|
|
Ouvrage sous forme polycopiée par la Société historique de
Boulogne-Billancourt et mis en ligne par le Cercle des anciennes familles boulonnaises
Saisie informatique et additifs: M. Maurice Masse
Tous droits de reproduction réservés: Archives municipales de Boulogne-Billancourt
E. Couratier
Les rues de Boulogne-Billancourt
1962
HISTOIRE PAR RUE
Les voies dont le nom figure en caractères italiques n'existent
plus aujourd'hui ou ont changé d'appellation.
I-J-K
Rue de l’Ile
Voie supprimée
Cette rue, au cadastre de 1860, était
ouverte entre la rue du Hameau et la Seine et formait la limite du
lotissement de Gourcuff. Ultérieurement, le comptoir Naud la prolongea
jusqu’à la rue du Vieux Pont de Sèvres, à l’angle de la rue de
Saint Cloud avec l’intention de la faire communiquer avec la route de
Versailles par un chemin qui porta le nom de rue de la Contemplation
avant d’être annexée à la rue de Saint Cloud.
A la veille de la guerre de 1914, la
municipalité était sur le point de transformer cette rue privée en
voie publique. Mais la Société Renault acquit alors toutes les propriétés
riveraines et ferma la rue en 1915 sous le prétexte de sécurité, avec
l’appui des services de la Défense Nationale. La municipalité dut
accepter, mais en exigeant le retour de la rue à la circulation
publique. Renault porta plainte au Conseil d’Etat. La Ville argua que
le fait que la rue était ouverte à la circulation publique depuis plus
de 30 ans constituait une servitude que les propriétaires ne pouvaient
supprimer. Le Conseil d’Etat refusa de statuer et renvoya les parties
devant les tribunaux ordinaires (1919). Renault revint à la charge,
mais cette fois le Conseil d’Etat, après plusieurs années de réflexion,
le débouta pour la raison «qu’il n’avait pas justifié de ses
diligences à faire trancher la question par l’autorité judiciaire».
Durant tout ce temps, Renault avait continué à utiliser la rue et il
en fut de même après.
En 1920, il avait obtenu la concession des
autres rues voisines qu’il acquit en 1928 ; La rue de l’Ile fut passée
sous silence du fait qu’elle n’était pas une voie publique. La
servitude fut escamotée.
Rue d’Issy et allée
Emile Pouget
Du 242 boulevard Jean Jaurès au 56 rue de
Meudon.
Longueur: 290 mètres - Largeur: 15 mètres.
Cette rue fut tracée par M. de Gourcuff sur
son lotissement en 1825-1830 et on lui donna son nom parce que, dans le
lointain, on apercevait les coteaux d’Issy, mais non parce qu’elle
menait à cet endroit. En ce temps, il n’y avait ni pont ni bac entre
Sèvres et Grenelle.
Comme la plupart des rues de Billancourt,
elle était à l’abandon lorsque, le 28 juin 1894, le maire Clément
proposa de l’incorporer à la voie publique en faisant remarquer que,
quoique livrée à la circulation depuis fort longtemps, son mauvais état
obligeait les convois funèbres venant de l’Eglise à faire un long détour.
Elle était devenue impraticable aux voitures et même aux piétons.
Le conseil municipal accepta la largeur de
15 mètres avec cession du sol par les riverains et décida les travaux
pour un montant de 20397, 97 francs, y compris 3% pour l’architecte-voyer.
Le préfet prononça le classement le 19 janvier 1895.
En 1938, la partie de la rue entre l’église
et la rue de Meudon fut dénommée Emile Pouget à l’occasion de
l’inauguration de la maison des syndicats. Pouget, l’ex Père Pénard
de l’anarchie, avait été ensuite secrétaire-adjoint de la CGT.
C’est lui qui, beaucoup plus que Georges Sorel, fut, avec Pelloutier,
le principal initiateur du syndicalisme révolutionnaire.
Pouget n’avait eu de son vivant aucun
respect pour la force publique. Il aurait été ironique que les
gendarmes, pour qui on construisit un casernement au 22 rue d’Issy en
1910, se fissent adresser leur courrier rue Emile Pouget. Hasard ou
volonté, le nouveau nom n’alla pas jusque là...
