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Ouvrage sous forme polycopiée par la Société historique de
Boulogne-Billancourt et mis en ligne par le Cercle des anciennes familles boulonnaises
Saisie informatique et additifs: M. Maurice Masse
Tous droits de reproduction réservés: Archives municipales de Boulogne-Billancourt
E. Couratier
Les rues de Boulogne-Billancourt
1962
HISTOIRE PAR RUE
Les voies dont le nom figure en caractères italiques n'existent
plus aujourd'hui ou ont changé d'appellation.
E-F
Place des Ecoles
Au carrefour des rues Fessart et Escudier.
A l’origine carrefour des rues du nouveau quartier Fessart
(1841) qui portait le nom où plutôt le surnom de place des Guérets. Le conseil municipal décida de l’élargir le 16 mai 1858 et, le 8 novembre 1868, de l’appeler place des Ecoles. L’école maternelle avait été ouverte en 1854 et les écoles de filles et de garçons en 1862 ; Pour ne rien oublier, notons qu’en 1849, le préfet de police avait autorisé l’ouverture, dans un angle de cette place, d’un de ces établissements qu’on disait alors indispensables à la conservation de la morale publique. C’est le préfet qui l’affirma au conseil municipal, un peu réticent. Quoique officiel, cet établissement dut être transféré rue de la Plaine lorsque les religieuses vinrent diriger l’école maternelle.
En 1848, un arbre de la liberté avait été érigé au rond-point au cours d’une belle cérémonie dont le compte rendu est resté, et qui mentionne sa bénédiction par le curé de Boulogne. Nous ne savons quand il disparut. mais sa vie fut certainement plus courte que celle de la République.
Rue Edouard Detaille
Du 15 route de la Reine au 56 rue Galliéni.
Longueur: 190 mètres - Largeur: 12 mètres.
Le 23 février 1913, le conseil municipal, sur la proposition de M. Carré,
«vu la demande de M. Mahl, propriétaire en vue d’obtenir le classement d’une rue qu’il vient de construire entre la rue Thiers et la Route de la Reine en en faisant abandon à la
Ville», travail fait entièrement à ses frais avec une largeur de 12 mètres ; la viabilité et les trottoirs
«ayant été exécutés dans les conditions ordinaires des travaux de la
Ville», décida de classer cette rue dans la voirie urbaine. Le préfet approuva le 13 juin 1913.
Une seconde délibération prise le même jour mentionne que la rue portera le nom «d’ Edouard Detaille, peintre de talent, récemment décédé». Detaille avait été un spécialiste des scènes de guerre et on parlait beaucoup de la guerre en 1913... Un décret approuva le 7 septembre.
En ce même temps, l’ingénieur Mahl, homme plein d’initiatives, proposait au conseil municipal l’établissement d’une ligne de chemin de fer Métropolitain purement locale qui aurait fait un circuit dans
Boulogne. Cette concurrence un peu tardive au «Métro Parisien»
lequel approchait alors de la porte d’Auteuil, ne fut pas étudiée; motif: la guerre. Il n’était vraisemblablement pas viable. La gare de départ aurait été naturellement sur la nouvelle rue
Il est d’ailleurs curieux que M. Mahl, selon un contrôle financier fait en 1944, n’était pas alors propriétaire du sol. Il n’acquit celui-ci qu’en 1917 pour 102000 francs.
Le temps passa. La rue demeura ouverte fort longtemps jusqu’au jour où les services municipaux, convaincus que le classement n’était pas fait régulièrement et réclamaient à M. Mahl des droits de voirie considérables, la firent clore. En 1932, M. Mahl, en tant que propriétaire des terrains, y compris les
2.000 mètres carrés du sol de la voie
(puisque la commune en refusait la propriété), en tout 8.000 mètres carrés obtenait de la
«France Mutualiste» un prix de 20 millions de francs en faveur d’une société qui se proposait de construire des immeubles pour une valeur de 40 millions; le terrain était évalué à 6 millions.
Les immeubles furent construits en partie mais les travaux furent interrompus et on vit durant des années leur carcasses se profiler assez tristement dans le ciel. Il était tout indiqué de les baptiser
«immeubles Stavisky», du nom du fameux escroc, comme on le fit en ce temps dans toutes les villes où des ruines prématurées de ce genre existaient avant la guerre. Mais c’était une légende.
M. Mahl mourut peu après. Ses héritiers engagèrent un procès fort confus où l’Etat intervint du fait qu’un prêt important avait été consenti par lui à la
«France Mutualiste». En 1944, un contrôleur financier, M. Rollin, cherchait péniblement à débrouiller cette affaire fort compliquée. De leur côté, les services municipaux avaient additionné consciencieusement le droits de voirie dus depuis 1913 dont le montant, arrêté en 1937, se chiffrait - très théoriquement - à
600.000 francs.
Il était impossible d’abandonner à la destruction complète ces immeubles, dont certains avaient tout de même une valeur en cette période de crise de l’habitation. L’Etat en a pris possession et en a facilité l’achèvement. La commune acheva l’assainissement en 1948 au prix de 1764537 francs et obtint quelques logements. Tout est bien qui finit bien.
Avenue Edouard Vaillant et
avenue du Général Leclerc
Ancienne route de Versailles.
Avenue Edouard Vaillant de la porte de Saint-Cloud à la place Marcel
Sembat. Avenue du Général Leclerc de la place Sembat au pont de Sèvres.
La reconstruction du pont de Sèvres entre 1808 et 1821 entraîna le déplacement de la
route de Versailles sur son emplacement actuel. Le 21 juin 1822, le directeur des Ponts et Chaussées arrêta définitivement sa largeur à 36 mètres en décidant l’exécution des travaux sur la deuxième partie, entre le Point du Jour et la Route des Princes. Le terrain fut payé 30 francs l’are en moyenne.
Durant longtemps, la nouvelle route fut peu animée, moins que l’ancienne à l’époque où Versailles était la capitale de la France. Il se construisit fort peu d’habitations sur les côtés. Ce chemin vit la déroute des soldats de Charles X en juillet 1830. Un peu avant, le maire Collas, qui possédait une entreprise de fers, bois et charbons, sur les deux rives de la Seine, établit près du
pont une Ecole pour «les enfants des Manufactures», qui recevait surtout des enfants de Sèvres et qui subsista jusqu’en 1857. De petits ateliers pour l’impression des cotons et la fabrication des baleines de corsets se fixèrent sur cette route, ainsi que la fabrique de boîtes Peltier. Quelques belles propriétés avaient leur accès sur l’ancienne route.
