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Ouvrage sous forme polycopiée par la Société historique de
Boulogne-Billancourt et mis en ligne par le Cercle des anciennes familles boulonnaises
Saisie informatique et additifs: M. Maurice Masse
Tous droits de reproduction réservés: Archives municipales de Boulogne-Billancourt
E. Couratier
Les rues de Boulogne-Billancourt
1962
HISTOIRE PAR RUE
Les voies dont le nom figure en caractères italiques n'existent
plus aujourd'hui ou ont changé d'appellation.
N-O-P
Rue Nationale
Du 18 quai de Stalingrad à la place de Bir
Hakeim.
Longueur: 700 mètres - Largeur: 15 mètres.
Cette voie est l’une de celles ouvertes entre 1825 et 1830 par M. de Gourcuff
sur le territoire de l’ancienne ferme de Billancourt. On l’appela d’abord rue de la Chapelle parce qu’elle partait de la Demi-lune -
place de Bir-Hakeim -, où se prouvait une minuscule Chapelle, puis rue ou Route de Billancourt en tant que prolongement de la rue
(actuelle) de Billancourt et aussi parce qu’elle était au centre du lotissement. Lorsque Billancourt eut été annexé à Boulogne, la Commune se trouva à la tête de trois rues portant ce même nom: les deux ci-dessus plus la rue actuelle du Point du Jour. Il fallut en débaptiser deux. Celle dont nous parlons fut appelée rue Napoléon - comme la
place qu’elle traversait -
(15 janvier 1865).
La gloire ne dure pas. En 1870, Napoléon perdit son trône et, par ricochet, son nom au coin des rues. La rue et la
place Napoléon devinrent «Nationale». Plus tard, on débaptisa la place mais la rue est restée «Nationale».
En fait, elle était encore une voie privée lorsque, en 1885, son propriétaire, le comptoir Naud, en remit le sol aux riverains en leur laissant le soin de l’entretenir. Après un médiocre effort en ce sens, le syndicat des propriétaires de Billancourt préféra en charger la Commune et demanda le classement de la rue. Conformément au règlement, les riverains durent la mettre au préalable en état de viabilité. Dans sa demande le syndicat insiste sur la nécessité de conserver les arbres et sur l’utilité de cette voie qui conduit au ponton des Bateaux-Parisiens. Il ne s’agissait que de la partie entre la
place et la Seine. Les propriétaires refusent de payer un géomètre qui avait établi pour eux plans et devis. Il y eut litige en justice. Le classement fut fait par le conseil municipal le 23 novembre 1887 et par le préfet le 22 avril 1889.
La seconde partie de la rue, entre la place Nationale et la
place de l’Eglise, ne fut classée que par délibération des 12 octobre 1898 et 3 mai 1899 ainsi que par un arrêté préfectoral du 5 août 1899. Les textes indiquent une largeur de 15 mètres. Un plan de 1836 mentionnait 20 mètres vers la Seine.
Au n° 50 de la rue, derrière l’Eglise, il a existé de 1855 à 1942, une école libre de filles fondée par le banquier Delahante - l’un des fondateurs de la Banque de Paris et des Pays Bas -
(Le Cours Sévigné), qui fut détruite, comme l’Eglise au bombardement du 3 mars 1942.
Cette belle avenue, jadis très champêtre et bourgeoisement habitée (jusqu’en 1914) est aujourd’hui presque purement industrielle.
Rue Nungesser et Coli
De la rue Marcel Loyau au boulevard d’ Auteuil
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Territoire de la Ville de Paris.
Cette voie, qui va de la rue du Vélodrome au Boulevard d’Auteuil, forme la limite des communes de Boulogne et de Paris, et se trouve comprise sur le territoire de cette dernière. Cette limite des communes a été fixée en 1925 par un décret qui décida de réunir l’ancienne zone militaire au-delà de la fortification à la capitale, dont la largeur moyenne était de 300 mètres.
Construite en 1928, elle a été dénommée par le conseil municipal de Paris le 29 mars 1929 pour honorer la mémoire des aviateurs morts en voulant traverser l’Atlantique.
Elle intéresse la commune de Boulogne du fait que, si la voie elle-même est parisienne, les maisons se trouvent sur le côté Boulogne et ses habitants sont donc nos concitoyens, l’autre rive étant constituée par les stades parisiens.
Parmi ses habitants, figurent ou ont figuré, l’urbaniste Le Corbusier, les acteurs Jean Murat, Alice Cocéa, etc...
Rue de l’Ouest
Du 53 route de La Reine au 70 rue
Galliéni.
Longueur: 235 mètres - Largeur: 10 mètres.
Etablie pour délimiter le nouveau cimetière et classée par le conseil municipal le 15 octobre 1857, on l’appela d’abord Boulevard de l’Ouest
(par rapport au cimetière) parce qu’on se proposait de le continuer jusqu’à la Route de Versailles (C.M. - 13 mai 1860), projet ajourné faute de ressources et abandonné en 1868 en raison de la construction du Grand Boulevard
(Jean Jaurès).
Lors de la mise en service du cimetière en 1860, certains demandèrent de reporter son entrée sur la Route de La reine pour éviter que l’Empereur ne vit plus les convois de son château de Saint Cloud.
Rue de la Paix
De la rue de Paris à la rue de Verdun.
Longueur: 67 mètres - Largeur: 15 mètres.
Cette rue, comme la rue de Verdun, fut établie par les héritiers de la marquise de Verdun pour faciliter la vente de leurs terrains. Elle figure sous ce nom dans l’état de sectionnement de 1831. Il semble qu’on lui ait donné ce nom par allusion à la conservation de la paix après la révolution de 1830 qui avait fait craindre un conflit international. Une délibération de 1835 attribue à la rue 8 mètres de largeur. On y fit des trottoirs en 1852 ; La première crèche de Boulogne, oeuvre privée présidée par Madame Escudier et qui portait le nom de Notre Dame, y fut ouverte en 1868 et y demeura jusqu’en 1880. Très éprouvée par le bombardement du 3 mars 1942, la rue a été élargie mais on a renoncé à y faire la «mail»
qui avait un moment été projeté.
Rue du Parc
De la rue de la Tourelle à la rue du Commandant Guilbaud.
Longueur: 35 mètres - Largeur: 10 mètres.
