipal, se désintéressait du boulevard qui aurait surtout avantagé la section de Billancourt. Le maire Lagneau présenta un contre projet qui consistait à relier le Rond Point de la Reine à la Porte Molitor, récemment ouverte, par une nouvelle voie faite par le département avec la contribution de 20% de la commune. Il accepta à
contrecoeur l’autre boulevard, mais à la condition expresse que «son»
chemin eut la priorité. M. Barbier, alors très influent au conseil général de la Seine, réussit à faire accepter les deux projets
(séances des 20 décembre 1902 et 24 décembre 1904). Notre conseil municipal vota sa quote-part et donna un avis favorable après enquête le 21 avril 1907.
C’est ainsi que la rue du Château fut prolongée des deux côtés, d’une part de la rue de l’est à la Porte Molitor, d’autre part de la rue Fessart à la rue de Paris. Mais la largeur désirable est loin d’être réalisée en raison de l’importance des anciennes constructions.
Sur la partie ancienne a été construit, un peu avant 1900, le temple protestant.
En 1925, la ville de Paris annexa l’extrémité de la voie située sur la zone militaire et lui donna le nom d’avenue de la Porte Molitor.
Rue de Châteaudun
Du 52 rue de Billancourt au 13 rue de l’Ancienne mairie.
Longueur: 135 mètres - largeur: 12 mètres.
Lorsque la commune eut acquis la propriété Lepetit pour y installer la mairie, il fut décidé pour alléger la dépense de revendre une partie du terrain au-delà d’une rue nouvelle qu’on se proposait d’établir et qui formerait la clôture du
parc de la mairie
(conseil municipal du 17 mai 1881).
La profondeur moyenne des lots était de 24 mètres avec une façade de 15 mètres. L’architecte-voyer évaluait la surface totale à 3298, 16 mètres carrés et la valeur à 20 francs le mètre carré. L’adjudication par lots produisit 56850, 88 francs, soit en moyenne 17, 22 francs le mètre carré.
Ce nom de Châteaudun fut donné par le conseil le 7 novembre 1882 en mémoire de la résistance de cette ville contre les
Prussiens le 18 octobre 1870.
Rue du Chemin Vert
De l’avenue Ferdinand Buisson au 58 avenue Edouard Vaillant.
Longueur: 315 mètres - Largeur: 12 mètres.
Le Chemin Vert est ainsi désigné sur un texte de 1720 et on le reconnaît sur les plans de l’époque zigzaguant à travers la plaine, sans doute bordé de verdure à défaut de maisons. Il était fort long puisqu’il prenait naissance au village d’Auteuil et allait rejoindre la Seine, à l’endroit où s’était trouvé un gué, puis un bac et enfin le pont édifié après 1684 sur l’ordre de Louis XIV. Il était donc plus ancien que la
route royale de Versailles et on peut lui accorder une antiquité reculée. Il assurait alors la liaison la plus directe entre Auteuil et Sèvres, ce qui durant des siècles, n’avait guère présenté de grande nécessité.
La construction de la nouvelle route et du nouveau
pont, décidée par Napoléon en 1808, absorba la presque totalité du Chemin Vert. En 1817, un propriétaire nommé Carbonneau, qui demeure au Chemin Vert, près de la Route des Princes, se lamente de la menace qui plane sur sa maison. La nouvelle route est achevée en 1825. Il reste du Chemin Vert les deux extrémités. Cette année-là M. Colas-Bignon demande à acquérir celle qui subsiste vers la Seine et il offre 30 francs la perche, pour 30 perches
(1.000 mètres carrés environ), ce qui est accepté. (ce qui fait environ 1 franc le mètre carré).
L’autre extrémité, celle qui subsiste, appartint jusqu’en 1860 à la commune d’ Auteuil. Observons que, jusqu’à la révolution, le Chemin Vert avait constitué la limite entre la seigneurie de Boulogne et la ferme de Billancourt, qui appartenait à l’abbaye de Saint Victor.
En 1841-1845, la construction des fortifications avait coupé en deux la commune d’ Auteuil et, en même temps, amputé le Chemin Vert de toute la partie située en deçà de la fortification. Ce qui en restait, en 1925, a subi un dernier découpage: ce qui se trouvait sur la zone ex-militaire a été incorporé à la Ville de Paris qui, après l’avoir maintenu quelque temps sous le nom de rue Gérard de Nerval, a fini par l’annexer au square voisin.