Le square Henri Barbusse, créé en 1930,
est depuis peu occupé par la patinoire et la piscine municipale.
Pont d’Issy
Egalement appelé pont des Peupliers
Avant la construction de ce pont, un passeur assurait le transport entre Billancourt et Issy par un bateau subventionné par les deux communes. Il desservait aussi le bal dit «Petit Robinson»
ou «du Ballon en Pierre», qui se trouvait à l’extrémité de l’île.
La construction du pont fut proposée dès 1887, mais elle ne fut acceptée par le Conseil Général, puis par l’ Etat, que grâce aux efforts des conseillers généraux des cantons de Boulogne et de Vanves, Barbier et Gervais, qui triomphèrent de maintes difficultés: le pont fut terminé en 1910 et il donna passage au chemin de grande communication n° 50 de Vincennes à Boulogne et à la ligne de tramways Porte de Saint Cloud-Porte d’Orléans. Il en est encore ainsi aujourd’hui, sauf que des autobus ont remplacé les tramways.
Devenu insuffisant du fait de l’accroissement du trafic et du passage des»poids lourds», sa reconstruction est décidée en principe
(1962), et sera sans doute effectuée en tenant compte de la suppression possible du petit bras de la Seine, envisagée, et par suite le rattachement de l’Ile Saint-Germain à la terre ferme.
(En fait le pont sera bien entièrement reconstruit vers 1990, mais il ne sera plus question de la suppression du bras mort de la Seine devenu base nautique d’hivernage).
Du fait de la proximité de la rue des Peupliers, les Boulonnais ont donné à ce pont le nom de
pont des Peupliers, plus souvent que celui de pont d’Issy .
Chemin de l’Isle
de Mer
Voie supprimée.
L’Isle de Mer, dite aussi l’Ile au
maire, avait sans doute été rattachée à la terre ferme à une époque
pas très ancienne. Suivant un bulletin de la Société Historique de
Suresnes, elle appartenait en 1669 à divers propriétaires: la
Paroisse de Suresnes, Mme. Deschiens, les Dames de Montmartre et de
Longchamp, M. de Noailles, la Charité de Saint Cloud, l’Hôtel-Dieu,
et l’archevêque de Paris. Elle mesurait 50 de nos hectares. Ce chemin
avait son point de départ vers l’Abreuvoir et allait se perdre dans
les terres vers Longchamp. Il fut plus tard rectifié.
Comme il encadrait d’un côté le pré
communal, on le nommait aussi chemin des Communes. En 1856, la Ville de
Paris l’annexa au Bois de Boulogne et le supprima dans sa partie Nord.
Le baron de Rothschild prit le reste pour sa propriété en arguant du
fait qu’il l’avait acquis en 1813. Il avait cependant été classé
chemin vicinal !!.
Avenue
Jean-Baptiste Clément
Ancienne Grande rue.
Route départementale n° 103
Du Bois de Boulogne à la place Rhin et Danube.
Longueur: 1260 mètres - Largeur: 31 et 16 mètres.
Il est certain que l’antique village des
Menus avait une communication avec celui de Saint Cloud, et lorsque
l’Eglise de Boulogne eut été édifiée (1320-1330), un chemin, peut-être
partiellement le même, assura le même office. mais nous ignorons
totalement son parcours. Il y a au plus une probabilité pour qu’il
ait correspondu à notre avenue Jean Baptiste Clément actuelle.
Dans tous les cas ce ne devait être qu’un
chemin de campagne. En 1659, le duc d’Orléans, frère du roi,
acquiert le château de Saint Cloud, l’agrandit considérablement et y
fixa sa résidence. A peu près dans le même temps, le Roi faisait
percer dans le Bois de Boulogne de nouvelles avenues. La plus large,
partant de Passy, sera l’Allée Royale et se prolongera au-delà de la
porte dite de Boulogne par une route qui ira jusqu’au pont de Saint
Cloud et desservira le château du duc d’Orléans. Cette route fut
sans doute construite vers 1665.