Comme la rue actuelle des Princes, cette voie n’est autre que l’ancien chemin de ronde intérieur du Bois de Boulogne. Le plan de lotissement du Parc des Princes de 1855 la désigne sous les noms de rues X et L. La branche montante L longe alors le fossé de la fortification de Paris et se trouve sur la zone militaire. Elle sera alors désignée sous le nom de Route des Fortifications, simple sentier qui ne sera jamais aménagé. Une partie de la rue X sera aussi dans ce cas, à l’exception du petit bout qui subsiste. Le reste, soit la presque totalité, a été annexée en 1925 par la Ville de Paris et a disparu dans l’aménagement de nouvelles rues.
Place du Parchamp
65 mètres sur 55 mètres
Lorsque la Confrérie des Pèlerins de Boulogne sur Mer obtint du roi Philippe V le Long l’autorisation d’élever une Eglise au Village des Menus, elle possédait un terrain pour cet usage. L’abbesse de Montmartre, Jeanne de Repenti, seigneur du lieu, consentit à «amortir»
cette pièce de terre, c’est à dire à l’exonérer du cens et autres droits féodaux à perpétuité. Sa lettre indique que la superficie de la terre est de 5 arpents, mais elle ne précise pas la contenance de l’arpent à cette époque.
(probablement 3419 mètres carrés).
L’église fut construite entre 1320 et 1330 et entourée d’un cimetière. Sur le reste du terrain, il y eut une maison pour le curé avec son jardin. Il est probable qu’à la belle époque du pèlerinage il y eut aussi d’autres constructions telles que des hôtelleries et des boutiques. mais, au XVIIème siècle, après les ruines des guerres, Boulogne, réduit à 300 ou 400 habitants au plus, se cantonnait dans les Menus. L’église se trouvait au milieu d’un désert, comme il apparaît sur la gravure d’Israël Silvestre, qui date de 1660 ou 1670.
Le calme rétabli, la population augmente et de belles propriétés bourgeoises viennent encadrer l’Eglise et sa place, en accaparant d’ailleurs d’anciens chemins. C’est ainsi que par un acte du 4 juillet 1720, l’abbesse de Montmartre concède au notaire parisien Perichon
«une place vuide et vague appelée communément le Petit Parchamp»
d’une superficie de 105 perches, soit un peu plus d’un arpent, soit environ 3600 mètres carrés selon la mesure locale de l’époque. Il s’agit d’une vente pure et simple consentie au prix de 1000 livres. On a demandé l’approbation de l’assemblée du village - sans doute un peu forcée -. Cette cession ne paraît pas très conforme au voeu des donateurs de l’an 1320 et de l’abbesse Jeanne dont plus tard on invoquera la sainteté et l’irrévocabilité...
La propriété appartint plus tard aux Rendu et aux Escudier. Elle est aujourd’hui comprise dans l’Institution Notre-Dame.
En 1757, les marguilliers, en énumérant les biens de l’Eglise, mentionnent les cinq arpents
«donnés»
par les Dames de Montmartre sur lesquels il y a «L’église de
Notre Dame de Boulogne, le cimetière, la petite chapelle de Sainte Gemme, sans titre ni revenu, les deux maisons du maître et de la maîtresse d’école, le presbytère et une maison dépendante de la
ditte Eglise... Le surplus des dits cinq arpents occupé en une grande place communément appelée Le Parchamp, qui sert de chemin au public et ne peut être d’aucune
utilité». En réalité, les dits «cinq arpents»
provenaient bien d’un don mais des membres de la Confrérie parisienne de 1320 et ils n’étaient plus intacts. La Confrérie avait disparu en 1694 et sa charge avait été reprise par l’assemblée des habitants.
Les maisons d’école avaient été édifiées en 1730 et 1745 ou environ, au long du cimetière. elles subsistèrent jusqu’en 1862, rafistolées et modifiées de temps à autre.
La révolution posa le problème de la propriété. Ces «cinq arpents»
furent considérés comme biens ecclésiastiques et devinrent biens nationaux.
L’ église fut sauvée, vraisemblablement parce qu’elle avait été rendue au culte après avoir été temple de la Raison puis de l’Etre Suprême. La date exacte de cette restitution nous est inconnue, mais en se basant sur la loi et sur ce qui se fit dans les communes avoisinantes, on peut admettre qu’elle eut lieu en 1795 ou à peu près. Le presbytère fut vendu et il en fut de même pour la
place du Parchamp et les Ecoles (19 Messidor An IV - Jeudi 7 juillet 1796) pour
7.296 francs. Il y eut une violente opposition des habitants qui ne réussit qu’à retarder la régularisation. La commune dut louer les bâtiments d’école aux acquéreurs et ensuite les payer ainsi que la place elle-même. Il s’en fallut de peu que l’opposition de créanciers ne rendit le rachat impossible. La commune ne devint propriétaire régulier qu’en 1818. Cependant, les écoles avaient été rouvertes en 1803 et le maire Pance, en 1805, l’avait fait nettoyer et planter, au milieu d’un enthousiasme général. Son compte-rendu est d’une éloquence assez grandiloquente.
Le cimetière fut supprimé en 1807. Son emplacement, après un temps d’attente, servit de cour de récréation aux écoles. De temps à autre on exhumait des corps, ca qui sans doute distrayait les écoliers ou servait de leçon de philosophie.
Un ancien logement de vicaire devint mairie à une date inconnue, sans doute depuis le rétablissement de la Commune et du conseil municipal (1800) mais sûrement pas avant, et ceci jusqu’en 1813, date où le curé la reprit comme habitation. La mairie ne put y revenir qu’après avoir acheté un presbytère pour le curé
(1824). Elle y demeura jusqu’en 1845.
La place du Parchamp servait aussi de lieu d’ exercices et de revues pour la Garde Nationale instituée en 1789. On l’appelle d’ailleurs
«place d’Armes»
en 1830. Cette armée communale, qui compta plus d’un millier d’hommes en 1870, fut réunie sur la
place pour la dernière fois en avril 1871, par le maire Docteur Bezançon, qui lui demanda de se prononcer pour ou contre la Commune de Paris. La majorité des gardes fut hostile à l’adhésion
Au cours du XIXème siècle, le conseil municipal discuta plusieurs fois de l’aménagement de la
place. Les acacias de 1805 furent remplacés en 1844 par des tilleuls. On avait parlé un moment
(1832) de l’encadrer de 50 bornes en pierre reliées par des chaînes de fer, puis en 1877 d’y placer une fontaine monumentale et enfin en 1902, un jardin fleuri. mais on l’utilisait pour la fête foraine et pour un marché découvert, outre son emploi militaire, et les choses sont restées en l’état - à part la démolition des écoles en ruines en 1862, au moment de la rénovation de l’Eglise. A cette époque, la «Fabrique»
revendiqua la propriété de la place en arguant du don de 1320. Mais l’Archevêché ne suivit pas.