Comme on le voit, l’histoire de ce vieux chemin, jadis bucolique comme son nom, n’est autre que celle d’une série «d’opérations chirurgicales».
Dans cette rue se trouvait une très ancienne blanchisserie importante qui, après avoir été le berceau de la famille Guibert, dont le lavoir a été fort connu, devint plus tard, vers 1886, la propriété de la famille Lagneau. Un de ses membres fut maire de Boulogne de 1900 à 1919. Cédée à M. Danois, vers 1895, elle abrita un temps la blanchisserie du Hameau. L’annexion de 1925 l’a fait disparaître.
Rue de Clamart
Anciennement rue de l’Est puis de Magenta.
Du 238 boulevard Jean Jaurès au 155 rue du Vieux Pont de Sèvres.
Longueur: 230 mètres - Largeur: 15 mètres.
Le terrain de cette rue appartenait depuis 1825 à la Société de Gourcuff qui établit la rue peu après jusqu’à la rue dite plus tard de Solférino formant la limite de son lotissement. Elle s’appelait alors rue de l’Est, mais après 1860, pour éviter la confusion avec l’autre rue de l’Est, le lotisseur Bonnard, successeur aux droits de la société, la dénomma rue de Magenta. Après 1870, comme le vainqueur de Magenta, Mac-Mahon, était devenu le vaincu de Sedan, on la débaptisa et, conformément à l’usage de l’époque, on la dénomma rue de Clamart parce que le village de ce nom se trouvait dans la direction, assez vaguement d’ailleurs.
Le 15 mai 1870, le conseil municipal décida d’acquérir de la société Naud, successeur de Bonnard, un terrain de 3614 mètres carrés au prix de 33722 francs et des écoles y furent édifiées. Celle des garçons fut ouverte le 1er octobre 1874.
La rue avait cependant conservé son caractère privé, et ce ne fut que le 28 juin 1894 que le conseil municipal vota son classement en enregistrant l’engagement des riverains de céder le sol sur une largeur de 15 mètres en constatant «qu’elle est livrée depuis longtemps à la circulation et très fréquentée par les enfants qui se rendent aux écoles publiques». Le préfet opina le 19 janvier 1895.
L’école de garçons souffrit à chaque bombardement en 1942 et 1943. Celui du 15 septembre l’acheva, sans faire de victimes. Elle a été reconstruite depuis peu.
Rue Claude Monnet
Au 11 rue Gambetta, se termine en impasse.
Longueur: 86 mètres - Largeur: 12 mètres
.
En 1929, les propriétaires percèrent cette rue et exécutèrent la viabilité ; ils l’ offrirent au conseil municipal qui accepta de la classer le 18 décembre. Le préfet approuva le 9 août 1930. Le texte prévoit qu’elle communiquera avec la rue Bartholdi à prolonger.
Le nom du plus grand peintre impressionniste a été proposé par les fondateurs de la rue et adopté par le conseil municipal.
Rue Collas
Du 77 avenue du Général Leclerc au 218 rue du Vieux Pont de Sèvres.
Longueur: 200 mètres - Largeur: 10 mètres
.
Après la construction du «nouveau» pont de Sèvres et le déplacement de la Route de Versailles, on constata l’inutilité de certaines portions d’anciens chemins qui, antérieurement, accédaient à l’ancien pont. Le 16 mars 1825, le conseil municipal décida de céder l’extrémité de l’ancien Chemin Vert et du chemin de la Maladrerie à M. Collas-Bigeon dit Collas jeune, au prix de 30 francs la perche. Il y eut sans doute une critique car un arrêté du préfet du 30 janvier 1828 autorisa la cession de 682 mètres carrés pour 900 francs, soit: 1,32 franc le mètre carré,
«valeur actuelle et au cours du jour»
est-il précisé. Il faut croire que cette cession fit jaser, car le 2 mai 1831 le maire Collas dut expliquer que l’acquéreur n’était pas lui, mais son frère.
