|
|
Ouvrage sous forme polycopiée par la Société historique de
Boulogne-Billancourt et mis en ligne par le Cercle des anciennes familles boulonnaises
Saisie informatique et additifs: M. Maurice Masse
Tous droits de reproduction réservés: Archives municipales de Boulogne-Billancourt
E. Couratier
Les rues de Boulogne-Billancourt
1962
HISTOIRE PAR RUE
Les voies dont le nom figure en caractères italiques n'existent
plus aujourd'hui ou ont changé d'appellation.
G-H
Rue Gabrielle
Voie supprimée
Il s’agit d’une ancienne voie du lotissement de Gourcuff
(1825), mais qui fut probablement ouverte par le comptoir Bonnard après 1855. Nous ignorons l’origine du prénom, sans doute celui d’une parente de M. de Gourcuff.
Cette voie privée, bordée de pavillons assez coquets entourés de jardins, n’était guère entretenue lorsque le conseil municipal proposa de la classer en 1898. Le préfet objecta, comme pour les rue Théodore et Traversière, qu’elle était souvent inondée à l’époque des crues et marécageuse du fait de l’absence de pente et d’égout, inconvénient atténué en raison de la nature sableuse du sol. Les ingénieurs rappelèrent que la crue de 1897 avait obligé les habitants à gagner le quai surélevé en nacelle et que l’égout de contre-halage débordait souvent de ce côté. Ils proposèrent d’en construire un autre pour tenir les trois rues au-dessus de la cote 30,66:
«de toutes façons, les propriétaires riverains seront au-dessous de la voie, mais il faut les en aviser par une enquête”. Et le préfet refusa son approbation.
L’affaire fut reprise par le conseil les 14 mars 1900 et 20 avril 1902 et le classement par le préfet fut fait le 22 octobre 1902.
Au cours de l’enquête, un propriétaire, M. Fagotat, déclara que ces rues étaient à l’état «rudimentaire»
depuis 40 ans.
Durant la guerre de 1914-1918, M. Renault acquit toutes les propriétés riveraines et, après avoir fermé la rue - et d’autres -, il obtint de la commune en 1917 la concession du sol pour 10 ans et acquit le tout ferme en 1928.
Rue Gambetta
Du 1, avenue Jean Baptiste Clément à la place des Ecoles.
Longueur: 470 mètres - Largeur: 12 mètres.
Les plans du XVIIIème siècle montrent un chemin de terre qui va en serpentant de la rue de
La Rochefoucauld à la route des Princes près de son confluent avec la
route de Versailles - aux abords du marché de Billancourt actuel -. Ce chemin porta plus tard deux appellations: jusqu’à la rue de Paris, celle de chemin des Guérets, au-delà celle de chemin des Chaussières (Saussière). Cette précision se trouve dans l’état des chemins vicinaux arrêté par le conseil municipal le 8 mars 1835. En 1837, un autre chemin des Guérets se greffe sur le premier et va aboutir rue des Princes (Denfert-Rochereau) près de la Porte des Princes. Ce second chemin dit aussi sente de la Sablière est devenu une partie de la rue Louis Pasteur.
Le premier chemin des Guérets se trouvait cité dans une autorisation d’alignement donnée par le préfet le 16 mai 1808 au blanchisseur Leroy, auprès de la rue de
La Rochefoucault. Leroy ne devra construire qu’à une distance de 4, 06 mètres du jardin de M. Mollien, ce qui indique la largeur de la rue.
La propriété Mollien devenue propriété de
Mme veuve Fessart est lotie par les héritiers de celle-ci après 1840 ; Pour faciliter les ventes, les Fessart établissent une rue dite des Potagers, qui se confond avec une partie de l’ancien chemin des Guérets. Ce dernier nom n’est conservé alors que pour la section entre la rue des Tilleuls et la rue de
La Rochefoucault.