En 1856, l’ingénieur Loubat inaugura le chemin de fer «américain»
qui relia Sèvres au Palais Royal (ligne n° 1). Ce tramway hippomobile marcha à la vapeur en 1891, à l’air comprimé en 1893, et enfin à l’électricité en 1895. Il a fait place à l’autobus en 1935.
L’octroi de Boulogne se trouva à la hauteur de la place Sembat jusqu’en 1860, date de l’annexion de la partie d’Auteuil extra-muros à notre commune. Peu après, le curé Gentil ouvrait une école de garçons au n° 111 de la route dans la blanchisserie Chorin. La commune la prit à sa charge et elle dura jusqu’à l’ouverture de l’Ecole Clamart
(1874). En 1878, la commune acquit la fabrique de baleines Ledoux et y installa l’école
maternelle qui a subsisté jusqu’en 1919. Le bâtiment tombait en ruines. On le démolit en 1930 pour édifier un groupe H.B.M. à l’angle de la rue Liot.
Durant la guerre de 1870-1871, la route vit le passage des parlementaires allant discuter au
pont de Sèvres avec les délégués prussiens. La maison qui les abritait a porté longtemps le nom d’Hôtel des Parlementaires. Il a été détruit au bombardement du 3 mars 1942. Il y eut une escarmouche au
pont en avril 1871 entre un détachement de la commune et les troupes de Versailles. Celles-ci entrèrent dans Paris le 21 mai 1871 par les Portes de Saint Cloud et du Point du Jour.
Une fête foraine se tint tous les ans aux approches de Paris à partir de 1865. Elle subsista jusqu’en 1935. Après 1871, on établit sur un côté de la route un marché d’alimentation qui fut remplacé par le marché actuel en 1897.
La route de Versailles connut une plus grande animation à la belle saison à partir du Second Empire. Des chars à bancs menaient les étrangers à Versailles, parfois assez bruyamment, ainsi durant l’Exposition de 1900.
Toutefois, les constructions ne s’élevèrent pas rapidement. La guerre de 1914-1918, avec le développement des usines, intensifia la circulation et aussi la création de nombreux restaurants non loin des usines Renault.
En 1923, l’Assistance Publique acquit le Sanatorium pour névrosés du docteur Sollier, qui remontait à 1897, pour y fonder l’Hôpital Ambroise Paré, à la demande du conseil municipal de Boulogne qui contribua à l’achat pour une somme de un million.
(Cet hôpital fut totalement détruit au bombardement du 3 mars 1942, et fut reconstruit plus tard dans le cadre de la propriété Rothschild).
Le 5 décembre 1924, le conseil municipal décida l’éclairage à l’électricité des voies de Boulogne en débutant par la Route devenueavenue Edouard Vaillant. L’année suivante vit l’amputation de la route par l’annexion à Paris de l’ex zone militaire.
En 1930, une décision ministérielle décida la transformation de l’avenue par l’établissement d’une plate-forme centrale pour les tramways entre deux chaussées, disposition «dangereuse « qui fut annulée par la suppression des tramways. On construisit en même temps la ligne du Métro. Les travaux furent difficiles en raison de la présence de la nappe phréatique. Ils asséchèrent les puits des environs sur plusieurs points. Vers la rue de Billancourt, on trouva dans les sables compacts des débris de Mammouths. La ligne n° 9 fut inaugurée le 3 février 1934.
Le 12 février 1934, de violentes bagarres mirent aux prises la police et des manifestants «antifascistes». Un de ces derniers, Tailer, fut tué près d’une barricade élevée à la hauteur de la rue de Saint Cloud.
Les usines Renault utilisaient les voies de tramways depuis 1917 pour des transports nocturnes fort bruyants vers la gare de Sèvres. Renault ne cessa ce trafic que sous la pression le 1er août 1936 ; Depuis les travaux du Métro, l’avenue était dans un état lamentable et le service Renault avait empêché de la remettre en état. On supprima les accotements et la chaussée fut portée de 9 à 15 mètres.
Le 14 juin 1940, les troupes allemandes venant de Paris défilèrent sur la route, mais le 25 août 1944, un détachement de Chars des fusiliers marins de la Division Leclerc libéra Boulogne, venant par le
pont et après avoir écrasé à l’angle du quai une colonne allemande qui perdit 33 tués, le reste étant blessé ou prisonnier. Le chef du détachement est devenu célèbre sous le nom d e Général Massu.
Durant l’occupation, les bombardements des alliés avaient fait des dégâts dans l’avenue. Si le 3 mars 1942, la voûte du métropolitain n’avait pas été touchée par bombes anglaises, il n’en a pas été de même le 4 avril 1943. Il se produisit en outre une catastrophe à la station «Pont de Sèvres «où une grande partie des voyageurs descendant d’une rame de wagons qui venait d’arriver périrent sur place, écrasés ou brûlés, en majorité des femmes et des enfants. Néanmoins, le tunnel du métro considéré comme abri, faute de mieux continua à recevoir la population durant les alertes. Certains jours, des milliers de personnes stationnaient devant le métro «Sembat», en attendant de s’y engouffrer.
Quant au nom de la route, pourtant si évocateur, il fut changé une première fois en 1920. Le conseil municipal décida de l’appeler Edouard Vaillant, militant socialiste qui avait été membre de la Commune en 1871, et député. Un décret du 3 juillet 1920 avait approuvé cette dénomination. Pour honorer le général Leclerc, «Libérateur de la Ville», le conseil décida le 14 février 1948 de donner son nom à la partie de l’avenue Edouard Vaillant comprise entre la place Sembat et la Seine.
Rue de l’Eglise
Du 50 avenue Jean-Baptiste Clément au 11 rue du Parchamp.
Longueur: 136 mètres - Largeur: 14 mètres.
Nous ne savons si cette rue, qui porte pourtant des maisons anciennes, avait ce nom avant la révolution et celui que celle-ci lui donna. Nous n’avons trouvé la désignation actuelle que sur la liste des chemins vicinaux de 1804. Sous la Restauration, on parle de
la «place de l’Eglise», désignation qui ne paraît s’appliquer qu’à l’emplacement devant le portail de l’église et non à tout le Parchamp. Le puits communal, situé devant, disparut en 1830.