Ce dernier perça une rue dans sa propriété, laquelle prit naturellement son nom ; ce dernier figure sur un tableau de sectionnement électoral en 1831. Une délibération du 10 mai 1833 mentionne qu’elle a été formée par les propriétés de M. Collas. Comme on le voit, le nom de la rue est celui d’un propriétaire et il n’a pas été donné pour honorer le maire Collas, d’ailleurs homme dévoué à sa commune. Jean-Baptiste Collas fut conseiller municipal durant un demi siècle, tantôt nommé par le pouvoir, tantôt élu. Il fut maire deux fois: de 1829 à 1831, et de 1833 à 1838, nommé d’abord par Charles X puis par Louis-Philippe. Il mourut dans cette propriété en 1853.
En 1849, le sieur Hennedouche, «préposé aux fourrages» se plaint que les eaux de la route descendent par la rue Collas et ruinent son magasin, déjà infesté par les rats. Le préfet répond que la route n’a pas été exhaussée et n’est pas en cause, que ce sont les riverains des rues Collas, de la Ferme, Heyrault, rues à l’abandon, dit-il, qui ont abaissé le niveau des terres en en extrayant des cailloux. Le magasin des fourrages militaires existait encore en 1870 et fut pillé par la foule lors de l’approche des Prussiens en septembre. En 1856, M. Collas fils autorise le percement d’une issue dans son mur pour faire écouler les eaux
«en attendant que la commune y ait pourvu autrement». La rue est réparée et un égout construit en 1866. Deux ans après, comme on lui réclame la taxe de premier pavage, le propriétaire Liot refuse de payer en arguant qu’il l’a fait lui-même à ses frais. Exact, lui dit-on, mais c’est mal fait. M. Liot sera maire de Boulogne de 1876 à 1892 et mourra dans sa maison en 1893.
Quant à la belle propriété Collas, elle fut acquise après 1871 par l’abbé Roussel pour les filles de l’Oeuvre des Orphelins d’Auteuil. Après sa mort en 1897, elle fut divisée. La carrosserie Kellner et la Compagnie du Gaz S.C.F.M. en prirent la plus grande partie vers 1905. Ces deux établissements ont été ravagés par le bombardement du 3 mars 1942. La rupture du gazomètre fut la cause d’une catastrophe dans une maison voisine
[dont les caves considérées comme abri officiel contre les bombardements ont été inondées par l’eau du gazomètre éventré par une bombe faisant environ 80
victimes].
Monsieur Kellner fut fusillé la même année par les allemands: il faisait passer à Londres des renseignements militaires.
Rue du Commandant Guilbaud
Du 6 route de la Reine à la rue Marcel Loyau
(Territoire de la Ville de Paris).
Cette voie va de la route de la Reine à la rue du Vélodrome et, comme la rue Nungesser et Coli qui lui fait suite, présente cette particularité que si la rue même de trouve sur le territoire parisien, ses maisons et par conséquent ses habitants appartiennent à Boulogne.
Son nom lui a été donné, peu après sa construction, par le conseil municipal de Paris, le 18 novembre 1929, pour honorer l’officier
de Marine mort au Pôle Nord en allant en dirigeable à la recherche d’une expédition aéronautique. La rue n’a été achevée que lorsque l’ancien vélodrome fut démoli.
Rue Couchot
Du 156 rue de Silly au 117 rue de Bellevue.
Longueur: 132 mètres - Largeur: 12 mètres.
L’abattoir municipal, construit en 1879, devait être isolé des propriétés voisines, conformément aux règlements d’hygiène, par une zone plantée. L’une d’elles fut réservée à l’intérieur de l’établissement, l’autre à l’extérieur, devait servir de voie publique et on la porta à 12 mètres au lieu de 6 mètres. On dut acquérir pour cela 3.518 mètres carrés de terrain dont le prix varia entre 2,75 et 6 francs. L’un des propriétaires céda gratuitement le terrain. La Ville avait promis d’exécuter la viabilité, mais sans s’engager quant aux délais. 18 ans après, le terrain servait encore de dépotoir aux chiffonniers qui y faisaient leurs tris. Le 30 novembre 1899, un nouveau propriétaire l’architecte Brégère écrivait au maire pour lui rappeler cette promesse. On lui fit une réponse «de Normand», bien qu’il fut appuyé par d’autres, MM. Surcouf et Martin. Cependant, la viabilité finit par être effectuée, nous ne savons à quel moment. En 1918, une curieuse correspondance indique que le maire refusa au directeur des
«Avions Henry et Maurice Farman», M. Srzednicki, 167 rue de Silly, l’autorisation d’enlever deux arbres rue Couchot qui gênaient la sortie des appareils, il promit seulement de les élaguer.