Le 17 mai 1857, le conseil municipal votait l’élargissement de 8 à 10 mètres de la rue des Potagers et de 6 à 10 mètres de la rue des Guérets qui en faisait la suite. Cet élargissement ne fut achevé qu’en 1876 par l’achat de la propriété Choumery, à l’angle de la rue de
La Rochefoucault, au prix de 30000 francs.
Dans le but de les prolonger jusqu’à l’entrée du Bois, le maire passe une convention le 19 novembre 1892 avec MM. Bloch et Lévy, acquéreurs de la propriété de M. Arnaud, ancien directeur de l’Hippodrome, qui proposent de percer sur la Grande Rue et sur la rue de l’Est l’amorce de ce prolongement. Leur thèse fut appuyée par leur coreligionnaire Meyer-Worms et le conseil municipal l’adopta le 7 septembre 1893. Ils demandaient aussi la suppression de la servitude de la Grille du Bois, ce que le préfet refusa en approuvant le reste le 8 février 1894 ; La dépense s’éleva à 72188, 43 francs. Les acquéreurs de la propriété Arnaud, Grande Rue n° 1, avaient payé celle-ci
156.000 francs.
Le maire proposa de donner à la nouvelle rue et aux deux anciennes le nom de Spuller, ministre de l’intérieur, alors connu surtout pour avoir prôné l’Esprit nouveau et l’apaisement envers l’Eglise. Le conseil accepta le 17 avril 1894, mais le préfet refusa d’approuver parce qu’il s’agissait d’un personnage vivant.
On se rabattit sur Gambetta et le conseil municipal en décida ainsi le 3 mai 1894. Un décret du 18 juin 1895 confirma la décision.
Le méchant rédacteur de la Gazette de Boulogne, Petitbon, avait insinué que le maire Clément avait eu l’intention en flattant le ministre d’obtenir les palmes académiques...
Quoi qu’il en soit, le nouveau nom a fait disparaître deux appellations assez pittoresques, dont l’une, celle des Guérets, remontait fort loin.
Rue du Général Clavery.
Ancienne rue de la Petite Arche.
Territoire de la Ville de Paris.
Nous ignorons l’origine de cette voie située alors sur la zone militaire et qui figure sur le recensement de 1861, lequel lui attribue 14 habitants, outre 21 à l’Impasse Totain qui y prenait naissance. Totain était un propriétaire qui donna son nom au «Quartier Totain»
aménagé (?) par lui entre la Seine et la Porte de Saint Cloud et qui fut en grande partie détruit lors des sièges de 1870-1871. Nous supposons que ce Totain avait percé cette rue, d’ailleurs sente assez infecte et malodorante, comme l’était toute la zone. En cette même année 1861, une rampe de tirage fut construite en bordure de la Seine pour le chargement et le déchargement des marchandises des industriels de Billancourt et c’est sans doute cette construction qui donna son nom à la rue. Il semble qu’elle ait été classée dans la voirie publique par la commune d’Auteuil avant 1860, car, le 15 août 1880, le conseil municipal de Boulogne invitait le maire à demander à l’autorité supérieure la réfection de cette voie «qui sert actuellement de décharge», et, le 12 février 1888, il en demandait le déclassement parce»
qu’elle ne sert que de réceptacle aux eaux d’égout de la Ville de Paris». Il n’y eut pas de suite.
En mai 1898, on ouvrit à son extrémité un «port plate forme»
de 56, 70 mètres de long. L’endroit a été annexé à la Ville de Paris, comme la zone ex-militaire, en 1925. Celle-ci a baptisé la rue du nom de Général Clavery, chef d’Etat-major de Galliéni en 1914. Le stade, appelé plus tard Léo Lagrange, du nom de l’ancien sous-secrétaire d’Etat aux loisirs de 1936, mort au front en 1940, est bordé par cette rue. Il remonte à 1933. Propriété de la Ville de Paris, le terrain a été concédé par celle-ci à notre commune pour son usage.
Rue du Général Galliéni
De l’avenue Ferdinand Buisson au 34 bis, quai de Boulogne
.