Il est encore visible aujourd’hui, d’après
la différence de largeur de la voie, atténuée d’ailleurs sous le
second Empire, que la partie la plus resserrée remonte à une époque
plus ancienne que le reste. Il y avait donc eu des constructions aux
abords de l’Eglise. Il y a aussi une autre raison à cette différence: c’est que, à partir du chemin - ou rue - de Billancourt, la route
se trouvait sur le territoire de la seigneurie de Saint Cloud et non
plus sur celui de celle de Boulogne. Ce territoire était presque
inhabité et cultivé en vignobles. Un récit d’une fête en 1757
montre que les illuminations de Saint Cloud commençaient à cette
limite. Notons que, encore en 1828, on appelait «Chaussée de Saint
Cloud» la partie en question alors que l’appellation de «Grande Rue
de Boulogne» ne s’appliquait qu’à l’autre partie. Il existait
d’ailleurs une autre dénomination, celle de «Pavé du Roi» ou plus
simplement «Le Pavé» parce que la route était pavée dans la traversée
de Boulogne.
Ce n’est qu’au XVIIIème siècle que,
avec le grossissement de l’agglomération, la Grande Rue de Boulogne -
en importance - remplaça la «Grande rue des Menus» qui n’était
autre que notre rue des Menus. Elle fut véritablement «la Grande Rue»,
centre de la vie du pays, du commerce et des habitations bourgeoises
jusqu’aux approches du XXème siècle.
La construction de la Route de La Reine en 1786 réduisit la circulation
sur la Grande Rue, du moins si l’on en croit le maire Pance, se
plaignant en 1805 que l’Empereur n’y passe pas. D’autres papiers
ne confirment pas cette affirmation. En 1790, la partie orientale de
Saint Cloud avait été réunie à la commune de Boulogne, qui dès
lors, posséda les deux parties de la route. L’assertion que la première
mairie aurait eu son siège au n° 35 est vraisemblablement erronée.
Il est sûr en tous cas, que les souverains,
allant de Paris à Saint Cloud, leur résidence d’été préférée,
ou en revenant, passèrent fréquemment par la Grande Rue jusqu’en
1870, ce qui amena les municipalités successives à se préoccuper de
l’aménagement de cette voie en sollicitant l’aide du Roi ou de
l’Empereur à plusieurs reprises pour le pavage, l’éclairage, les
égouts, les trottoirs, l’arrosage.
Le premier égout souterrain de Boulogne fut
établi en 1848 dans cette rue par le département, comme entreprise
contre le chômage. Sous le second Empire, le souci de la sûreté de
l’Empereur amène le préfet à faire pression sur la commune pour
mieux éclairer la route - ainsi après l’attentat d’ Orsini - et à
l’élargir à certains endroits. Avec quelques exagérations, Mahias
compare la Grande Rue avec la Rue de Rivoli. Le même s’émerveille du
superbe point de vue qu’elle présente vue du Bois.
Le percement du «Grand Boulevard» (1870), après la restauration de l’Eglise et l’établissement du Marché,
augmenta l’intensité de la circulation. Cependant, ces mêmes causes
contribuèrent à déplacer le centre de gravité de la commune vers le
Sud, notamment vers le Boulevard de Strasbourg. Les grandes usines de
Billancourt, après 1900 et surtout 1914, y contribuèrent
fortement.
En 1919, il n’y avait plus de «Grande Rue»
à Boulogne, au sens traditionnel du terme, et, avec quelque dédain
du passé de la Ville, le conseil municipal décida d’en changer le
nom en celui d’avenue Jean Baptiste Clément.
Jean Baptiste Clément (1836-1903),
chansonnier révolutionnaire et l’un des fondateurs du parti
socialiste en 1880, ancien membre de la commune et maire de Montmartre
en 1871, était né à Boulogne. Fils du meunier du pont de Saint Cloud,
disparu en 1840, il avait quitté son pays natal de bonne heure (!) et
n’y avait pas joué de rôle.