En 1920, la municipalité installa dans les locaux de l’abattoir des baraquements pour abriter le premier garage municipal. L’entrée se fit rue Couchot. En 1925, des bâtiments furent édifiés pour le service des ateliers et le service d’incendie.
Le nom de la rue résulte de décisions du conseil municipal. La première du 15 août 1880, dit que le conseil
«sur la proposition de M. Barthélemy, émet le voeu que le nom de Couchot, capitaine de l’Armée Française, volontaire au 72ème de Marche, né à Boulogne et tué à l’ennemi à la bataille de Buzenval, soit donné à l’une des voies publiques de la
commune», et la seconde, prise le 14 novembre 1881: «désireux d’honorer la mémoire d’un enfant de Boulogne qui, sans fortune et chargé de famille, a contracté en 1870 un engagement volontaire dans les bataillons de marche et est mort victime de son dévouement au champ d’honneur de Buzenval avec le grade de capitaine, décide à l’unanimité que la rue nouvelle qui longe l’abattoir prendra la dénomination de rue Couchot».
Nous observons que Couchot est un cas unique dans notre histoire locale:
1° - Il est le seul Boulonnais dont le nom est connu comme victime militaire de la guerre de 1870-1871 ; Aucun autre nom de soldat de Boulogne n’a été inscrit sur un registre ou sur un papier quelconque. Les militaires morts sur notre territoire ne sont pas des habitants ou des originaires de notre ville mais exclusivement des provinciaux mobilisés.
2° - Il est le seul soldat mort au combat qui a été honoré d’une rue; Il est vrai qu’il furent trop !
Rue Damiens
Du 27 rue Yves Kermen au 10 rue Nationale.
Longueur: 150 mètres - Largeur: 10 mètres.
M. Damiens était établi huissier à Paris, 39 rue de l’Echiquier, lorsqu’il demanda, le 6 juillet 1870, d’établir une chaudière à vapeur pour élever l’eau destinée à l’arrosage de sa propriété sise rue de Saint Cloud près de la
place Napoléon. Il se retira à cet endroit et, avec M. Sandoz, bijoutier au Palais Royal, il groupa vers 1885 les propriétaires de Billancourt en vue d’assurer l’entretien des rues abandonnées par le Comptoir Naud. Ce syndicat ne réussit que médiocrement en raison de la mésentente des intéressés.
M. Damiens avait percé la rue qui porte son nom parce que, en ce temps, la rue de Saint Cloud se trouvait obstruée vers le
pont de Billancourt par M. Deschandeliers qui refusait de céder une parcelle de son terrain. La nouvelle rue avait pris alors le nom de rue Traversière prolongée, mais, en 1889, en qualité de président du syndicat, M. Damiens obtint qu’elle prit son nom pour la distinguer de la rue Traversière. Le conseil municipal accepta le 22 novembre mais ne classa pas la rue. M. Damiens fut conseiller municipal de 1892 à 1896 et mourut.
Les propriétaires riverains refusèrent de céder gratuitement le terrain à la commune et, parmi eux, se trouvait Louis Renault, qui espérait l’accaparer. Mais le 14 janvier 1926, le maire les mit en demeure de constituer un syndicat qui fut présidé par M. Garenne. En mars 1927, on constatait l’existence d’une couche de 15 à 20 centimètres de boues et détritus. La rue fut classée par le conseil le 18 juin 1927 et par le préfet le 26 septembre. Louis Renault obtint l’autorisation de faire passer les canalisations nécessaires à son industrie.
Le foyer nord-africain fut édifié dans cette rue par le Département vers 1935. Fermé durant la guerre, il fut remis en état à grands frais pour y loger une troupe allemande qui ne vint pas, appelée au dernier moment pour une promenade en Russie. Il a repris sa destination première après la guerre.
Rue Danjou
Du 75 avenue Edouard Vaillant au 92 rue du Point du Jour.
Longueur: 520 mètres - Largeur: 12 mètres
.
Cette rue fut ouverte vers 1860 par le Comptoir Bonnard pour faciliter ses lotissements, entre la rue du Vieux Pont de Sèvres et la rue du Point du Jour ; et elle prit plus tard le nom de rue de la Seine, parce qu’elle conduisait à un autre chemin qui devint la rue de Seine.