Longueur: 1920 mètres - Largeur: 12 mètres.
On appelait jadis Plaine de Boulogne le territoire situé entre le vieux Boulogne et la ferme de Billancourt. Avant 1789, l’endroit, peu et mal cultivé, parce que sableux - et marécageux par endroits -, était un lieu de chasse pour les rois et les princes. Après 1830, les blanchisseurs de Boulogne, à l’étroit dans leurs anciens quartiers, commencèrent à construire des buanderies dans les rues greffées sur la Grande Rue en direction du Sud et notamment dans les rues de Billancourt, de Silly, et de Bellevue. Leurs eaux, faute d’écoulement, demeuraient stagnantes dans la Plaine couverte de chardons.
La rue de Sèvres avait été classée comme chemin de grande communication et, comme elle avait été mise à l’abri des inondations (?), elle était devenue bordée de belles maisons dont les jardins se trouvèrent ravagés par les eaux des blanchisseurs. Sur leurs plaintes, l’architecte départemental établit un projet consistant à construire une rue transversale dont les caniveaux porteraient les eaux à la Seine. Le conseil municipal tergiversa
(24 janvier 1846) puis en 1851, il accepta la rue percée par M. Legrand entre la rue de Sèvres et la Seine. Cette rue s’appellera rue Legrand
(23 septembre 1846) jusqu’à une date récente.
Quant à la grande traverse, bien qu’on ait envisagé de simplifier les travaux en ne faisant pas d’encaissement de cailloux, puisque «le sol de Boulogne est fait de sable et de cailloux», cette économie fantaisiste ne séduit pas les»
plus imposés», qui se refusent à voter la dépense. En ce temps, les contribuables les plus imposés votaient les impositions communales avec les conseillers municipaux.
Cependant «la force des choses» triomphe et le «Chemin de la Plaine»
fut décidé par le conseil municipal le 9 mai 1852 ; On acquit environ 140 ares au prix moyen de 100 francs l’are. Les titres de propriété montrent que, au début du siècle, on payait le terrain de 10 à 20 centimes le mètre carré
(?!).
La rue était à peine terminée et classée chemin vicinal
(1855) qu’on décida de porter sa largeur de 10 à 12 mètres (1858). Elle s’arrêtait alors à la
route des Princes (avenue Victor Hugo), limite de Boulogne et d’ Auteuil.
En 1860, Boulogne fut agrandie de tout le territoire d’ Auteuil situé en dehors des fortifications. Au point de vue cultuel, il fut décidé de la subdiviser en deux paroisses, Boulogne et Billancourt. La rue de la Plaine se trouva à point pour les séparer, ce qui a subsisté jusqu’à la création de la paroisse Sainte Thérèse
(1927).
Le 15 novembre 1862, le conseil municipal décida de prolonger le rue jusqu’à la Route de la Reine. Des difficultés avec certains riverains retardèrent l’opération jusqu’en 1869.
Comme les eaux, pour lesquelles la rue avait été faite, persistaient à ne pas s’écouler, il fut décidé de construire un égout, ce qui fut fait entre 1866 et 1872 et coûta 157700 francs.
Le nom de rue de la Plaine, si caractéristique pourtant, a été remplacé par celui du Général Galliéni par décision du conseil municipal du 28 juillet 1916 approuvée par décret du 15 novembre suivant. Gouverneur de Paris en 1914, Galliéni avait sauvé la capitale et Boulogne par surcroît de l’invasion allemande.
La rue Legrand a perdu son individualité par incorporation à la rue Galliéni en 1936. Observons que la rue de la Plaine ou rue Galliéni a formé la limite administrative et électorale des deux sections de la commune dites Boulogne Nord et Billancourt Sud de 1896 à 1927, chacune ayant alors ses propres représentants au conseil municipal.
Cette limite, adoptée par simple imitation du découpage des paroisses, ne correspondait pas aux anciennes délimitations d’avant 1860 ou d’avant 1790.