La gendarmerie Nationale a occupé la maison du n° 19 de 1872, ou à peu près, à 1906. Les gendarmes étaient à cheval, du type «pandore»
tout à fait classique.
Rue Emile Duclaux
Du 36 avenue Pierre Grenier au 56 quai du Point du Jour.
La commune de Boulogne, jugeant son cimetière insuffisant, décida d’en créer un nouveau et d’établir l’entrée
avenue des Moulineaux, à l’extrémité de la rue Thiers. La législation en vigueur prescrivait que ces nécropoles devaient se trouver
«hors les murs», à une distance de 35 à 40 mètres
(Décret du 23 Prairial An XII) (Mardi 12 juin 1804). En outre, un décret du 7 mars 1808 interdisait la construction d’habitations et de puits, sauf autorisation, à moins de 100 mètres des nouveaux cimetières.
Ces deux clauses pouvaient alors être respectées facilement: l’endroit était absolument désert, et la Seine n’était bordée que du chemin de halage.
Les services d’hygiène de la Préfecture imposèrent l’établissement de deux zones d’isolement de 30 mètres ; celle du côté Ouest se trouvait en partie à l’intérieur du cimetière, en partie à l’extérieur.
Le cimetière fut ouvert en 1889. Durant assez longtemps il fut l’objet de critiques en raison de la proximité de la Seine et les railleurs l’appelèrent le
«cimetière aquatique»
ou «cimetière marin». De fait, en 1910, l’inondation y empêcha quelque temps les inhumations.
La zone d’isolement demeura longtemps sans aucun aménagement en dehors du mur de clôture. En 1898, la Compagnie des Omnibus vint installer à côté une usine d’air comprimé devenue plus tard atelier du dépôt de tramways. En 1902 le port fut édifié au long du quai du Point du Jour, lequel avait été ouvert en 1893.
La nécessité de donner un débouché à ce port entraîna la décision de construire une rue sur la zone d’isolement. Il n’y avait aucune voie convenable entre le
pont de Billancourt et la rue des Peupliers. Le 19 juin 1904, le conseil municipal décida de le faire desservir par une rue de 13 mètres de largeur. Le commissaire-enquêteur constate que le port est en pleine activité et le préfet approuve le 3 Octobre.
Le 8 janvier 1905, le conseil municipal donna à la voie le nom d’Emile Duclaux
«chimiste et microbiologiste français ayant dirigé l’Institut Pasteur -
1840-1904». Un décret du 7 février suivant confirma cette marque d’honneur.
Le décompte de la viabilité, se montant à 11785, 53 francs fut approuvé par l’assemblée le 21 janvier 1906.
La rue n’avait pas d’autre issue à l’intérieur que l’avenue. En 1930, la municipalité envisagea de la prolonger jusqu’à la rue du Point du Jour «pour desservir les écoles». Mais un passage souterrain plus direct fut construit. Les plans furent modifiés plusieurs fois et, après avoir imposé des alignements sur son tracé éventuel, on renonça au prolongement.
Quant à l’isolement du cimetière, il fut respecté longtemps. En 1928, le Département céda à son office l’ancien dépôt de tramways et le groupe H.L.M. fut édifié en 1930-1932. Il ne fut pas question du décret de Prairial comme si Bonaparte n’avait jamais existé. On peut admirer ou s’étonner de cette singulière évolution de l’hygiène publique, si exigeante en la matière il y a 160 ans, et qui ne dit mot aujourd’hui... le dit décret n’est d’ailleurs pas abrogé... La raison de cette tolérance serait la suivante: nos ancêtres utilisaient l’eau des puits, facile à contaminer, et ignoraient la désinfection, l’Eau de Javel et le
permanganate de potassium, tout au moins comme boisson.
Rue Emile Dunois
Du 63 rue de l’Est à l’impasse Adam.
Voie privée.
Rue Emile Landrin
Du 76 avenue Edouard Vaillant au 75 avenue Victor Hugo.
Longueur: 238 mètres - Largeur: 12 mètres.
Cette rue n’est autre que l’ancien passage dit Villa des Princes, dont l’origine nous est à peu près inconnue, mais qui parait remonter au Second Empire et est vraisemblablement due, comme tant de voies de Billancourt, au lotisseur Bonnard ou à son gendre et successeur Naud.
Ce nom de Villa des Princes lui avait été donné par les riverains parce que ce chemin prenait naissance sur la route des Princes (aujourd’hui avenue Victor Hugo) et reliait celle-ci à la
route de Versailles ; Elle bifurquait à l’extrémité vers l’avenue Victor Hugo, comme le prouve l’extrémité conservée qui porte encore l’ancien nom. C’était depuis longtemps une véritable
«villa» bordée de petites maisons précédées de jardinets et d’un aspect presque provincial.
Les riverains ne demandèrent le classement dans la voirie urbaine qu’en 1926. Le conseil municipal accepta le 19 juin 1926 en exigeant
la cession gratuite du sol et le paiement de la totalité des frais de viabilité, soit 285 francs par mètre de façade. Il fut précisé que la largeur de 10 mètres serait conservée ainsi que la servitude
non aedificandi de 3 mètres qui existait sur un côté de la villa; La voie fut rectifiée à un bout de façon à aboutir en ligne droite sur l’avenue Victor Hugo en conservant l’ancien débouché, long de 56 mètres, qui subsista comme voie privée à usage public; Il y eut deux expropriations peu importantes pour ce prolongement.
Le préfet approuva le 15 janvier 1927, et aussi le 23 janvier 1928,
le nom d’Emile Landrin donné le 24 novembre 1927 par le conseil municipal en l’honneur de l’ancien conseiller municipal du XXème arrondissement de Paris
«qui dévoua sa vie à l’amélioration du sort de la classe ouvrière». A l’époque, Landrin était assez connu; mais depuis, il est à peu près oublié.
Rue Emile Pouget
De la place Bir Hakeim au 45 rue de Meudon.
Longueur: 200 mètres - largeur: 15 mètres.
Voir à la rue d’Issy.
Avenue Emile Zola
Anciennement «Cours» et «rue du Cours»,
puis «rue du Cours Eugénie» puis «avenue des Tilleuls» ou «Tilleuls».
De la place Bir Hakeim à la Seine avant réduction
Longueur: 680 mètres - Largeur: 15, 26, et 28 mètres avant réduction.