Bien qu’elle fut une voie privée, le conseil municipal décida, le 14 novembre 1869, de la prolonger jusqu’à la Route de Versailles et virtuellement jusqu’à la
route des Princes (avenue Victor Hugo), décision renouvelée le 18 mai 1874 et approuvée par un décret du 29 juillet. Il est dit qu’on veut supprimer le cloaque du blanchisseur Bleuze,
«dont tout le monde se plaint». L’endroit se nommait «le Parquet»
et les propriétaires le Comptoir Naud, Patry, Amiot, Blondeau. Ces deux derniers carriers. On vota un crédit de
23.139, 60 francs d’indemnités pour une superficie de 390 mètres par 12 mètres. Aucune suite ne fut donnée vers la Route des Princes.
La partie de la rue demeurée privée restait sans entretien. Un rapport du conducteur des travaux Haquin du 16 avril 1897 constate que la rue est construite sur une longueur de 132 mètres de la
route de Versailles à la rue du Vieux Pont de Sèvres, mais qu’au-delà,
«elle est à l’état d’inviabilité». En certains endroits, il a été établi
«des fossés assez profonds en travers de la rue par divers propriétaires en vue d’y empêcher le passage des voitures»: il s’agissait des voitures des carriers qui dégradaient la voie. Le conseil municipal demanda le classement le 12 octobre 1899 et le préfet confirma. Il s’agissait de la partie établie par Bonnard 40 ans auparavant.
Les habitants se plaignirent de la confusion qu’on faisait de leur rue avec la rue de Seine, alors passage tout à fait infect, et demandèrent le changement du nom de la rue de la Seine. Il se trouva qu’un homme fort connu à Boulogne, Barthélémy Danjou, venait de passer de vie à trépas. Le conseil municipal, dont il partageait les sentiments politiques, saisit l’occasion et, le 13 décembre 1899, il décida de donner son nom à la rue. Un décret du 21 février 1900 consacra cet hommage public. Danjou, officier de santé, était mort à 77 ans le 21 mars 1899. Fixé à Boulogne en 1862, il donnait gratuitement ses soins aux déshérités. Il habitait rue Escudier et avait été médecin du bureau de bienfaisance, administrateur de la caisse des écoles et vice-président de la délégation
cantonale. Conseiller municipal de 1879 à 1892, son caractère impétueux l’avait mis souvent en bataille avec le maire Liot. Républicain et anticlérical, il était baptisé ironiquement par la
Gazette en 1895 «le grand électeur de Boulogne».
La partie sud de la rue demeura encore bordée de carrières sur lesquelles s’élevèrent ensuite des misérables cabanes qui ne disparurent qu’avec la construction des immeubles du Foyer des Anciens Combattants
(1932).
Vers 1928, la municipalité envisageait de prolonger la rue jusqu’à l’avenue des Moulineaux pour éviter de ruiner l’usine du Coq Gaulois en élargissant la rue de Seine. Mais en 1931, la construction du groupe scolaire fit abandonner le projet.
En 1902 on avait édifié la crèche municipale à l’angle de la rue du Vieux Pont de Sèvres. En 1911 on amputa son jardin pour construire un établissement de bains-douches.
En 1915 l’usine Carnaud s’étendit jusqu’à la rue Danjou en même temps qu’en face l’usine Laffly - aujourd’hui Dassault - s’agrandissait.
Rue Darcel
Du 45 rue Denfert Rochereau au 26 rue Gutenberg.
Longueur: 270 mètres - Largeur: 12 mètres.
Avec la rue Moisson Desroches (Max Blondat) cette rue est un sous lotissement du Parc des Princes effectué en 1873 par la Caisse Générale des Familles, Société d’Assurances sur la Vie, 4 rue de la Paix à Paris, dont M. Darcel était l’administrateur L’ingénieur Darcel, ancien chef des travaux du Bois de Boulogne, demandait au maire le 13 février 1874 de faire classer ces deux rues, mises par lui en bon état. Le maire accepta le 21, sous condition de la cession gratuite du sol et du paiement des frais d’établissement des appareils d’éclairage et de l’écoulement des eaux, conditions imposées par la Ville de Paris aux acquéreurs.
Le conseil approuva le 9 mars 1874 et le préfet classa la rue le 15 mars 1876.
Rue Denfert Rochereau
Anciennement rue des Princes et rue de l’Hippodrome.