Rue Georges Sorel
De la rue de La Belle Feuille à la rue Paul Bert.
Longueur: 330 mètres - Largeur: 12 mètres.
En 1926 le financier Geissmann acquit des terrains entre la rue Paul Bert et la rue de La Belle Feuille en vue de les lotir ou d’y construire après y avoir percé une rue. L’opération était devenue possible depuis peu en raison de la renonciation au projet de prolongement du Boulevard de la République, en sommeil depuis 15 ans.
Geissmann présenta un premier projet à la commune pour la partie entre la rue de La Belle Feuille et le boulevard Jean Jaurès. Un avis favorable fut donné par l’agent-voyer le 9 février 1926 et par le conseil municipal le 12 mars. Cependant, la rue n’était prévue qu’à une largeur de 6 mètres et il manquait 2, 50 mètres à l’entrée du boulevard. L’enquête publique donna lieu à des critiques de la part d’un adversaire politique, le jeune Foucher, concernant l’insuffisance de largeur en dépit d’une servitude latérale. Cette question fut discutée. Geissmann déclara que le règlement de 1905 ne prévoyait que 6 mètres et le préfet, le 24 septembre, lui répondit que son projet était
«réputé approuvé»
du fait du retard de la commune à renvoyer le dossier. Ce projet concernait un lotissement par la société d’exploitations immobilières de 20 lots de 150 mètres carrés.
Geissmann présenta un second projet pour la partie vers la rue Paul Bert, qui fit l’objet des mêmes observations. Le 11 mai, il observait que l’élargissement de
«cette rue de la Pyramide prolongée», comme il l’appelait, lui ferait perdre 4000 mètres carrés à 100 francs entre les rues Paul Bert et de La Belle Feuille. Cependant le 2 juin, il acceptait, pour la section Paul Bert, les 12 mètres de largeur en incorporant à la voie les 6 mètres de la servitude non aedificandi. Cette partie releva ensuite de la Société technique de réalisations immobilières et industrielles, qui succéda à Geissmann, et fut sous la coupe de Madame Marthe Hanau, femme forte s’il en fut et très capable à divers points de vue, mais qui eut le malheur de s’attaquer à des personnages puissants. Au cours d’un séjour en prison, elle se suicida à Fresnes en 1935. Elle habitait rue de la Tourelle. Il ne fut pas prouvé que ses affaires méritaient ce destin.
De grands immeubles furent construits qu’on baptisa longtemps de son nom. D’un certain point de vue, il est heureux que l’affaire n’ait pas prospéré car, lorsque l’on reprit le projet du boulevard de la République (aujourd’hui
avenue André Morizet), il fallut modifier le plan primitif du parcours et le reporter à son emplacement actuel du fait de ces immeubles qui devaient s’étendre plus loin.
La disparition de Geissmann entraîna d’ailleurs un certain flottement entre les deux sociétés et la commune qui ne savait plus au juste à qui elle avait affaire. Finalement, l’une d’elles demanda le classement le 31 mai 1930, mais il fallut revenir à l’autre qui, au nom des propriétaires, le demanda le 25 juillet 1931 pour la partie côté rue Paul Bert. Après divers pourparlers, le conseil municipal approuva, le 23 décembre 1931 le classement, puis le 26 février 1932, une convention passée avec la Société Geissmann comportant participation de la Ville dans les travaux de viabilité et d’assainissement, approbation du préfet le 30 juin 1932. Quant à la partie côté rue de La Belle Feuille, un syndicat dirigé par M. Herbeland obtint le classement de la rue à 12 mètres(30 mai 1931), accepté par le préfet le 27 novembre
Le nom de Georges Sorel a été donné à cette rue par le conseil. Georges Sorel, le doctrinaire du syndicalisme révolutionnaire, mais non son inspirateur. Sorel (1857-1922) avait vécu 30 ans au 25 rue Denfert-Rochereau, et était mort avenue Jean Baptiste Clément.
Avenue Gordon Bennett
Voie située sur le territoire de Paris.