Une tradition assure que la première mairie
de Boulogne au n° 35 - actuel - de cette rue. mais il semble
qu’elle;soit erronée et il y a eu vraisemblablement confusion. Si la
mairie siégea à cet emplacement, ce fut entre 1813 et 1825 durant que
son local antérieur près de l’Eglise fut occupé par le curé qui
l’avait revendiqué. Il est plus certain que la maison qui fait
l’angle avec la rue de La Rochefoucauld fut celle de Pierre Vauthier
maire de Boulogne à quatre reprises entre 1791 et 1814. Le docteur
Jules Bezançon, qui fut maire en 1870-1871, habita la Grande Rue durant
près d’un demi-siècle. L’explorateur Alfred Marche, compagnon de
Brazza, naquit au n° 37 - ancien - en 1844.
Rue Jean Bouveri
Le 12 octobre 1937, le conseil municipal décida
d’attribuer le nom de Jean Bouveri, ancien maire et député
socialiste de Monceau les Mines, à la rue qui devait relier, au long de
l’hôtel des postes alors en construction, le boulevard de la République
à la rue Paul Bert.
Le 23 avril 1936, l’assemblée avait classé
la rue sur une partie de sa longueur. Mais elle n’est en fait qu’un
passage.
Boulevard Jean
Jaurès
Ancien boulevard de Strasbourg.
Chemin départemental N° 2
Du 47 avenue Jean Baptiste Clément au pont de Billancourt.
Longueur: 2400 mètres - Largeur: 18 mètres.
En 1860, la plaine de Billancourt qui
jusqu’alors était incluse dans la commune d’ Auteuil, fut annexée
à la commune de Boulogne. Il s’agissait d’un quartier délaissé
par l’administration éloignée d’Auteuil et dont une grande partie
appartenait au comptoir Bonnard (Naud successeur) qui entreprenait
d’y percer des rues en vue de lotir ses propriétés. Avant même
l’annexion, il avait entrepris l’établissement d’une avenue, désignée
à l’avance avenue du Bois de Boulogne, qui devait relier le futur pont
de Billancourt, alors en projet, avec la route de Versailles et la
route des Princes à leur confluent - aujourd’hui place Marcel Sembat
-. L’intention du lotisseur était de faire de cette avenue une voie résidentielle
soumise à des servitudes de construction analogues à celles du
lotissement de Gourcuff et du Parc des Princes. Le département reprit
le projet à son compte ; l’avenue était à peu près achevée en
1863 en même temps que les ponts de Billancourt.
Dans ce même temps, le conseil municipal de
Boulogne envisageait la construction d’un marché couvert en se
contentant, pour le desservir, d’une courte rue qui aurait relié la
rue des Tilleuls à la rue des Ecoles (Escudier). Il en fut ainsi décidé
en 1860.
L’achèvement de l’avenue qui donnait
accès au pont de Billancourt amena le maire Thieble à envisager de la
prolonger en utilisant la rue de la Saussière qui, en ce temps, allait
de la route de Versailles (Sembat) à la rue de Paris (1862). Il y
aurait eu un hiatus entre la rue de Paris et la rue des Ecoles, mais
aussi entre la rue des Tilleuls et l’Eglise.
Le préfet Haussmann intervint et jugea
qu’une voie unique s’imposait pour relier les communes de la rive
gauche à Boulogne et au Bois de Boulogne. La dépense était évaluée
à 720.000 francs et notre conseil municipal devait y contribuer. En présentant
l’affaire à son conseil le 5 juillet 1863, le maire, non sans humour,
déclara qu’il ne s’agissait pas de reconnaître les avantages de
cette grande et belle avenue mais de trouver les fonds. Heureusement,
ajouta-t-il, cette opération peut entraîner l’inutilité de deux
autres projetées, celle de la rue du Marché et celle du prolongement
de la rue de la Saussière. Il proposa d’offrir les crédits au département,
soit 60000 francs. Le conseil approuva. L’avenue est dite «des Ponts
de Billancourt», ailleurs «du Bois de Boulogne».