Du 1 avenue Jean-Baptiste Clément au rond-point André Malraux.
Longueur: 890 mètres - Largeur: 12 mètres.
Cette rue, contrairement à l’actuelle rue des Princes, n’a jamais été incorporée dans le Bois de Boulogne. Elle n’est autre que l’ancien chemin de ronde extérieur du Bois qui remonte vraisemblablement à la clôture du Bois par un fossé à l’époque de Henri II. Avant la révolution, il portait le nom de chemin de la Porte des Princes, parce qu’il commençait à cet endroit
(rond-point Victor Hugo) et sous la révolution, il suivit la désignation de celle-ci sous le nom de
chemin de l’Egalité. Il était déjà bordé de buanderies sur le côté faisant face au mur. Ultérieurement, il reprit son ancien nom simplifié en celui de rue des Princes. La révolution de 1848 le dénomma rue de la Liberté durant les trois premières années de la République. Un acte daté de 1820 concernant la blanchisserie Barbu mentionne que les buanderies et séchoirs sont établis à une distance de 31 pieds (9, 60 mètres) du mur du
Bois. C’était ce que l’on appelait la servitude d’échelle. En 1837, le préfet arrondit à 10 mètres, en 1851, il est proposé 12 mètres, mais le conseil municipal, le 1er février 1852, maintient 10 mètres
«pour la raison que formant enceinte au Bois, elle n’est destinée à recevoir des constructions que d’un seul
côté». Le recensement de 1851 avait constaté qu’il y avait dans cette rue 25 maisons et 205 habitants.
Le conseil municipal n’avait pas le don de seconde vue. Car en 1855, la Ville de Paris lotit le Parc des Princes et les acquéreurs démolissent le mur, tout au moins de ce côté, et construisent des habitations, soumises d’ailleurs aux servitudes du Parc alors que l’autre côté de la rue en demeure exempt.
Le 13 novembre 1864, le conseil municipal décide de l’appeler rue de l’Hippodrome parce qu’elle conduit au nouveau champ de courses, dont le directeur Arnault possédait une belle propriété face au Bois, à l’entrée de la rue. Il se peut qu’on ait voulu éviter une confusion avec la rue actuelle des Princes, qui pourtant n’avait jamais existé avant le lotissement du Parc des Princes.
Nouveau changement en 1878. Le conseil, le 20 mai 1878, décide d’honorer la mémoire du colonel Denfert-Rochereau, défenseur de Belfort et bon républicain. Un décret du 21 février 1879 confirme la délibération.
En 1876, l’agent voyer avait constaté que les eaux des blanchisseurs répandaient des odeurs désagréables et rendaient la circulation dangereuse. On construisit un égout.
Le savant chimiste Sainte-Claire-Deville est mort dans cette rue en 1881, au n° 4. L’écrivain révolutionnaire Georges Sorel habita au n° 25, de 1893 à 1922, à côté du maire Paul Lagneau.
L’usine Dewald remontait à 1908 ; devenue S.O.M.A.C.O., elle a été transformée en groupe scolaire, en face de la pouponnière fondée en 1917 et qui, après avoir appartenu aux
«Dames Françaises»
de la Croix Rouge, dépend aujourd’hui de la Sécurité Sociale.
Place Denfert-Rochereau
A l'intersection de la rue du Château et de la rue Denfert-Rochereau.
Voir ci-dessus.
Sente Deschandeliers
Anciennement Sente des Fesses.
Aux 249 et 258 Boulevard Jean Jaurès.
Voie privée
Le plan cadastral de 1860 mentionne un lieu-dit qu’il dénomme
«les fesses», vocable qui fait errer l’imagination dans un sens tout autre que topographique. Une sente du même nom, dont l’origine se
«perd dans la nuit des temps», c’est à dire quelques dizaines d’années, se greffait sur la rue du Point du Jour et allait se perdre dans les champs vers la rue de Saint-Cloud, avant même le percement du
boulevard de Strasbourg, aujourd’hui Jean Jaurès.
Avec le temps, les gens du quartier devinrent pudiques et, choqués par l’appellation, demandèrent au conseil municipal de la changer en celle de
«sente Deschandeliers». Il paraît qu’on comprit qu’il fallait l’orthographier
«sente des Chandeliers»; on aurait ainsi passé du scatologique au comique. Le conseil municipal accepta le 13 décembre 1899, quoique le caractère privé de ce chemin ne lui eut pas donné de compétence en la matière.