Jusqu’en 1851, la Route des Princes traversait le Bois de Boulogne presque en ligne droite. A cette date la route fut déclassée et le prolongement supprimé. Un chemin remplaça l’ancienne route entre la nouvelle porte des Princes, à la limite du Boulevard d’Auteuil
(1855) et le fossé de clôture du Bois établi en 1873 à sa limite actuelle. La partie entre ces deux voies dite
«Fond des Princes»
fut annexé à la Ville de Paris avec le reste du Bois de Boulogne en 1925.
Le conseil municipal de Paris a remplacé son nom de route du Fleuriste par celui de l’avenue Gordon-Bennett
(29 mars 1929) pour honorer le riche américain de ce nom propriétaire du
New-York Hérald, qui aida la France durant la guerre de 1914-1918.
Rue du Grand Caniveau
Voie supprimée.
Durant de longues années, le conseil municipal fut fort embarrassé par les inconvénients découlant des eaux
« lexivielles» des blanchisseurs qui transformaient les rues et les terrains avoisinants en marécages putrides. Après avoir amené les intéressés à établir dans certaines rues des «chaussées fendues»
qui n’étaient que des sillons pavés de 1, 20 à 1, 30 mètre de largeur et de 0, 20 à 0, 30 mètre de profondeur maximum, il se décida, avec le concours du département, à construire un grand fossé pour les recueillir et les mener à la Seine. Ce fossé partait de la rue de Larochefoucauld, longeant le mur du Bois de Boulogne puis celui du baron de Rothschild et atteignait le fleuve non loin de la passerelle de l’Avre. Il fut terminé en 1827 et son achèvement fut salué comme une sorte de prouesse technique et administrative... à l’échelle d’un Bourg de 3500 habitants. En fait, ce n’était qu’un égout à ciel ouvert.
Ce fossé bordait une partie du chemin de ronde du Bois de Boulogne dit à cet endroit chemin des Ariettes qu’on prolongea, à partir de la rue de Longchamp et jusqu’à la rue de la Victoire, par un autre chemin qui porta le nom de rue du Grand Caniveau
(1833).
A la longue, cet égout devint nauséabond et, en 1854, le conseil municipal, considérant que la rue de Longchamp était pourvue d’un égout souterrain, décida de le supprimer en élargissant la rue qui le bordait qu’on se proposait de prolonger jusqu’à la Seine en utilisant son emplacement.
Mais, presque aussitôt, l’extension du Bois de Boulogne rendit le projet caduc. La Ville de Paris acquit tout ce territoire, construisit le Boulevard de Boulogne
(Anatole France) et céda le terrain en excès au baron de Rothschild. En 1856, la commune obtint une indemnité pour le grand caniveau et sa rue supprimés, d’un montant de 10834, 75 francs pour une surface de 6173 mètres carrés. La largeur de la rue défunte, qui était théoriquement de 10 mètres, fut reconnue n’avoir été en fait que de 4 à 10 mètres.
Grande Rue
Voir à l' avenue Jean - Baptiste Clément
et à la rue des Menus
Grand Sentier
Voie supprimée
Il s’agit d’un chemin vicinal classé comme tel en 1835, commençant à la rue du Grand Caniveau (à peu près Boulevard Anatole France) et finissant au chemin de Longchamp. Il figure sur la liste des voies expropriées par la Ville de Paris pour l’agrandissement du Bois de Boulogne, avec une longueur de 855 mètres et une largeur de 2 mètres. On lui attribue une valeur de 3000, 88 francs pour une surface de 17, 8 ares. On l’appelait aussi Chemin des Plantes.
Rue, sente, chemin des Guérets
voir aux rues Gambetta et Louis Pasteur
Rue Gustave Delory
De la rue de la Saussière à l’avenue André Morizet.
Cette rue, qui sépare l’Hôtel de Ville du Lycée ouvert en 1961, a été établie lors de la construction de l’ Hôtel de Ville et classée par délibération du conseil municipal du 12 novembre 1932.