Mais, le 14 février 1864, M. Thieble expose
à son conseil que «le Grand Boulevard» va prendre sur son parcours
une partie du futur marché. Il faudra aussi rectifier le tracé entre
la Route de Versailles et le pont, échanger des terrains. Les propriétaires
en veulent de 13 à 16,80 francs le mètre carré. Le conseil reconnaît
que ces prix sont très élevés mais qu’il faut les accepter ; ce
n’est d’ailleurs qu’un avis car c’est le budget du Département
qui paie... Tous ces vendeurs avaient acquis leurs terrains du comptoir
Naud à des prix très inférieurs.
Le préfet Haussmann imposa une
rectification «de manière que l’axe du Boulevard se trouve dans la
direction du point axial du clocher de l’Eglise de Boulogne». Selon
l’arrêté de classement du 13 février 1866.
Un décret du 14 novembre 1866 déclara
l’utilité publique du chemin vicinal de grande communication N° 2 de
Clamart au Bois de Boulogne. Les alignements définitifs ne furent
approuvés que par un arrêté préfectoral du 3 mars 1873.
La voie fut à peu près achevée en 1869
par la démolition de l’immeuble Thibault, Grande Rue, payé 55000
francs plus 16000 francs au locataire, mais la viabilité ne fut terminée
qu’après la guerre. La déclaration de guerre en juillet survint
alors que la fête communale battait son plein et qu’on venait
d’inaugurer le «Grand Boulevard» par une course de vélocipèdes. Le
12 septembre 1870, alors que l’armée prussienne approchait de Paris,
le conseil municipal décidait de la dénommer «Boulevard de Strasbourg»
pour honorer la défense de cette ville.
Le 1er mars 1871, l’armée prussienne qui
avait traversé la Seine sur des ponts de bateaux, passait par la
nouvelle voie pour aller camper dans le Bois de Boulogne en attendant
d’aller défiler sous l’Arc de Triomphe. Elle la parcourait dans
l’autre sens trois jours après pour regagner la rive gauche.
Le boulevard est devenu la voie commerciale
de Boulogne et a remplacé dans cet office l’ancienne Grande Rue. Le
mouvement s’est d’abord dessiné en direction du marché de
Boulogne, qui, en l’espèce, a joué le rôle déterminant. Vers 1900,
les constructions ni les boutiques ne dépassaient guère la Route de La
Reine. Les bâtiments de la Justice de Paix, vers 1908, l’achèvement
de la première partie du Boulevard de la République en 1910, le
mouvement des usines de guerre en 1914-1918, l’ouverture du cinéma «Le
Capitole» en 1920, contribuèrent à accentuer le développement vers
le Sud de cette «Rue du Commerce».
Durant longtemps, elle avait été parcourue
d’un bout à l’autre par un pittoresque tramway dénommé «La
Tortue» ou encore «l’Aquarium» et qu’un seul cheval tirait Son
conducteur abandonnait les rênes et le laissait marcher tranquillement
pour faire sa recette, ou pour chasser les gosses qui grimpaient à
l’arrière. L’animal, dressé par une longue habitude, s’arrêtait
tout seul aux endroits voulus. Inauguré en 1880, ce véhicule
hippomobile dura jusqu’à son remplacement par la traction électrique
en 1912.
Le nom de Jaurès a été donné par une délibération
du conseil municipal du 12 mars 1920, approuvée par un décret du 3
juillet 1920.
A partir de 1930, les constructions garnirent davantage la partie du
Boulevard entre la Seine et la rue du Point du Jour. La liaison entre
cette partie et la place Sembat en tant que développement commercial
est postérieure à la dernière guerre. Aujourd’hui, le commerce
domine le Boulevard dans toute son étendue.
Passage Joannot
Du boulevard Jean Jaurès à la rue des
Tilleuls.
Ce court passage de piétons s’appelait
autrefois sente ou impasse des Chiens, corruption du nom de Pierre
Deschiens, seigneur de Valcourt et autres lieux, qui possédait sous
Louis XIV la grande propriété dite à tort du chancelier d’
Aguesseau. Ce sentier prenait naissance sur la Grande rue, à la hauteur
de la rue d’Aguesseau, laquelle n’existait pas à cette époque, et
il desservait le potager du domaine.