Rue du Parchamp
Du 32 bis avenue Jean - Baptiste Clément au 2 rue des Menus.
Longueur: 280 mètres - Largeur: 10 et 12 mètres.
Sous l’Ancien Régime les rues et les chemins portaient des noms purement usuels, parfois modifiés, et certains en portaient même plusieurs en même temps ! Ainsi, la rue actuelle du Parchamp, dans les actes du prévôt et les actes notariés des XVIIème et XVIIIème siècles, est désignée quelquefois sous l’appellation d’autres rues ou chemins qui y conduisaient ou dont elle était un prolongement. Le contexte ne permet pas toujours de s’en apercevoir. On la nomme ainsi: rue des Menus, rue de l’Abreuvoir, ou plus fréquemment, rue de la
Procession.
Vers 1810, le nom semble fixé. Ainsi, des délibérations du conseil municipal mentionnent que le maire a pu faire paver entièrement la rue du Parchamp grâce aux souscriptions des propriétaires, coût: 1258 francs. En réalité, il ne s’agissait que d’un caniveau au milieu de la rue pourvu d’un pavage de 1, 20 mètre de largeur. En 1833, une liste indique qu’on trouve dans la rue du Parchamp, la Cour Sans Pain, l’Impasse du Parchamp, l’Impasse du Pressoir. Il n’est pas dit qu’il s’agit d’autant de cours des miracles.
Mais quatre ans après, le conseil municipal ne connaît plus cette rue ; il est dit, le 5 mai
(1837):»La rue de l’Abreuvoir commence à la rivière et se termine au-delà de la
place du Parchamp en face de la rue de Longchamp ; la rue de la Procession commence à ce point et se termine Grande Rue». Cette résurgence d’un vague passé ne dure pas. En 1840, l’architecte Compoint présente un devis pour établir une «chaussée bombée «dans la rue du Parchamp qui coûtera 3150 francs.
Il n’y aura plus d’autre avatar. Il y aura même un agrandissement. Le 6 février 1881, le conseil municipal présidé par M. Liot, en proie à une violente crise d’ anticléricalisme, annexe l’ancienne rue de la Procession à la rue du Parchamp.
Un peu avant, en 1877, on avait élargi le rue à sa jonction avec la rue de l’Eglise, en acquérant une partie de la propriété Bardou, dont le reste était occupé par la gendarmerie. En 1881, la décision de porter la largeur à 10 mètres exige une dépense de 180400 francs. Le principal morceau est l’immeuble Bosselet qui vaut 77000 francs mais qui menace ruine. Il y avait eu un maire de ce nom, de 1821 à 1829, ancien boulanger et grand acquéreur de biens nationaux.
La rue du Parchamp, dans sa partie proche de la rue des Menus, possède encore des maisons quelque peu lépreuses. Dans l’une d’elles, - au n° 12 bis -l’ancienne Cour Sans Pain, existe encore l’ancien puits communal des Menus, recouvert d’une grossière et bizarre maçonnerie
(!). Un éboulement a montré récemment des trous d’anciens souterrains. Il y a quelques 50 ans, les enfants y pénétraient. On ne sait trop de quoi il s’agit, probablement d’une communication avec l’ancienne Seigneurie d’avant 1789 qui se trouvait de l’autre côté de la rue des Menus. On peut rêver d’un
château fort qui aurait défendu les Menus contre les anglais, les navarrais, voire les Jacques ou les Bourguignons, peut-être les Ligueurs, ou les soldats d’ Henri III ou d’Henri IV? Aucun texte ne le mentionne. Mais l’histoire a oublié tellement de choses de ce genre ! Ce qui est certain, c’est que la soldatesque a passé par là entre 1346 et 1594 un grand nombre de fois et y a fait des ravages. Il y a peut-être des découvertes archéologiques à faire dans l’endroit. Jusqu’à présent, à Boulogne, on n’a exhumé, comme choses anciennes, que des ossements de mammouths datant de quelque 100, 200, ou 300000 ans. Evidemment les choses plus récentes paraissent négligeables.
Rue de Paris
Du 6 Route de La Reine à la place Rhin et Danube.
Longueur: 1010 mètres - Largeur: 10 et 12 mètres.
Nous ne connaissons le nom de cette voie que sous celui de «Vieux Chemin de Paris»
lorsque la construction de la Route de La Reine (1786) le rendit à peu près sans utilisation. On fait du vieux assez rapidement, même en matière de voirie, ce qui nous laisse perplexe sur l’ancienneté de ce chemin. Il est tout au moins sûr qu’il n’avait jamais été le chemin de Paris à Boulogne, attendu qu’à cette date, le village de Boulogne, en tant qu’agglomération, ne descendait pas si bas. Il ne pouvait être que le chemin de Paris à Saint Cloud. Peut-être remontait-il à des temps très anciens, c’est même très probable. Toutefois, en 1786, il était déjà fort délaissé du fait que depuis un siècle la route de Saint Cloud, construite vers 1660, passait par la Grande Rue et l’Eglise de Boulogne. Un plan antérieur à la
Révolution le dénomme aussi chemin des Princes, sans doute parce qu’il menait à la Porte des Princes
(Rond point Victor Hugo). Admettons donc, sans pouvoir le prouver, que ce chemin avait relié Parie à Saint Cloud, en dehors du Bois de Boulogne, depuis l’origine de Saint Cloud - laquelle remonte aux temps préhistoriques ou au moins
gallo-romains -.
Avant 1790, ce «Vieux Chemin de Paris» ne traversait la Seigneurie de Boulogne que sur un très faible parcours: de la rue de Billancourt à notreavenue Victor Hugo A gauche on était sur Saint Cloud, à droite sur
Auteuil (en allant vers Paris).