Son nom lui a été donné par le conseil municipal le 29 avril 1935, avec approbation par le préfet le 12 juillet suivant. Il rappelle Gustave Delory qui fut longtemps député et maire socialiste de
Lille.
Rue Gutenberg
De la rue Denfert-Rochereau à l’avenue
Robert Schuman.
Longueur: 400 mètres - Largeur: 12 mètres.
Percée en 1855 comme les autres voies du Parc des Princes en vue du lotissement de cette partie du Bois de Boulogne, cette rue fut baptisée «Guttemberg» par on ne sait trop quel propriétaire de l’endroit, sans doute un des écrivains qui habitaient alors le quartier: Emile de Girardin, Napoléon Chaix, Turgan, Delamarre, et qui avaient des rapports étroits avec l’imprimerie dont l’invention était alors attribuée sans contestation à cet ancêtre. Toutefois, l’insistance à lui conserver l’orthographe germanique est assez curieuse.
Le conseil municipal de Boulogne accepta la rue
(et le nom) lorsque le préfet Haussmann le lui demanda, sans aucun enthousiasme car il craignait la charge de l’entretien de toutes ces rues nouvelles (13 juin
1862).
La rue n’a eu d’autre histoire que deux opérations «chirurgicales»: en 1925, la Ville de Paris annexa son extrémité qu’elle supprima purement et simplement et le 21 décembre 1932, le conseil municipal décida qu’une partie prendrait le nom du sculpteur Joseph Bernard.
Mais elle a connu beaucoup de personnages célèbres à divers titres: le dessinateur et graveur Daniel Vierge
(† 1902), le peintre Uzanne († 1895), le sculpteur Max Blondat (†. 1925), Moreau-Vauthier
(† 1936), l’écrivain Jules de Gaultier († 1943), le prince Youssoupof, qui tua le moine Raspoutine en 1917 quelques jours avant qu’éclate la révolution Russe
(son séjour à Boulogne entre 1920 et 1930 fit beaucoup écrire les journalistes), l’ingénieur Guillemin-Tarayre, qui fut le premier adjoint au maire en 1870-1871, l’architecte Niermans.
Chemin du Halage
Voir aussi aux quais
L’Ordonnance royale de 1669 imposait aux propriétaires riverains des voies fluviales navigables le respect d’une servitude dite ‘ de halage «égale à 33 pieds - plus tard 9, 75 mètres -. Cette servitude n’était pas toujours respectée et, à Boulogne, elle l’était très mal, d’autant plus que le halage se faisait pratiquement sur la rive de Saint Cloud, tout au moins jusqu’au
pont de Sèvres.
Le chemin, entre la rue de l’Abreuvoir et le
pont de Sèvres, fut classé chemin vicinal en 1836 avec une largeur théorique de 6 mètres ; Peu après des plaintes se font entendre ; les ingénieurs du Département signalent les empiètements des riverains qui, par crainte du flot qui ronge la berge et aussi pour agrandir leurs cultures, établissent des plantations près du bord de l’eau. Après 1840, il se crée même un gouffre dit «Le Piroui»
causé par le renvoi des eaux du fait des travaux exécutés sur l’autre rive. Il se produisit des accidents et le chemin devint impraticable.
La construction du Boulevard de l’Empereur en 1855-1857 supprime le chemin en aval du
pont de Saint Cloud.
En 1856, le conseil municipal décide d’élargir le chemin vicinal à 8 mètres en dépit des protestations des riverains, entre le
pont de Sèvres et le pont de Saint Cloud. Sur la fin de l’Empire, des établissements de bains s’y fixèrent qui donnèrent leur nom au chemin
(quai des Bains) sur la partie proche du pont de Saint Cloud, élargie par les propriétaires eux-mêmes. Un véritable quai fut construit vers 1880 qui prit le nom, en 1893, de Quai de Boulogne.