La Société de Gourcuff, qui acquit en 1825 ce qui restait de la
ferme de Billancourt, fit un plan d’aménagement des terrains fort remarquable et qui a laissé sa marque à peu près sans changement sur une partie de ce quartier. Entre autres voies, elle construisit un chemin qui prenait naissance sur la vieille route de Versailles, qui allait justement être déclassée cette année, et conduisait à la Seine en s’élargissant à la moitié de son parcours pour former une promenade plantée de
tilleuls. La promenade fut appelée simplement «le Cours» et la rue qui le précédait
«rue du Cours». Cette dernière passait devant les bâtiments de l’ancienne ferme que M. de Gourcuff remplaça par sa propre habitation.
En 1836, M. de Gourcuff passa un contrat avec la commune d’Auteuil par lequel il cédait à celle-ci quelques-unes de ses voies et entre autres le Cours et la rue du Cours. En 1860, la commune de Boulogne succéda aux droits de celle d’Auteuil. L’une comme l’autre se désintéressèrent du Cours et de sa rue au point qu’en 1892 l’architecte-voyer la considérait à tort comme une voie privée.
Avant la cession de 1836, la société de Gourcuff avait voulu que le caractère de promenade fut marqué de façon absolue par l’interdiction d’y faire pénétrer et circuler les chevaux et bestiaux et tous véhicules quels qu’ils fussent. Cette clause gênait fort les riverains. La Société Bonnard (Naud), qui succéda à M. de Gourcuff en 1857, voulant achever la vente de ses terrains, décida de tourner la clause en établissant de chaque côté de la promenade une allée de 2 mètres de largeur qui, demeurant propriété privée des acquéreurs, ne fut pas soumise à la servitude. Celle-ci demeura et la commune fut tenue de la faire observer, de même que l’alignement nouveau du comptoir Naud.
Sous le Second Empire, on appela la promenade le Cours Eugénie, en l’honneur de l’Impératrice, et la rue devint la rue du Cours Eugénie. Ces désignations, qui ne semblent pas avoir eu un caractère officiel, tombèrent en 1870 avec l’Empire. La désignation d’avenue des Tilleuls devint courante ou plus simplement celle des «Tilleuls». L’endroit demeura longtemps fort tranquille et, même après 1900, les mères y amenaient leurs enfants jouer sur l’herbe.
La famille Renault possédait sur le Cours une propriété où Marcel Renault naquit en 1874 et où mourut le père en 1893. Louis Renault y fabriqua sa première voiture en 1898, et les premiers ateliers A, B, C, s’édifièrent entre 1900 et 1904 aux angles du Cours, de la rue du Cours et de la rue Gustave Sandoz. Lorsque Marcel Renault se fut tué en course en 1903, le journal «l’Auto»
ouvrit une souscription pour lui élever un buste qu’il proposa de dresser sur la place Nationale. Le maire Lagneau ne consentit qu’à un emplacement à l’entrée et au milieu du Cours. Le buste fut transféré sur un côté de celui-ci en 1920. Il disparut durant l’occupation.
Naturellement, l’interdiction de circulation des véhicules gênait beaucoup la Société Renault, devenue seule possesseur des propriétés riveraines. Elle dut la respecter jusqu’en 1920, date où le niveau de l’avenue fut relevé et les arbres enlevés. L’avenue devint une voie de circulation comme les autres. Cependant, un quidam argua devant le Conseil d’Etat qu’on violait ainsi le contrat de 1836 et la promesse du maire d’Auteuil de ne pas changer la destination des voies et promenades. La Société Renault invoqua le droit de l’administration d’aménager les voies publiques comme elle l’entendait, et que si ses usines en profitaient, la prospérité générale y trouvait son compte. Le ministre de l’Intérieur observa que «la destination des lieux n’a pas été modifiée et que la municipalité de Boulogne, tenue par le contrat en question d’entretenir les rues, n’a poursuivi l’opération envisagée qu’en vue d’assurer l’exécution du dit contrat». Le Conseil d’Etat fut prudent et subtil. Il déclara que le préfet avait respecté les formes légales et que le plaignant aurait dû s’adresser au Conseil de Préfecture en mettant en cause, non le préfet, mais le conseil municipal. Cette «chinoiserie»
évitait à la Haute Assemblée de se prononcer sur le fond. Comme les délais étaient écoulés, la réclamation, fondée ou non fondée, tombait d’elle même...
Renault arracha les barrières et annexa les contre-allées à son usine, ce qui était d’ailleurs son droit. Considérée comme un simple prolongement de la rue, l’ancienne promenade fut incluse dans l’avenue Emile Zola, ainsii dénommée par le conseil municipal le 12 mars 1920.
En 1928, Renault construisit le pont sur l’île Séguin, en ayant soin de lui donner accès à l’intérieur de son usine et non dans l’avenue, de façon à éviter son utilisation par le public, ce qui avait été un moment envisagé.
En 1950, la Régie Renault a demandé et obtenu la cession de la partie de l’avenue à partir des n°33-35. Cette opération a fait des usines de la Régie un bloc presque unique, tout au moins de l’ensemble principal qui doit subsister à Billancourt. L’avenue ne servait plus guère qu’aux usines depuis longtemps.
Rue Escudier
Du 119 avenue Jean-Baptiste Clément au 30 rue Denfert-Rochereau.
Longueur: 930 mètres - Largeur: 10 et 12 mètres.
Le grand domaine dit «fief de Valcourt»
ou de Maisonneuve, déjà coupé en deux par la rue d’ Aguesseau en 1810, disparut complètement par le morcellement qui fut fait après 1830 par les héritiers de la marquise de Verdun. Pour faciliter la vente des parcelles ceux-ci ouvrirent une rue entre la rue d’Aguesseau et la rue de Billancourt que les acquéreurs peu soucieux de l’entretenir, offrirent aussitôt à la commune. Le conseil municipal ne fut pas très chaud parce que, parmi les acquéreurs, il y avait certains de leurs collègues et entre autres le maire Sciard. Il accepta finalement le 8 février 1839 et, le même jour, baptisa la voie rue de la Concorde, sans doute en l’honneur de cette réconciliation. Si cette version fut la bonne, ce ne fut qu’une vérité momentanée. Car le maire Sciard mourut en fonctions peu après et une lettre de son frère assure que ce fut par suite des ennuis que lui causèrent ses conseillers.. M. Sciard se prénommait pourtant Aimable.