La partie clodoaldienne devint Boulonnaise en 1790. Toutefois, l’Hospice de Saint Cloud continua à y posséder des terrains et notamment ceux de l’ancienne Maladrerie, qui remontait à 1189 ou avant. L’Hospice concédait ses terres par emphythéoses de 99 ans. Un de ces «emphythéotes», nommé Pigache, argua de l’inutilité du vieux chemin et proposa au maire Vauthier de l’acquérir. Il s’en suivit un litige qui dura de 1808 à 1822 et se termina par un accord entre les maires de Saint Cloud et de Boulogne, Silly et Bosselet.
Il y avait déjà des buanderies dans cette rue et d’autres s’y établirent ensuite, d’un bout à l’autre.
En dehors des questions d’élargissement et d’alignement, d’aménagement de la viabilité, la rue de Paris ne fit pas parler d’elle au cours du XIXème siècle. Elle avait été jadis en dehors de la circulation locale, mais le percement de plusieurs voies qui la traversèrent, la relièrent avec ce qui fut jusque vers 1900 le centre de Boulogne.
En 1908, elle fut rejointe par la Rue du Château et la partie proche du Rond-Point devint un fragment d’un chemin départemental venant de la Porte Molitor. L’endroit constitue d’ailleurs un goulet d’étranglement fort gênant qu’il sera difficile de faire disparaître.
Le bombardement du 3 mars 1942 fit de graves dégâts près de la rue de la Paix et de nombreuses personnes
(130) trouvèrent la mort dans l’écroulement de l’immeuble du n° 119 et aux environs. On supposa que l’aviation anglaise avait voulu atteindre l’usine de l’Air Liquide, laquelle, depuis plus d’un demi-siècle, a causé beaucoup d’émotions dans le quartier par son indésirable présence.
Rue Paul Bert
Ancien chemin des Aveugles.
Du 138 avenue Edouard Vaillant à l’ avenue André Morizet.
Longueur: 410 mètres - Largeur: 12 mètres.
Un acte de partage de terres de 1779 mentionne le lieu-dit «Les Aveugles». Il n’est pas impossible qu’il ait existé un sentier à l’époque, mais nous l’ignorons. Un chemin est figuré sur le cadastre de 1825. Un peu plus tard, il figure sur la liste des chemins vicinaux sous le nom de Chemin des Aveugles, allant du chemin de la Pyramide à la Route de Versailles avec une largeur, plus souhaitable que réelle, de 8 mètres. Au-delà il y a une sente qui se prolonge vers la rue d’Aguesseau.
Le 14 août 1852, le conseil municipal décida de fermer cette sente, étroite et tortueuse, refuge de malfaiteurs et de vagabonds. Mais il n’en fut rien.
L’histoire du classement de cette rue est curieuse par sa durée et ses
difficultés. Le classement dans la voirie publique fut décidé par le conseil municipal le 17 mai 1857, entre la rue de la Plaine
(Galliéni) et la Route de Versailles. L’opération s’acheva en 1929, 72 ans après. Entre temps, le conseil municipal avait été renouvelé 15 ou 20 fois. On ne peut dire que nos édiles n’eurent pas de suite dans les idées...
La cause des difficultés provint uniquement de quelques riverains bien décidés à tirer un bénéfice de l’opération et à se refuser à toute dépense. Ce fut surtout le fait des entrepreneurs de carrières qui craignaient fort d’être obligés de contribuer à l’entretien de la rue qu’ils étaient à peu près les seuls à dégrader, d’une façon assez pitoyable.
En 1860, le conseil municipal lui donne le nom de rue des Aveugles ; en 1886, en renouvelant la décision de classement, celui de rue Paul Bert. Paul Bert, savant physiologiste, avait été un protagoniste de l’Ecole laïque obligatoire et un ennemi acharné de l’Eglise avant d’aller mourir à Hanoï comme résident général.
Un rapport de l’agent-voyer, toujours en vue du classement, constate en 1901 que la rue Paul Bert a une largeur de 5 mètres entre la Route de Versailles et la rue Carnot et qu’elle se continue par une sente tortueuse de 2 mètres jusqu’à la rue de la Plaine. Il dit qu’elle est ouverte à la circulation depuis plus de 30 ans, mais que l’absence d’empierrement et d’entretien en interdit l’usage aux voitures suspendues. Il assure qu’on a dû fermer la rue Carnot pour obliger les propriétaires à entretenir la rue ; en réalité, c’était surtout un conseiller influent, Vacherot, qui voulait empêcher les carriers d’abîmer la rue Carnot, où il habitait. Le 28 février 1904, le conseiller Carré conte à ses collègues l’histoire des projets de classement La rue est devenue «pour ainsi dire propriété populaire» mais les propriétaires n’ont jamais voulu céder le terrain pour l’élargir. Aujourd’hui
(1904) tous acceptent la largeur de 12 mètres - sauf deux -. On vote encore le classement et le préfet approuve. Mais le conseil refuse d’exproprier les récalcitrants et les choses en demeurent là.
En 1910, on cherche une entente avec le lotisseur Cacheux, possesseur de la Villa des Tilleuls. Il répond qu’il se désintéresse de la question, et qu’il cherche à liquider ses biens de Boulogne «où il n’a eu ici que des ennuis et des pertes d’argent». Puis en 1912, on vote le prolongement jusqu’à la rue de La Plaine. La guerre survient....
La loi sur le classement d’office des voies privées permet finalement d’aboutir. Un arrêté du préfet du 30 mai 1929 classa la rue dans sa totalité.
L’extrémité de la rue, assez inutile en raison de l’avenue Morizet, a été déclassée en 1951, en vue de l’agrandissement du square.
Rue Paul Constant
De l’ avenue André Morizet à la rue Jules
Henripré.
Longueur: 73 mètres - Largeur: 20 et 30, 40 mètres.
La rue a été classée par le conseil municipal le 12 novembre 1932.
Elle a reçu le nom de Paul Constans, maire socialiste de Montluçon de 1899 à 1926, mort en 1931, par délibération du 29 avril 1935 approuvée par le préfet le 12 juillet 1935. La proposition en avait été faite par l’adjoint Forichon, qui avait été conseiller municipal à Montluçon avant 1914.
Rue du Pavillon
Du rond-point André Malraux à la rue de la Tourelle.
Longueur: 260 mètres - Largeur: 12 mètres.