Lorsque fut percée la rue dite plus tard
d’Aguesseau, l’acquéreur de cette partie du domaine,
l’entrepreneur du bâtiment Joannot en reporta l’entrée sur cette
rue (1810) Pour des raisons assez obscures le chemin porta le nom
d’impasse du Tac ou des Chiens, expressions qu’on trouve dans un
acte de vente de 1835, mentionnant que Joannot a vendu une terre «en
marais» (jardin maraîcher) au sieur Chatenay. Un autre acte de 1850
assure qu’il a 91 mètres de long et 3, 248 mètres de largeur ! Le «marais»
fut acquis par la commune en 1853 pour les Ecoles Fessart et le
Boulevard de Strasbourg prit le reste de ce côté.
A l’autre extrémité, il avait été élargi
vers 1840 pour amorcer une rue qu’on dénomma tout d’abord rue du
Tac et qu’on relia vers 1850 à la rue des Tilleuls. Le peu qui
restait de l’impasse devint le passage que nous connaissons et que les
riverains tinrent à conserver.
Rue Joseph
Bernard
Ancien tronçon de la rue Gutenberg.
De la rue Nungesser et Coli à l’avenue Robert Schuman.
Longueur: 120 mètres - Largeur: 12 mètres
Rue Jules Ferry
De la rue de Saint -Cloud à la sente
Deschandeliers.
Longueur: 200 mètres - Largeur: 12 mètres .
Vers 1900, cette rue fut ouverte par le
comptoir Naud sur l’un des derniers terrains qu’il possédait dans
Billancourt. En 1905, M. Naud demanda au maire le classement de la rue
en offrant d’acquérir à ses frais une parcelle qui gênait pour la
prolonger jusqu’à la rue Heinrich. Le maire refusa et accepta
seulement de donner à cette rue privée le nom de Jules Ferry en
l’honneur, non du fondateur de l’école laïque, mais du créateur
de l’Empire colonial Français.
En vue d’appliquer la loi sur les
lotissements, et les voies privées, le maire Morizet, en mai 1923,
convoqua M. Naud et lui demanda de reprendre l’opération, considérant
qu’on ne pourrait classer la rue tant qu’elle se terminerait en
impasse. M. Naud lui répondit que l’affaire ne l’intéressait plus
! Le sol de la rue lui appartenait encore et les riverains, ses acquéreurs,
lui remboursaient les frais d’entretien. Mais ceux-ci s’étaient
engagés à payer à la commune, en cas de classement, les dépenses
supplémentaires pour la viabilité et l’assainissement. La rue était
alors pourvue d’eau, de gaz, et d’égout.
La rue ne fut pas prolongée et s’arrêta
à la sente Deschandeliers. Le conseil municipal la classa le 1er mars
1925 à 12 mètres de largeur. Les riverains payèrent à la Ville 15990
francs, répartis sur 31 têtes.
Place Jules Guesde
Anciennement place Napoléon puis place
Nationale
La société de Gourcuff, en traçant le
plan des voies de son lotissement, en fixa le centre à cet endroit et y
créa une «Grande place» où aboutirent les avenues qu’elle avait établies.
La «Grande place» fut dénommée place Napoléon sous l’Empire et,
à la chute de l’Empire, place Nationale. Celui de Jules Guesde,
fondateur du parti ouvrier socialiste, lui avait été donné par le
conseil municipal le 1er août 1925, ce que le préfet confirma le 8
octobre 1925. On voit ici l’influence des vicissitudes
politiques.
Si la place a conservé ses dimensions
d’origine, son aspect a varié au cours des temps. Jusque vers 1900,
si elle était à peu près déserte l’hiver, alors que le quartier était
totalement résidentiel, elle était la promenade des gens du quartier,
dont beaucoup étaient des «estivants» à la belle saison. La banque
Bonnard, qui lotit Billancourt après M. de Gourcuff, voulant favoriser
la vente de ses terrains, y organisa une fête en 1861 avec envol de
ballon, attraction qui se renouvela à cet endroit jusqu’en 1914. La fête
avait eu lieu à l’occasion de l’inauguration des ponts de
Billancourt.