En 1852, le nouveau quartier Fessart commençait à se développer et, le 20 mars, le conseil municipal décida qu’il convenait de prolonger la rue de la Concorde, à l’Est, jusqu’à la rue Fessart, à l’Ouest jusqu’à la Grande Rue (avenue
J.-B. Clément). On paya une propriété de 2185 mètres carrés avec une maison
12.100 francs, au 107 Grande Rue, et une autre de 296 mètres carrés au débouché sur la rue Fessart 1200 francs. La partie entre la rue d’ Aguesseau et la rue Fessart fut dénommée rue des Ecoles.
Lorsque le Parc des Princes fut aménagé, on pensa à le relier au centre de Boulogne. A cet effet, le conseil municipal décida que la rue des Ecoles irait jusqu’à sa rencontre avec la rue des Tilleuls qu’on prolongea également (18 mai 1858). On appela cette section rue des Ecoles prolongée.
Le 15 janvier 1865, le conseil décida que la rue des Ecoles prolongée ne ferait qu’une avec la rue des Ecoles, puis le 17 septembre suivant que la rue des Ecoles et la rue de la Concorde ne feraient qu’une sous le nom de rue Escudier,
«dans le but de perpétuer le nom du généreux bienfaiteur de la
commune». M. Escudier avait fait don de 100.000 francs pour la construction de l’école des garçons. Il était décédé le 14 février 1864. Un décret du 7 juillet 1866 approuva cette désignation.
La dernière partie de la rue Escudier, celle qui va jusqu’à la rue Denfert-Rochereau fut réalisée après le vote d’une délibération du 19 juin 1904 proposée par le maire M. Lagneau. On vota un crédit de 101138 francs et un décret du 23 mars 1905 reconnut l’utilité publique. Il fallut démolir la vieille blanchisserie Barbu.
La rue Escudier, outre l’école maternelle (1834) et les autres écoles (1862), desservit le
marché
(1867) et l’ex-bibliothèque communale (1908).
Rue
Esnault-Pelterie
Ancienne rue Jules Bregère.
De la rue Couchot à l’avenue du Général Leclerc.
Longueur: 127 mètres - Largeur: 10 mètres.
M. Jules Brégère, architecte, demeurant 118 rue Mozart, acquit en 1899 des parcelles de terrain formant un quadrilatère entre la Route de Versailles et les rues de Bellevue, de Silly, et Couchot, qu’il vendit par lots de 100 à 700 mètres carrés après avoir percé une rue qui, naturellement prit son nom et le garda.
Le prospectus de la vente portait: «Terrains à vendre à Boulogne près de Paris par lots au gré de l’acquéreur depuis 15 francs le mètre
carré». Même si l’acquéreur l’avait payé 20 francs, et en supposant qu’il ait vécu jusqu’à nos jours - il serait loin d’être centenaire ! - et qu’il ait gardé son terrain, on peut rêver à la plus-value, surtout si on la compare à celle d’un pauvre type qui avait acquis et gardé de la rente 3% de l’état.
Conformément à la loi sur les lotissements, la commune imposa un syndicat des propriétaires en vue de la mise en état de la viabilité et d’assainissement. Elle avança le montant de la dépense, soit 160000 francs, en se remboursant en 10 ans, après avoir fait effectuer les travaux par l’entreprise Livernet, en juin - juillet 1936.
La décision de classement avait été prise le 6 mars 1935 et le préfet, en constatant que la largeur était de 12 mètres, approuva le 19 janvier 1938.
(Cette rue changea de nom dans les années 1980, en celui d’ Esnault-Pelterie pour honorer le pionnier de l’aviation, inventeur fécond dont notamment
le manche à balai, les premières fusées etc... et qui avait son atelier à cet endroit) .
Chemin de l’Espérance
Voie disparue.
Figure sur les anciennes listes des chemins vicinaux. Il bordait le pré communal accaparé par l’état en 1813 du côté opposé à la Seine ou plutôt à l’ancienne
«Isle de Mer». En 1856, le baron de Rothschild prétendit que le comte Réal le lui avait vendu avec des terres en 1813 et sa réclamation, assez étrange fut néanmoins acceptée, ce qui lui permit d’arrondir son domaine plus facilement. Cependant, le classement comme chemin vicinal suffisait à rendre la contestation douteuse.
Rue de l’Est
Du 68 rue Galliéni au 17 bis rue des Tilleuls.
Longueur: 720 mètres - Largeur: 10 et 12 mètres.
Lorsqu’on établit le cimetière de la rue de l’Ouest, ouvert en 1860, on laissa de l’autre côté une partie nue destinée à servir de zone d’isolement prévue par la loi et on projeta d’en faire une rue à laquelle on donna par avance le nom de rue de l’Est par opposition à l’autre.
On avait assez vaguement l’intention de la prolonger de l’autre côté de la Route de la Reine en lui faisant rejoindre une autre rue qui venait d’être tracée sur le plateau des Guérets, entre la rue des Tilleuls et la rue de Paris, et qu’on voit désigner dès 1858, avant même qu’elle fut établie, sous le nom de rue de l’Est. Cette partie fut ouverte avec trois autres rues en 1863.
La liaison entre les deux portions ne fut réalisée qu’à la suite des délibérations du conseil municipal des 15 février 1874 et 20 juin 1875, approuvées par le préfet le 12 octobre 1875. La rue de l’Est alla dès lors de la rue de la Plaine à la rue des Tilleuls.
On envisagea ensuite de la prolonger de l’autre côté jusqu’à l’entrée du Bois de Boulogne, et le conseil en décida ainsi le 3 novembre 1892. La rue devait rejoindre la rue des Guérets
(Gambetta) en formant un Y avec celle-ci. On confirma le 7 septembre 1893. Mais il n’y eut qu’une amorce sur la rue Gambetta qui, elle, fut percée.
On reprit l’affaire après 1900, mais le maire la fit abandonner comme trop coûteuse et on se rejeta sur l’exécution de la rue Bartholdi présentée comme le prolongement de la rue de l’Est.
Dans la rue de l’Est il exista sous le Second Empire et jusqu’en 1889 l’atelier de céramique de
Collinot, renommé à l’époque et qui produisit, entre autres, l’ancienne façade de la
Maison persane. Il existe en place la chapelle et le patronage Sainte Cécile depuis 1897.
Rue Eugène Legret
Voie supprimée.