Il se peut que ce pavillon ait été l’ancienne maison des gardes de la Porte des Princes qui subsista jusqu’en 1856 ou un peu après. Cette voie fort tranquille devint un peu animée en 1900 par le passage bruyant du tramway qui, de la Porte d’Auteuil, allait rejoindre le
pont de Billancourt. En ce même temps, on projetait de la prolonger directement à la Porte Molitor. La dépense aurait été élevée, mais on se proposait de l’atténuer par le jeu d’une taxe de plus-value prévue par la loi de 1807 et jusqu’alors à peu près inappliquée.
A son origine, une belle maison dite le Belvédère abrita dit-on, les amours du duc de Morny, frère utérin et adultérin de Napoléon III. Plus tard, l’institution Morel de Fos y eut son siège.
Comme habitants plus ou moins célèbres, citons:
Delamarre, directeur de journaux et banquier du temps de l’Empire ; le sculpteur Moreau-Vauthier ; l’aviateur Détroyat dont la maison, alors que le propriétaire était emprisonné, fut la résidence de plusieurs ministres ; le coureur cycliste Gérardin ; l’acteur Albert Préjean.
Rue Peltier
De l’ avenue Desfeux à la rue des Quatre Cheminées
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Longueur: 54 mètres - Largeur: 15 mètres
.
René Emile Peltier, né à Nantes en 1820, mort à Paris en 1895, avait fondé en 1853, rue du Vieux Pont de Sèvres, alors commune d’Auteuil, la fabrique qui porta longtemps le nom de
«Boite à poudre»*
(Carnaud). Il possédait une belle propriété dans la même rue dont il céda une partie l’année de sa mort
à la commune en vue d’y établir un marché. L’accord prévoyait aussi le percement de plusieurs rues. L’une d’elles prit son nom par délibération du 9 juin 1897, après avoir été classée le 30 avril 1896. Le nom de Peltier fut approuvé par décret du 17 août 1897 comme s’il s’agissait d’un hommage public *. En fait, il ne résultait que du désir de l’auteur. M. Peltier, qui avait cédé son usine vers 1885 à son associé Paillard, avait été élu, il est vrai, conseiller municipal de Boulogne - d’opinions très conservatrices et nullement républicaines - en 1871.
* (La boite à poudre était en fait celle des fusils Chassepot.)
Rue de la Pépinière
Route nouvelle des Princes.
Du boulevard d’ Auteuil à l’ avenue de la Porte d’ Auteuil.
Cette voie a vraisemblablement été établie après 1873, lorsque l’entrée du Bois de Boulogne fut reportée du boulevard d’Auteuil à la porte nouvellement créée qui reçut le vieux nom de
porte des Princes — la porte actuelle. Durant un quart de siècle elle ne traversait qu’une lande à peu près abandonnée dite «le fond des Princes» et qu’on finit par clore pour y installer une annexe de la pépinière de la Ville de Paris.
En 1913, le conseil municipal de Boulogne eut l’intention de la raccorder avec la rue Moisson-Desroches (rue Max Blondat). Un propriétaire demanda pour son terrain 150 francs du mètre carré. Un décret d’utilité publique fut pris le 23 janvier 1914 en vue de l’expropriation, mais la guerre enterra le projet définitivement.
Avec le «Fond des Princes», la rue, propriété privée de la Ville de Paris, a été annexée à celle-ci en 1925. Elle a reçu le nom de route des Princes. On observera que ce nom a été jusqu’en 1885 celui de l’avenue Victor Hugo.
Rue Petibon
De la rue de Montmorency à la rue
Mahias.
Longueur: 39 mètres - Largeur: 17 mètres
.
Cette voie faisait partie du groupe de rues établies par M. Lemoine et qu’il céda à la commune en même temps que le terrain destiné à la construction de la Salle des Fêtes par convention approuvée par le conseil municipal le 30 mars 1894 et par le préfet le 29 avril 1895. Elle fut ouverte en 1895.
Dénommée rue C dans la convention, elle reçu le nom de Petibon «Bienfaiteur de la Ville 1838-1904»
par délibération du conseil municipal du 8 janvier 1905, et par décret du 7 février 1905. François-Joseph Petibon, né et mort à Boulogne, fils d’un adjoint du temps de l’Empire, avait été conseiller municipal, et s’était fait remarquer par ses querelles avec le maire Liot en 1879-1880 et son hostilité envers les soeurs de l’Asile des Vieillards, qu’il aida à faire revenir en 1895. Il avait dirigé de façon assez indépendante la «Gazette de Boulogne». Il habitait au 13 rue de l’Eglise où il mourut en 1904 après avoir légué 150000 francs au bureau de bienfaisance.
Les terrains entre les rues Petibon (future) et Tisserand étaient restés la propriété de M. Lemoine. La Commune les lui racheta en 1899 en vue d’y construire un groupe scolaire. La municipalité suivante y renonça et les revendit en 1906.
Rue des Peupliers
Du 39 quai du Point du Jour à l’ avenue Edouard Vaillant.
Longueur: 660 mètres - Largeur: 10 et 12 mètres.
Il semble qu’il ait existé autrefois une sente menant du chemin de Billancourt (rue du Point du Jour actuelle) au sentier de halage bordant la Seine et peut-être était-elle bordée de
peupliers.. Dans ce cas, le comptoir Bonnard n’aurait fait que l’élargir vers 1855-1860 pour ses lotissements en la prolongeant jusqu’à la rue du Vieux Pont de Sèvres. Avant 1870, il existait dans l’endroit une fabrique de produits chimiques et une teinturerie, outre des chiffonniers et des «ravageurs de Seine»
qui lui assurèrent longtemps une certaine réputation de pittoresque qui ne devait rien au cinéma.
Comme il n’existait aucun chemin convenable entre la limite de Paris et le
pont de Billancourt
(le quai ne fut construit qu’en 1893), le conseil municipal envisagea de la prolonger jusqu’à la Route de Versailles et même jusqu’à la Route de La Reine. En attendant, il se contenta de voter une indemnité de 120 francs par an aux sieurs Martin et Lallaye pour qu’ils consentissent à laisser traverser leur propriété aux piétons, de 6 heures du matin à 9 heures du soir en été, de 7 à 8 en hiver. Ce passage était à droite de la rue actuelle, vers Paris
(30 mai 1876).
Le 25 février 1878, une pétition demandait le prolongement jusqu’au quartier de «la Queue du Bois», c’est à dire jusqu’à la rue de La Tourelle. Il s’ensuivit plus tard le percement de la rue Henri Martin.