Sur le territoire de Billancourt, en amont du
pont de Sèvres, le halage se pratiquait normalement sur la rive droite. Il subsista même après la construction complète de la ligne des quais achevée en 1893 et, sur un chemin à vrai dire fort loin de la largeur légale, on voyait encore avant 1914, des bateaux tirés de la berge au moyen d’une corde par un cheval, un homme ou parfois une femme. Avec surtout la manoeuvre auprès des
ponts, des ports et des îles, ce n’était pas un mince travail.
Il existe encore, entre l’avenue Pierre Grenier et le quai du Point du Jour, un passage public qui porte le nom de Sente
du halage.
Rue du Hameau
Voie supprimée
Depuis un temps immémorial un chemin reliait le village d’Auteuil au bac de Sèvres, devenu pont en 1684. En 1825, la Société de Gourcuff acquit la ferme de Billancourt et en fit un lotissement.Elle perça des chemins après avoir accaparé et supprimé une partie du vieux chemin. Ce vieux chemin subsista en dehors des terres de la société et, après avoir porté jusqu’en 1865 le nom de chemin de Billancourt, il se nomma rue du Point du Jour - celle que nous connaissons -.
De l’autre côté il en subsista un autre morceau, que la société de Gourcuff relia à sa rue du Cours (avenue Emile Zola) et qui conserva son ancien parcours jusqu’à la rue du Vieux Pont de Sèvres, survivance de la Route de Versailles d’autrefois. Cette partie était dénommée par les riverains rue de Sèvres ou encore rue de Seine.
1860, Billancourt fut annexé à Boulogne qui, de ce fait, se trouva à la tête de plusieurs rues portant le même nom. Le 15 janvier 1865, le conseil municipal décida de nommer la voie en question rue du Hameau parce qu’elle desservait un très charmant quartier dit «du Hameau Fleuri», qui se prolongeait jusqu’à la Seine. On lui attribua une longueur de 523 mètres et une largeur de 12 mètres.
La rue et le quartier conservèrent leur aspect champêtre jusqu’à l’extension des usines Renault durant la guerre de 1914. Devenu presque le seul propriétaire riverain de la rue, Louis Renault la ferma en 1917 et, sauf pour un petit bout où se trouvaient d’autres propriétaires, il en obtint la concession en 1920 et la vente en 1928. La partie demeurée libre a été acquise de même en 1943-1950.
Rue Heinrich
Du 254 boulevard Jean Jaurès au 30 rue Yves Kermen.
Longueur: 280 mètres - Largeur: 12 mètres.
Un rapport de l’architecte-voyer du 23 décembre 1892 nous apprend que la rue
Heinrich, à qui il donne le n° 28 de sa nomenclature des rues non classées, fait partie des rues de ce qu’il appelle «le système Naud», c’est à dire des rues établies par le comptoir Naud, anciennement Bonnard, qui en transféra la propriété à ses acquéreurs en 1885 à charge de les entretenir, ce que généralement ils s’abstinrent de faire.
Le principal acquéreur de ce côté était M.
Heinrich, dont nous ne savons rien sinon qu’il revendit ses terrains à d’autres. En 1913, les riverains offrirent le sol de la rue à la commune qui accepta le classement le 24 novembre 1913 en demandant 10 francs par mètre de façade. Le préfet classa le 29 avril 1914. La dépense s’éleva à 22800 francs, mais les riverains n’en payèrent que 5600 francs.
Square Henri Barbusse
Ce fut sous le Second Empire une belle propriété qui appartenait à M. Boitelle, ex-capitaine de lanciers nommé préfet de police après l’attentat d’Orsini et qui pourchassa durement les républicains. Les Goncourt parlent de ce personnage à différentes reprises comme un habitué du salon de la princesse Mathilde.