Ce nom de «Deschandeliers» était celui d’une famille qui posséda tout le quartier, jusqu’à la Seine, à la fin du XVIIIème siècle. Il s’agissait d’une véritable dynastie. Des actes notariés mentionnent Deschandeliers I, II, III, comme pour une famille royale.
Avenue Desfeux
Du 152 rue du Vieux Pont de Sèvres au 15 avenue du Général Leclerc.
Longueur: 150 mètres - Largeur: 22 mètres.
Par une convention passée le 7 janvier 1895, M. Peltier, ancien propriétaire de la fabrique de boites métalliques (Carnaud)
(La boite à poudre), cédait à la commune une partie de son parc en vue d’y établir un marché et d’y percer quatre rues destinées à faciliter le lotissement du reste. Les rues furent classées le 30 avril 1896.
La plus large fut dénommée avenue Desfeux par délibération du 9 juin 1897
(décret du 17 août 1897) pour honorer un bienfaiteur de l’hospice à qui il avait fait un don important en demandant une priorité de placement pour les ouvriers de sa fabrique de carton-cuir du 94 rue Thiers. M. Desfeux, né en 1829, était mort à Bagnoles de l’Orne en 1894. La commission de l’hospice avait donné son nom à une salle le 15 février 1895.
Sur cette avenue, qui dessert le marché de Billancourt selon sa destination, se trouva le minable bureau de postes de Billancourt de 1896 à 1962.
Rue Diaz
Du 124 rue de Billancourt au 105 rue de
Silly.
Longueur: 299 mètres - Largeur: 8 mètres.
En 1884-1885 les frères Cacheux amorcèrent sur la rue de Billancourt, dans leur lotissement, trois rues dont l’une reçut le nom d’un membre de leur société ;
les Cacheux entrèrent en conflit avec la municipalité, qui refusa d’approuver ces rues, de largeur insuffisante
(8 mètres).
Longtemps sans entretien, peu à peu habitée, cette rue se trouva soumise à la loi sur l’aménagement des lotissements défectueux et, en 1921, les riverains durent se constituer en syndicat. Le 14 mai 1921, le conseil municipal vota le classement en imposant aux propriétaires le paiement de 42,50 francs par mètre de façade. Il y eut des récalcitrants qui finalement durent s’incliner. L’arrêté préfectoral du 23 août 1923 fixa l’alignement et le nivellement.
Rue du Dôme
Du 24 rue de Vanves au 225 Boulevard Jean Jaurès.
Longueur: 610 mètres - Largeur: 12 mètres.
Le dôme auquel ce nom fait allusion n’est autre que le dôme des Invalides à Paris. Au temps du
Second Empire, la mode n’était pas encore, à Boulogne tout au moins, de donner aux voies publiques des noms de personnes et l’on se contentait de regarder au bout de la rue ce qu’on pouvait y voir. A l’époque, la visibilité était bonne. D’où l’appellation donnée par le comptoir Bonnard qui perça la rue vers 1860 et que le conseil municipal conserva 40 ans plus tard.
Comme toutes les autres voies du quartier, elle eut longtemps un aspect champêtre. Mais elle fut, comme les autres victime des carriers. Un rapport du
conducteur voyer de 1897 nous apprend que entre la rue des Longs Prés et le
boulevard (de Strasbourg), elle est impraticable par le fait de la carrière Debry. Sur plus de 50 mètres, les voitures s’enfoncent jusqu’à mi-rayon. Vers la rue Thiers il y a des remblais qui sont, au milieu de la chaussée: de véritables décharges publiques.
Le conseil municipal accepta de classer la rue les 12 octobre 1898 et 3 mai 1899, ce que le préfet accepta le 5 août 1899.
Le bout de la rue au-delà du boulevard de Strasbourg fut rattaché à la rue Solférino par décision du 3 juin 1903.
Un cinéma avait été installé ici en 1913 qui abrita, après 1920, un music-hall dirigé par Bérard, chansonnier très célèbre à la Belle Epoque. L’établissement fut ensuite le cinéma
«Le Dôme»
après avoir été «L’Alhambra» et disparut. Sic transit... En 1903, la société de gymnastique l’Espérance, dirigée par M. Schornstein, établit son gymnase dans cette rue et y demeura jusqu’à la guerre.
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