Le 15 août 1880, le conseiller Clolus, qui possédait non loin une usine renommée pour ses mauvaises odeurs, faisait voter un accord avec M. Bonnefoy qui, moyennant 35 francs par an, acceptait de livrer un passage de 2, 40 mètres, qui remplacerait l’ancien et que la commune fermerait par deux portes, en recevant elle-même 35 francs par an. Le même Clolus rapporte que ce passage débouche chez un marchand de vins
«Aux limites de la zone», 11 Route de Versailles, lequel, malgré les 120 francs, le ferme souvent. Il a l’inconvénient de coûter aux ouvriers qui l’empruntent le traditionnel verre de vin de
«péage».
On rediscute en même temps du prolongement vers l’impasse du Chemin Vert
(rue Henri Martin).
En janvier 1887, une pétition de 410 signataires affirme que la rue établie par la société Naud, successeur de Bonnard est
«dans un tel état de délabrement que tous les ans, à pareille époque, il est très difficile et dangereux pour les voitures et les chevaux d’y
passer». Le syndicat formé il y a deux ans n’a rien fait. Or il y a maintenant des usines importantes qui emploient plus de 180 ouvriers. La rue sert aussi à des industriels pour
«transporter des marchandises qu’ils reçoivent par
eau». Il y passe journellement environ 1000 piétons, tant habitants qu’ouvriers des usines, et plus de 40 voitures... La voie a 12 mètres de largeur. Le 21 février 1887, le conseil municipal, ému, décide de classer la rue. Mais il s’arrête là.
Pour changer, il reprend la question du prolongement le 12 février 1888 parce que le propriétaire a fermé le passage, puis encore d’autres fois. Le maire expose que
«le quartier dit du Point du Jour dans lequel se trouvent les principales usines de Boulogne, est habité par une population ouvrière de plus de 2000 personnes, obligées de faire plusieurs fois par jour un long détour pour se rendre à leur travail. Depuis plus de 20 ans, les administrateurs communaux ont reconnu la nécessité de donner un débouché à cette partie importante de la commune en reliant la rue des Peupliers à la Route de
Versailles». On vote 57510 francs. Le 24 février 1889, il est décidé de mettre les frais de premier établissement à la charge des riverains, conformément à la décision de principe de 1865 qu’on remettra en vigueur. Le préfet classe cette section le 30 septembre 1889 et on décide les travaux le 16 octobre 1889.
Le 20 juin 1890, le conseil discute et accepte la proposition de MM. Quillet, Rouif, Boeuf, Jacotin, et Ladet, qui offrent de céder à la Ville le terrain de la partie entre la rue du Vieux Pont de Sèvres et l’avenue des Moulineaux, en contribuant à la viabilité. La rue est classée par le préfet le 18 décembre 1890.
Même décision du conseil le 1er février 1892 pour la partie jusqu’à la rue du Point du Jour, approbation le 18 décembre 1892.
Les riverains de la dernière portion obtiennent le classement de la partie entre la rue du Point du Jour et la Seine «ouverte depuis longtemps à la circulation»
le 6 octobre 1892, approbation du préfet le 13 avril 1894. Le quai était achevé à ce moment.
Notons que la rue des Peupliers eut longtemps une autre utilité en conduisant au ponton des «Bateaux Parisiens»
de la station «Peupliers» qui exista jusqu’à la guerre de 1914.
Avenue Pierre Grenier
Ancienne avenue des Moulineaux.
Chemin départemental n° 101.
Du pont de Billancourt à la porte de Saint Cloud.
Longueur: 1160 mètres - Largeur: 20 mètres.
En 1860, le village de Billancourt, peuplé de moins de 1500 habitants et rattaché jusqu’alors à la commune d’Auteuil, fut annexé à la commune de Boulogne, encore que celle-ci, peu désireuse de faire les frais d’aménagement de ce quartier, n’ait nullement souhaité ce cadeau.
Mais en ce temps, les transformations de Paris rejetaient sur la banlieue beaucoup de gens et d’industries et Billancourt était le siège principal d’un lotisseur très actif, le banquier Bonnard, à qui succéda son gendre Naud, qui étendait son entreprise sur Issy et Clamart.
Le comptoir Bonnard s’intéressa à la construction des ponts à péage que réalisa à ce moment l’ingénieur Legrand et, pour donner une issue à ces ponts il entreprit l’établissement des nouvelles voies qui portent aujourd’hui les noms de Jean Jaurès et de Pierre Grenier.
Le préfet de la Seine Haussmann, en raison de l’importance de ces projets, qu’il devait approuver, s’y intéressa activement. Le maire et le conseil municipal de Boulogne rechignaient pour payer une quote-part de la dépense en arguant que leur commune était moins intéressée que celles d’Issy et de Meudon en raison de «l’exportation de leurs produits vers Paris», mais l’impérieux préfet imposa à Boulogne une contribution de 40.000 francs sur un total de 340.000 francs pour «l’avenue de Meudon». Il est probable que le Prince Napoléon dit «Plon-Plon», cousin de l’Empereur, qui résidait au Château de Meudon et au Palais Royal, s’était intéressé aussi à l’affaire. Notre conseil municipal acquiesça le 13 juillet 1862.
La Commission Départementale faisant fonction de Conseil Général, classa la voie comme chemin de Grande Communication de Paris à Meudon le 17 février 1863. Elle fut ouverte effectivement l’année suivante.
Un arrêté du maire du 18 septembre 1868 donna à «l’avenue de Meudon», nom officieux jusqu’alors, le nom d’avenue des Moulineaux. Elle demeura à peu près veuve de constructions, bordée de terrains vagues ou maraîchers et de carrières, jusqu’à l’ouverture du cimetière en 1889, ce qui ne lui donna qu’une animation bien spéciale aux abords de celui-ci. Une ligne de tramways électriques la parcourut dès 1900 avec un trafic fort
restreint. L’usine Salmson débuta à proximité du pont en 1912, et grossit démesurément durant la guerre.
tramways un groupe de 1.000 logements et, en 1932, la municipalité ouvrit en face les écoles Ferdinand Buisson. L’avenue devint dès lors plus vivante.
Le 24 août 1944, le groupe de résistants constitué dans les H.B.M. arrêta là la marche d’une colonne allemande ; durant le combat, un jeune héros de 17 ans, Hofberger, fut tué d’une balle au front devant la porte de l’école.