En 1912, deux propriétaires, MM. Beudin et Ducoing, offrirent au maire de céder à la Ville le terrain nécessaire pour l’ouverture d’une rue de 12 mètres entre la rue Saint Denis et la rue des Abondances. La maire répondit qu’il appartenait aux intéressés de construire eux-mêmes la rue que la Ville accepterait ensuite. M. Lagneau observa qu’il s’agissait
«d’une affaire privée». Comme on imposait aux donateurs un empierrement un peu coûteux, ceux-ci rétorquèrent que la rue ne connaîtrait pas grande circulation. Mais il y eut un accord, et un litige. Le conseil municipal accepta la rue en lui fixant une largeur de 12, 05 mètres, les 5 centimètres étant destinés à faire passer la voie dans une catégorie permettant une hauteur supérieure des immeubles, ce que le préfet refusa d’approuver. On modifia le règlement sanitaire et, après deux délibérations des 23 novembre 1913 et 12 juin 1914, le préfet donna sa bénédiction le 27 février 1915. Les travaux, en raison de la guerre, ne furent achevés qu’en 1922.
Le nom donné par le conseil le 4 décembre 1922, accepté par le préfet le 8 janvier 1925, rappelait la mémoire de M. Legret, qui, en mourant en 1917, avait fait don au bureau de bienfaisance d’un bel immeuble rue Lemoine.
La voie devait être prolongée jusqu’à le Seine et, à la rue de Montmorency, selon le plan d’aménagement de 1932, en supprimant le jardin et la maison dite de la Walewska. Cette propriété fut acquise dans ce but en 1943, mais ultérieurement, l’aménagement d’une dépendance du service de voirie rue des Abondances entraîna, non seulement l’abandon de ce projet, mais la suppression de la rue, décidée par le conseil municipal le 13 décembre 1948.
L’emplacement de la rue avait fait partie autrefois de la propriété Valton, qui allait de la rue de Montmorency à la Seine par un passage souterrain. En mourant, Mme. Valton, en 1896, avait légué à la «Fabrique»
un terrain sur la rue des Abondances qui fut séquestré par l’Etat lors de la loi de séparation
(1905) et donné par celui-ci en 1929 aux établissements charitables de la commune. On projeta d’y construire de H.L.M. puis il reçut une autre affectation.
Avenue Ferdinand Buisson
De l’avenue Pierre Grenier à la Route de la Reine.
Voie située sur le territoire de la Ville de Paris.
Il s’agit d’une partie de la voie formant limite entre la Ville de Paris et la Ville de Boulogne-Billancourt, située sur le territoire de la Ville de Paris mais bordée d’un côté par des immeubles se trouvant sur celui de notre commune.
La voie a été ébauchée après 1930 et prolongée ensuite jusqu’à l’avenue des Moulineaux (Pierre Grenier).
Ferdinand Buisson a été un des promoteurs de l’enseignement laïque et obligatoire et il fut président de la
Ligue de l’enseignement.
Par délibération des 19 novembre 1958 et 28 avril 1959, notre conseil municipal avait accepté son prolongement, de l’avenue Pierre Grenier au
pont des Peupliers Ce prolongement a été réalisé en 1960 jusqu’à la rue du Point du Jour et la nouvelle voie a reçu le nom d’avenue du Stade de Coubertin.
Rue de la Ferme
Du 33 avenue du Général Leclerc à la place
Bir-Hakeim.
Longueur: 170 mètres - Largeur: 10, 50 mètres.
Le chemin aujourd’hui rue de Billancourt conduisait jadis à la Ferme de Billancourt, dont les bâtiments se trouvaient au carrefour de la rue Yves Kermen et de l’avenue Emile Zola. Cette ferme embrassait à peu près le quart de notre ville actuelle, dans l’angle Sud-Ouest, couvrant entièrement les terrains des usines Renault, y compris l’île Séguin. A la
Révolution, elle dépendait, au point de vue féodal, de l’Abbaye de Saint Victor de Paris et appartenait à la société Riffé, qui s’était proposé d’y créer une grande buanderie industrielle. La guillotine ou l’exil mit fin à cette entreprise mort-née. La partie «continentale»
de la ferme revint à son destin agricole - d’ailleurs médiocre - entre les mains de propriétaires successifs qui en détachaient des morceaux. Le principal fut acquis en 1825 par M. de Gourcuff, fondateur d’une société qui se proposait de lotir les terrains après y avoir percé plusieurs rues. Il fut ainsi fait, ce qui modifia le parcours de l’extrémité de l’ancien chemin de Billancourt.
Dans le même temps, une nouvelle route avait remplacé l’ancienne route de Versailles. On adopta un moment pour une partie du chemin l’appellation de
«rue des deux routes»
puis peu après celle de la rue de la Ferme. Il est probable qu’on l’avait désignée ainsi jadis. Dans ces temps anciens, on ne tenait pas tellement à la fixité d’un nom et le chemin de Billancourt, qui s’appelait chemin du Gibet vers Boulogne, a pu s’appeler chemin de la Ferme vers Billancourt.
Jadis fort tranquille, cette rue qui, en 1905, avait vu se créer la première fabrique d’aéroplanes du monde avec Gabriel Voisin, est devenue très animée du fait des usines Renault. En 1918 un tramway y passait qui amenait les ouvriers du métro Wilhem (Eglise d’ Auteuil) à la place de l’Eglise (de Billancourt). Il ne survécut pas à la guerre.
Rue Fernand Pelloutier
Du 138 rue de Billancourt au 125 rue de
Silly.
Longueur: 296 mètres - largeur: 8 mètres.
Dénommée rue Carré par les frères Cacheux du nom d’un membre de leur société, cette voie, comme les autres de ce lotissement, fut refusée par le conseil municipal le 30 mai 1886. Elle n’était d’ailleurs qu’amorcée au travers du «Champ aux vaches»
qui servit encore longtemps de lieu de promenade (plutôt que de pâture) aux bêtes des
nourrisseurs-laitiers des environs, alors nombreux. Lorsque tous les lots eurent été vendus, les riverains écrivirent au préfet pour demander la prise en charge de la rue par la Ville, se plaignant du refus du maire alors que celui-ci
«poursuit à grands frais le percement de rues dont seuls les riches riverains trouveront
avantage». La rue Carré était une rue «prolétarienne». La guerre survint.