De 1869 à 1887, un marché
d’approvisionnement se tint sur la place avant d’être transféré
sur la contre allée de la Route de Versailles, puis à son emplacement
actuel. La fête foraine de Billancourt y eut aussi son siège avant
1914. Un petit square avec un bassin central et poissons rouges
embellissait le centre de la place.
L’endroit prit de l’animation
lorsqu’on y fit passer en 1900 le tramway d’ Auteuil à Issy et à
la Porte de Versailles, ce qui dura jusqu’en 1935. Cette animation
s’accentua avec le développement de l’usine Renault qui atteignit
la place durant la guerre de 1914-1918 et, ayant fermé la rue Gustave
Sandoz, put établir là, sa principale porte d’accès. Celle-ci,
depuis, voit des milliers d’ouvriers s’y engouffrer et en sortir
plusieurs fois par jour. A l’époque où le tramway existait, ses
voitures étaient l’objet de véritables prises d’assaut, à la
sortie du soir plus particulièrement.
La place a connu des manifestations du
personnel des usines à maintes reprises, souvent même des bagarres
assez vives, depuis 1918, et il est vraisemblable qu’elle en connaîtra
encore. La sortie des ouvriers en cortège après la grève et
l’occupation des usines en juin 1936 fut un spectacle assez
extraordinaire !
Rue Jules
Henripré
de la rue de la Saussière à la rue
Galliéni.
Longueur: 105 mètres - Largeur: 18 mètres.
Etablie en 1934, lors de l’achèvement de
l’Hôtel de Ville, elle donne accès aux bureaux municipaux. Son nom
lui a été donné par le conseil municipal le 30 novembre 1934 et le préfet
approuva par arrêté du 9 janvier 1935.
Jules Henripré (1853-1934), né à Lille,
se fixa à Boulogne en 1893 et y habita jusqu’à sa mort. Il fut
longtemps secrétaire de la Bourse du travail et chef du parti
socialiste qui le présenta dans des élections à la chambre des députés
(1906) et au conseil général (1900-1906). Il avait été élu au
conseil d’arrondissement en 1896 et le présida un temps. Conseiller
municipal de 1904 à 1912 puis de 1919 à son décès, adjoint au maire,
il fut élu maire en 1922 à la suite de la révocation momentanée de
Morizet et rendit la place à celui-ci à l’expiration du délai de un
an.
Rue Jules Simon
De la rue du Château à la rue Louis
Pasteur.
Longueur: 88 mètres - Largeur: 12 mètres.
Le 6 juillet 1903, M. Frédéric Magisson,
entrepreneur de travaux publics à Paris, 21-23 rue de l’Amiral
Roussin, demandait d’ouvrir une voie de 10 mètres dans sa propriété,
entre la rue du Château et la rue Louis Pasteur. Le 15 septembre 1904,
l’agent-voyer constatait que la viabilité avait été faite avec des
matériaux «aussi usés que possible».
A la suite de la loi sur les lotissements,
la Ville engagea des pourparlers avec les ayant-droit de M. Magisson.
Ces propriétaires estimèrent que le prix de 10 francs par mètre de façade
qu’on leur demandait était trop élevé.
Après la guerre, les locataires protestent
parce que: lors des grosses pluies, les eaux d’égout refluent dans
les cours. On reprend la question de classement.
Le conseil municipal l’accepte le 30
octobre 1926 mais les prix ont changé: il s’agit de 174 francs par mètre.
Le préfet approuva le 1er février 1927.
La rue qui s’était appelée un temps rue
Magisson, fut baptisée rue Jules Simon nous ne savons comment,
probablement par les propriétaires. Le conseil entérina. Jules Simon,
alors farouche républicain, avait été élu député de la banlieue en
1869 et était un peu connu à Boulogne. Son programme ne survécut pas
à son passage au gouvernement.
Rue de Koufra
Du 81 avenue André Morizet à la rue du 6
juin.
Classée par le conseil municipal le 22 février
1951, la rue a été dénommée par lui le 7 avril 1952 pour rappeler un
exploit du Général Leclerc en Lybie contre les Italiens.
Elle a été inaugurée le 22 mars 1953.
|
|