L’avenue a pris le nom de Pierre Grenier, fusillé en 1942 par les Allemands pour avoir organisé l’évasion en zone non occupée de prisonniers évadés, par délibération du conseil municipal du 23 octobre 1944.
Rue des Pins
Du 21 rue Denfert - Rochereau au boulevard d’’Auteuil.
Longueur: 190 mètres - Largeur: 12 mètres.
Comme toutes les rues du Parc des Princes, sauf l’avenue Victor Hugo, cette rue date de la création en 1855. Elle a pris son nom de la plantation de pins faite après 1815 pour reboiser cette partie du Bois de Boulogne. Le Bois avait été dévasté par les armées alliées venues
à Paris après Waterloo. Quelques pins subsistent encore, sans doute les descendants des premiers.
Cette rue bien tranquille ou l’allée qui la traverse ont été habitées par nombre d’artistes comme Chagall, Lifschitz, Mictschaninoff et aussi Gabriel Voisin.
Ne parlons pas des indésirables de 1940-1944.
Dans cette rue donnent diverses allées également fort tranquilles et notamment l’allée du même nom, où habitaient lors de leur mariage (1942) Jean Louis Barrault et Madeleine Renaud.
Quai du Point du Jour
Chemin départemental n° 1.
De la limite de Paris au pont de Billancourt.
Longueur: 1400 mètres - Largeur: 16 mètres.
L’ancien chemin de halage n’est devenu Quai que tardivement et sa construction a marqué l’achèvement du chemin de Grande Communication n° 39 de Paris à Saint Denis, qui avait été commencé en 1855 par celle du boulevard de l’Empereur, aujourd’hui Quai du 4 septembre. Le travail venait d’être conduit jusqu’au
pont de Billancourt lorsque le Conseil Général décida, en 1887, de le poursuivre jusqu’à la limite de Paris. Le 14 avril 1889, notre conseil municipal votait une contribution de 100000 francs. Il était achevé en 1892 mais le génie militaire s’opposait à la modification de la fortification et il fallait emprunter un escalier pour passer de la banlieue dans la capitale. Comme la Commune réclamait en 1895, le préfet répondait qu’elle n’avait qu’à payer. Il est vrai qu’en fait la ligne des quais s’arrêtait là et ne se prolongeait pas dans Paris. Le Quai d’Auteuil ne fut construit que vers 1908. La Porte de Billancourt avait été modifiée entre temps
(1901).
Le nom de Quai du Point du Jour a été donné à l’endroit par notre conseil municipal le 29 juin 1892. Le quartier du Point du Jour, en réalité, se trouvait pour la plus grande partie dans Paris et non dans Billancourt.
Avant même sa transformation en quai, l’ancien chemin de halage avait connu une vie assez mouvementée
En 1861, dès la réunion de Billancourt à Boulogne, une pétition d’industriels avait demandé et obtenu la construction d’une rampe de tirage à 400 mètres en aval des fortifications, au droit de la rue de la Petite Arche. Jusqu’à la construction du quai, elle fut utilisée constamment et elle contribua à attirer à ses abords, vers 1868-1872, différentes usines qui devinrent importantes comme la fabrique de produits chimiques Billaut-Billaudot et la fabrique de moulures Jeanson.
Un genre tout différent se développa sur le chemin. En 1867, à l’occasion de l’Exposition universelle, une société Lyonnaise avait créé sur la Seine un service de bateaux omnibus qui eut beaucoup de succès et, après divers avatars, fonctionna régulièrement jusqu’en 1914. Le siège de la compagnie se trouvait sur la berge d’ Auteuil et l’embarcadère-débarcadère qui y fut établi amena une grande foule à certains jours et aussi l’installation d’une sorte de foire permanente. Le concert populaire «des Bateaux Parisiens»
eut une grande vogue à cet endroit avant que la construction du quai en 1908-1910 l’eut obligé à se transporter au boulevard Exelmans.
Dès la fin de l’Empire, le Point du Jour était devenu un lieu de promenade des Parisiens et surtout des parisiens en goguette. Le mouvement, après 1871 et les destructions de la guerre et de la Commune, se porta aussi en dehors de la fortification, sur le chemin de halage de Billancourt. Il s’installa à cet endroit une foule de guinguettes avec des tonnelles où les promeneurs dégustaient des moules et des frites. Plusieurs de ces établissements eurent une certaine célébrité et notamment le gymnase Bonnaire, fondé en 1873, où les appareils étaient en plein air. On y chantait et on y dansait comme à Nogent. La construction du quai en 1892 ne détruisit pas ce pittoresque bon enfant qui a laissé des traces dans les écrits de quelques poètes.
A vrai dire, ce pittoresque de la Belle Epoque était quelque peu équivoque. Dans la journée du Dimanche, il s’agissait d’une foule de promeneurs tranquilles, amusés
(et exploités) par les joueurs de bonneteau qui avaient fait du quai leur lieu favori de rendez-vous. Mais certains autres jours, l’animation était quelque peu différente. En ce temps, certains ouvriers faisaient encore «le lundi»
et venaient là pour boire. Il y avait aussi des gens du milieu et leurs dames. Et puis en face, dans l’île se trouvait le bal du Petit Robinson ou du Ballon en Pierre. Le
pont n’existait pas et on s’y rendait en bateau. Le genre, tout au moins à certains moments, avait été à l’origine d’une expression maintenant oubliée
«prendre du Moulino» qui dit bien «ce qu’elle veut dire», surtout si on ajoute que, parmi les poètes qui chantèrent le Point du Jour, il y eut Verlaine et Jean Lorrain. A la tombée de la nuit, il ne faisait pas bon s’attarder sur le quai. Le «coup du Père François»
s’y pratiquait, avec cette particularité, disait-on, que l’individu était jeté à l’eau et repêché - mort - pour permettre à son «sauveteur»
de toucher la prime...On attribuait ces attaques aux «Ravageurs de Seine»
des environs, mais la plupart, en fait, vivaient de travaux moins sanguinaires.
Le restaurant de la famille Meunier date de cette époque, «La Belle»
assure-t-on, et a survécu au temps où son propriétaire assurait le passage dans l’île. Emile Meunier, au contraire des mauvais ravageurs, sauvait les gens avant leur mort et il fonda d’ailleurs la Société des Sauveteurs Mariniers, outre celle des Joutes Parisiennes. Son école de natation dura jusqu’en 1939.