Nouvelle requête en 1920 de 44 propriétaires. Des récalcitrants ont refusé de signer en raison des opinions politiques de la nouvelle municipalité. Ils demandent aussi une borne-fontaine en raison du
«coût excessif de l’installation demandé par la Compagnie des
Eaux». Le conseil municipal accepta de classer la rue en imposant le paiement de 20 francs par mètre de façade pour la viabilité, et la formation d’un syndicat afin de contraindre les récalcitrants
(14 mai 1921). Il confirme le classement en changeant le nom de la rue en celui de Fernand Pelloutier, militant syndicaliste mort en 1901. Pelloutier avait été secrétaire de la Fédération des Bourses du Travail et il avait représenté la Bourse du Travail de Boulogne aux congrès en 1894-1897, détail sans doute oublié en 1922. La confirmation du classement par le conseil est du 4 décembre 1922. Le préfet approuva le 8 juillet 1925.
Rue Fessart
Du 29 avenue Jean-Baptiste Clément au 104 rue de Paris.
Longueur: 600 mètres - Largeur: 10 mètres.
En 1807, le Comte Mollien, ministre du Trésor de Napoléon, vint acquérir à Boulogne une propriété de 4 hectares qu’il revendit à la chute de l’Empire à Madame veuve Fessart que nous supposons avoir été l’épouse d’un négociant parisien défunt. Madame Fessart y éleva ses quatre enfants tout en assistant de temps à autre aux séances du conseil municipal, où elle avait droit de vote, quoique non électrice, lorsqu’il s’agissait de voter une contribution nouvelle, ceci en qualité de contribuable figurant parmi les plus imposés. Elle mourut et ses fils décidèrent de vendre la propriété, après y avoir percé différentes rues (1841).
Ces rues étaient d’une largeur que le maire jugea insuffisante de même que l’absence de pente. Il les fit même fermer un moment. Les héritiers Fessart durent s’incliner et le conseil municipal, après avoir acquis une propriété Babutel en 1844 pour prolonger la rue principale jusqu’à la rue de Paris, accepta de l’incorporer à la voirie publique en conservant les noms donnés par les propriétaires ; Un décret du 24 janvier 1849 entérina la décision.
En 1853, la commune acquit des terrains en vue d’y transférer les Ecoles du Parchamp, ce qui fut fait en 1854 pour l’école maternelle et en 1862 pour les autres écoles L’école de garçons fut construite grâce au don de
100.000 francs des époux Escudier.
La rue principale avait été naturellement dénommée rue Fessart. En 1865, une pétition demanda son prolongement en diagonale vers le carrefour de la Route de la Reine et du futur Boulevard de Strasbourg
(Jean Jaurès), alors en projet. Le conseil municipal prit la demande en considération en regrettant que l’existence de maisons rendit la réalisation impossible.
Rue du Fief
Du boulevard de la République à la rue du Point du Jour.
Longueur: 250 mètres - Largeur: 12 mètres.
Ce nom à consonance féodale et moyenâgeuse rappelle le fief Beaudoin, territoire qui couvrait jadis toute la surface au Sud du «Chemin Vert», depuis le Point du Jour,
(aujourd’hui XVIème) jusque vers le Boulevard Jean Jaurès, ou plutôt son emplacement. On ne sait pas grand chose de ce «fief», dont les possesseurs prétendaient qu’il était un «franc alleu «et ne dépendait que du Roi, prétention que contestaient notamment les abbés de Sainte Geneviève, suzerains d’ Auteuil ; Le dit «Beaudoin»
est un personnage quasi mythique dont le nom apparaît au XVIème siècle.
Si les notaires n’avaient conservé l’habitude, même de nos jours, de localiser certaines propriétés sous ce vocable, il est probable que le fief Beaudoin serait aussi oublié que le sont les anciens lieux-dits de Boulogne Billancourt ; Cette habitude résulte de l’absence presque complète de chemins dans cette région jusque vers 1855. En effet, le seul chemin, il est vrai très ancien, qui ait alors existé, était situé rue du Point du Jour venant d’ Auteuil et conduisant au
pont de Sèvres - l’ancien démoli en 1820 -.Cette rue s’appela jusqu’en 1865 chemin ou rue de Billancourt.
En 1834, un décret contresigné Thiers autorisa l’installation au fief Beaudoin d’un dépotoir de voirie, devenu plus tard celui de la Compagnie Richer et fabrique d”engrais, qui a empoisonné tout le quartier pendant un siècle.
Cet établissement dit «la Poudrette»
avait son accès sur la rue du Point du Jour. Presque tout le quartier environnant avait été acquis entre 1854 et 1860 par le comptoir Bonnard dans l’espoir de le lotir et de le revendre - après d’ailleurs divers spéculateurs anglais et suisses, dont les achats remontaient à1830 -. Pour le lotir, Bonnard et son successeur Naud percèrent des rues, dont l’une fut dénommée rue du Fief. Mais comme elle se trouvait juste à côté du dépotoir Richer, ce «fief»
ne fut recherché que par des pauvres gens qui s’accommodèrent comme ils le purent de l’odeur, laquelle suivait docilement les impulsions du vent.
Le quartier ne prit guère d’animation avec le percement du
boulevard de la République ouvert en 1910, un peu plus avec l’établissement de l’usine Niepce
(1915), laquelle ferma la rue d’autorité en 1917 pour assurer sa tranquillité. En 1925, les Studios de Billancourt amenèrent dans la rue les mousquetaires de Dumas ou plutôt d’Abel Gance dont les costumes accentuèrent le pittoresque de cette rue alors tout à fait primitive dans le genre Far-West du cinéma, y compris le passage nocturne de la voie ferrée de Renault.
Le 24 juin 1914, un rapport constatait que la rue n’a ni égout, ni eau, ni éclairage, qu’elle est pleine de fondrières, et qu’il est temps de l’améliorer en appliquant les lois de 1912 sur les lotissements. La guerre vint un mois après, on employa le temps autrement.... On y revint en 1920 en évaluant la dépense à
200.000 francs et même 270.000 avec l’égout. Les riverains trouvèrent le prix trop élevé. Le temps passa une fois de plus ; En 1927, le conseil municipal offre
20.000 francs, le ministre de l’Intérieur 75.979 francs, ceci pour la partie de la rue entre la rue du Point du Jour et la Seine, classée le 26 février 1932, arrêté du préfet du 18 octobre 1932 ;
Le 13 décembre 1928, le conseil municipal avait demandé le prolongement jusqu’à l’avenue des Moulineaux en utilisant un passage préexistant; projet confirmé par les plans d’aménagement mais annulé depuis. En 1929, l’Association Diocésaine acquit un terrain pour y édifier la Chapelle Saint Pierre.