Ses derniers propriétaires ne l’entretenaient plus guère en 1914, et la société Renault l’utilisa comme dépôt pendant la guerre. Elle était à peu près saccagée lorsque cette société consentit en 1928 à céder son option à la Ville. Les services municipaux en tirèrent du sable durant plusieurs années avant de la transformer en square et d’y construire un auditorium. Inauguré en 1934 il fut le théâtre de fêtes en plein air et de meetings populaires jusqu’à la guerre de 1939. Les bombardements de 1942-1943 détruisirent tous les aménagements et, ultérieurement, sa destination a été modifiée quelque peu par la construction de la Patinoire et de la Piscine.
Il a reçu son nom en 1935 à la mort de l’écrivain Henri Barbusse.
Rue Henri Martin
Du 30 avenue Edouard Vaillant au 7 rue
Galliéni.
Longueur: 170 mètres - Largeur: 12 mètres
Dès l’annexion de Billancourt à Boulogne en 1860, le conseil municipal avait retenu le principe d’ une voie qui devait relier la rue de La Plaine
(Galliéni) à la rue du Vieux Pont de Sèvres et prolonger ainsi la rue des Peupliers ouverte par le comptoir Bonnard. Le quartier était alors très peu peuplé. Les conseillers discutèrent du tracé sans se mettre d’accord en 1881-1884. On parla de pousser la rue jusqu’à la
route de la Reine en face de la rue de la Tourelle. Une pétition avait été présentée au conseil le 17 octobre 1883 pour protester contre la fermeture de l’impasse
ou passage du Moulin par un propriétaire M. Dehaynin, alors que cette sente était
«publique depuis un temps immémorial»
; elle reliait le 22 de la rue de La Plaine à la Route de La Reine.
Ces beaux projets qui, s’ils avaient abouti, auraient établi une voie unique allant du Boulevard d’Auteuil à la Seine, furent renvoyés aux calendes municipales. L’assemblée se contenta du tracé actuel de notre rue en le votant le 3 février 1884 et le préfet approuva le 23 juin de la même année. Il fallut acquérir et démolir une maison Albaret
(25.000 francs) et une maison Fagotat (9.000 francs). De mauvais esprits crurent devoir imputer à M. Fagotat, alors conseiller municipal, l’abandon du tracé en face de la rue des Peupliers.
Un moment désigné sous le nom d’impasse du Chemin Vert avant son achèvement, la rue reçu le nom d’Henri Martin parce que celui-ci avait été un historien républicain et qu’il venait de mourir en 1883. Il avait été maire du XVIème arrondissement de Paris.
Rue Heyrault
Du 133 avenue Edouard Vaillant au 158 rue du Vieux Pont de Sèvres.
Longueur: 159 mètres - Largeur: 11, 50 mètres.
M. Heyrault, notaire à Paris, acquit en 1824 un terrain important de M. Rossé, capitaine de gendarmerie et alors propriétaire de la Ferme de Billancourt, laquelle allait bientôt disparaître. M. Heyrault en revendit une partie après avoir percé la rue qui porte son nom et conserva le reste.Devenu conseiller municipal de Boulogne, et capitaine de la Garde Nationale, il est l’auteur d’un rapport intéressant sur la situation scolaire en 1832 et, ayant critiqué le maire Guillaume pour son inertie, vraie ou supposée, durant la grande épidémie de choléra, il amena celui-ci à démissionner ; lui-même mourut dans sa propriété en 1834. Le domaine fut acquit par le comte Mostowska, ancien ministre de Pologne, dont la fille se maria en 1842 avec le prince Sapieha. La maison fut connue longtemps sous le nom de «maison du prince Polonais».
La rue Heyrault figure sous ce nom sur un état du sectionnement électoral de 1831. On la trouve citée en 1834 à l’occasion d’un fait qui démontre bien que le formalisme administratif est chose ancienne. Le maire Collas voulut faire enlever deux arbres qui gênaient le débouché de la rue sur la Route Nationale. Il lui fallut pour cela obtenir l’autorisation du sous-préfet après un rapport détaillé de l’ingénieur ordinaire approuvé par l’ingénieur en chef du Département. L’un de ces arbres était mort..l’autre fut estimé 3, 40 francs que le maire dut reverser aux Domaines.
|
|