L’autre extrémité n’a pas eu plus de chance. Les Studios obtinrent en 1943 la location de cette partie et la propriété un peu plus tard. La rue est en fait
«le fief du Cinéma».
Rue des Fossés Saint-Denis
Du 1 rue de l’Abreuvoir au 36 rue Saint Denis.
Longueur: 170 mètres - Largeur: 10 mètres.
Ce nom, qui sent le Moyen-âge, est pourtant récent. C’est le 8 mars 1835 que le conseil municipal décida de l’adopter pour remplacer celui de «Fossé Magot»
qui sonnait mal à ses yeux. Ce nom «Magot» était d’ailleurs une déformation, involontairement ou volontairement plaisante, de celui de
«Migot»
qu’on trouve comme lieu-dit au début du XVIIIème siècle à son emplacement. Les actes de l’état-civil mentionnent ce nom comme prénom de membres de la famille Le Pelletier, qui paraît avoir possédé une résidence à cet endroit.
La topographie ancienne de notre Ville est fort mal connue. Il est possible que ce chemin ait été autrefois celui de Boulogne à Saint Cloud alors que le village consistait en quelques maisons autour de la rue des Menus. Quant au
«fossé», dont on a dit qu’il rappelait les anciennes prisons, il conduisait les eaux du village vers la Seine ou plutôt vers les marais qui l’on bordé longtemps. On peut envisager aussi l’hypothèse d’un château-fort ou encore d’une porte fortifiée, l’un ou l’autre sans doute d’une importance minime. Encore vers 1800, le quartier vers la rue de l’Abreuvoir s’appelait «Le Donjon»
et, avant 1790, le carrefour: place de la Seigneurie. A Boulogne, il y a eu «aussi»
un Moyen-âge, des seigneurs et des guerres... Il n’en subsiste rien, hormis l’église et quelques noms douteux de rues, et il n’y a pas non plus de documents écrits autres que religieux.
Rue de la France Mutualiste
Voie privée.
Cette rue a été établie en même temps que les immeubles qu’elle dessert par la société d’Anciens Combattants
«La France Mutualiste»
en 1933. Cette société connut alors quelques difficultés financières. Le terrain appartenait entièrement à la famille de la Morinière et, au XVIIIème siècle il y avait là la résidence du prince-abbé de Lorraine, cousin de Marie-Antoinette, qui y mourut en 1787. Ce prélat, sans doute mondain, disposait des abbayes de Jumièges, et de Saint Victor de
Marseille, et était en même temps chanoine de la cathédrale de Strasbourg. Il est douteux qu’il ait pu s’acquitter convenablement de ces fonctions à une époque où l’avion n’existait pas.
Rue Francis Garnier
Voie supprimée.
En 1902, MM. Naud et Compagnie pétitionnent auprès du maire pour faire reconnaître la rue qu’ils sont entrain d’établir sur un de leurs terrains et qui reliera la rue du Vieux Pont de Sèvres et la route de Versailles ; La voie aura 12 mètres de largeur et sera pourvue d’un égout. Le préfet donne son accord de principe le 24 mai 1902.
L’année suivante, la société Naud demande au maire un nom pour cette rue. Le conseil municipal propose Jules Ferry ou Francis Garnier. M. Naud préfère Francis Garnier. Dans les deux cas, il s’agissait d’honorer deux hommes qui donnèrent le Tonkin à la France ; le second avec une poignée de soldats, avait conquis le delta en quelques jours (1874) ; le premier, comme chef du gouvernement, avait pris la responsabilité d’une seconde conquête (1883-1885), laquelle fut beaucoup plus coûteuse et sanglante et valut à son auteur une solide impopularité jusqu’à sa mort.
Le comptoir Naud a été, entre 1860 et 1905, le grand lotisseur de Billancourt. Ces deux rues (?) furent, dans notre commune, ses dernières opérations. Il offrit à la Ville la cession gratuite du sol et une contribution aux frais de 100 francs par an pendant cinq ans. Le 1er mars 1908, le conseil municipal accepta de classer cette rue, bien que celle-ci ne présentât aucun intérêt pour la circulation générale. Le préfet donna son accord le 10 juin 1908.
Les ateliers Renault, au cours des décennies suivantes, se rapprochèrent dangereusement de l’endroit. En 1942, le bombardement du 3 mars y causa des démolitions considérables et des pertes en vies humaines; les urbanistes virent là une circonstance permettant de réaliser, dans le cadre du plan d’aménagement de 1948, une tête de pont pour le futur
pont de Sèvres. Ce qui entraîna la suppression de la rue, acceptée par le conseil municipal le 22 décembre 1949. Le sol fut cédé à l’Etat en vue de la construction d’
H.L.M.
Square des Frères Farman
Il s’agit du jardin ouvert entre les bâtiments édifiés par le M.R.U., rue de Silly, et rue de l’Ancienne mairie, près de l’église Sainte Thérèse, en 1949-1951, et qui est encadré par les rues du 6 juin et du 25 août.
Les frères Farman étaient trois, Henri, Maurice, et Dick. Après avoir été coureurs cyclistes et gagné des courses d’automobiles, Henri et Maurice se firent aviateurs. Henri accomplit sur le champ de manoeuvres d’Issy-les-Moulineaux, en 1908, sur un appareil construit à Billancourt par Gabriel Voisin, le premier kilomètre en circuit fermé. L’ année suivante, il s’établit constructeur à Mourmelon et son frère Maurice fit de même à Billancourt. Peu après la fusion des deux établissements amena la formation de la Société H.M.D. Farman, qui construisit durant la guerre de1914-1918 plusieurs milliers d’avions militaires. La Société Farman et l’usine existent encore à Billancourt.
(En 1962, mais plus aujourd'hui.)
Cette appellation est le cas unique dans notre Ville d’un hommage de ce genre rendu à des industriels.
Les Lions en fonte qui ont été placés dans le square autour d’ un bassin sont ceux qui, durant un siècle et demi, ornèrent la
place de l’Institut à Paris.
( L’usine Farman nationalisée en 1936 et appelée la SNCAC a été occupée après la guerre de 1939-1945 par la SNECMA, puis abandonnée à la suite de conflits a été entièrement rasée. A la place, a été édifié un quartier dit de Silly dédié à l’aviation - la moindre des choses - avec de nouvelles rues portant des noms évocateurs. )
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