Le quai du Point du Jour avait pris aussi un caractère industriel sur certains points.
Outre les fabriques Jeanson et Billaut, la fabrique de sulfate d’ammoniaque de la compagnie Richer, après 1870, qui «travaillait»
les vidanges de Paris, avait pris l’habitude de rejeter en Seine l’excédent de ses «produits», ce qui, durant un demi-siècle, fut un scandale permanent en même temps que la principale cause de maintes épidémies à une époque
(la Belle) où les habitants de Boulogne buvaient de l’eau de Seine non filtrée
(avant 1893) où très mal filtrée (après 1893) .
L’usine de l’Emaillerie Parisienne Odelin, qui employa 300 personnes, vint là en 1892 ; elle avait été construite avec des pierres de démolition du Château de Saint Cloud . vendue en 1940 à Renault pour agrandir son usine de la S.M.R.A.
(société moteurs Renault aviation), c’est depuis 1945, un établissement de la S.N.E.C.M.A.
Gabriel Voisin construisit des avions au n° 34 du quai en 1908-1912, avant de passer à Issy les Moulineaux. Renault commença à acquérir une grande partie des propriétés en bordure de quai dès 1914 pour y construire «L’Usine O»
où il a fabriqué avions et moteurs. L’importance de cette usine justifia son bombardement en 1943 par l’aviation Américaine: le 3 septembre toutes les bombes allèrent tomber sur les maisons d’Auteuil où elles firent de nombreuses victimes, mais le 15 septembre, le tir mieux réglé, détruisit l’usine presque sans faire de victimes. Nous allions oublier de noter qu’en 1918 une bombe d’avion
ou un obus de la Bertha était tombé sur une maison près de la rue des Peupliers: cas presque unique à Boulogne durant la guerre de 1914-1918.
(Pour la petite histoire: un obus de la Bertha tomba au carrefour de la rue de Bellevue et de la rue Michelet - trois autres obus tombèrent à hauteur de la
porte de Saint Cloud, à moins que ce ne soit en 1870-1871, ce qui justifie le nom d’un café-restaurant qui existe toujours «Aux Trois Obus», nous a déclaré son
propriétaire).
En ce qui concerne le bombardement de 1943, notons un fait très épisodique mais fort symptomatique. Nos voisins Parisiens, qui avaient contemplé sans grande émotion et même avec une satisfaction patriotique les bombardements de Boulogne, s’émurent lorsque les bombes atteignirent le quartier d’Auteuil, peuplé de gens influents. Dans la nuit du 3 septembre 1943, le maire du XVIème renvoyait les cadavres à la mairie de Boulogne en prétextant que cette affaire regardait son collègue et non lui ! Les gens influents intervinrent en haut lieu, et le commandement allemand donna l’assurance que l’Usine O ne reprendrait pas ses fabrications. Mais aucune assurance de ce genre n’avait été donnée et ne fut donnée pour les autres usines de Renault....
Signalons encore quelques dates: le cimetière a été ouvert en 1889, quelques ironistes le baptisèrent le «cimetière aquatique»
en assurant qu’il serait sous les eaux. En 1898, la compagnie des omnibus construisit une usine pour la fabrication de l’air comprimé nécessaire au fonctionnement de ses tramways ; devenue dépôt et atelier de réparations de tramways, l’usine a été cédée au Département de la Seine qui y fit construire en 1930-1932 le groupe H.B.M. de 1000 logements qui fut une belle réalisation en son temps, due surtout à Henri Sellier. L’usine d’ Electricité remonte à 1918. Les «Studios de Billancourt»
(P.S.C.) qui furent d’abord locataires de l’industriel Niepce et de la compagnie des vidanges Grandel, sont venus là en 1924 et débutèrent par un film tiré de Dumas, dont les acteurs et figurants se répandaient en troupes et en costumes dans les restaurants des environs. En août 1944, les allemands de l’île tirèrent quelques coups de canon sur les H.L.M. et des F.F.I. furent tués sur le quai.
Le quai du Point du Jour est toujours une belle voie grâce à la rivière et aux arbres qui garnissent encore l’île Saint Germain - menacée de disparition
(écrit en 1962)* - mais l’animation y est un peu trop grande du fait de la circulation automobile, qui en fera une simple autoroute dans quelque temps.
*(L’île Saint Germain est désormais un parc départemental remarquable, ouvert au public.)
Rue du Point du Jour
De la porte du Point du Jour à la place Jules Guesde.
Longueur: 1240 mètres - Largeur: 12 mètres.
Il existait de temps immémorial un chemin venant d’
Auteuil qui, passant par le fief Baudoin et la ferme de Billancourt, allait atteindre la Seine à la hauteur de l’ancien
pont de Sèvres. Ce chemin était vraisemblablement aussi ancien que la Ferme, donc très antérieur au
pont de 1684. Il subsista tel quel, touchant à la Route de Versailles par ses deux extrémités, jusqu’au jour où la société de Gourcuff, après avoir acquis la ferme de Billancourt en 1825, traça de nouvelles voies en supprimant la partie médiane du chemin ci-dessus qui traversait son domaine. Le tronçon terminal subsista qui prit le nom de rue du Hameau et fut plus tard accaparé par la société Renault. Quant à la partie antérieure, la société de Gourcuff modifia son tracé dans la limite de ses possessions de façon à la faire aboutir à la «Grande
place» (place Jules Guesde) et, plus tard, le prolongea jusqu’à la Rue de l’Ile. Les propriétaires du quartier, fort peu nombreux d’ailleurs, protestèrent, mais, par un accord passé avec le maire d’ Auteuil, la société de Gourcuff accepta la suppression de l’ancien chemin contre la remise de quelques-unes des nouvelles rues.
Ainsi modifié, le chemin dénommé comme devant chemin de Billancourt prenait naissance à la Route de Versailles, vers l’emplacement du marché actuel du Point du Jour, et se terminait à la Rue de l’Ile, aujourd’hui supprimée. La partie entre le dit marché et le Boulevard Jean Jaurès correspond exactement au chemin des siècles passés. En 1860, Billancourt fut annexé à Boulogne. Pour éviter une confusion avec une autre voie, le chemin fut baptisé en 1863: Rue du Point du Jour. Dans Paris, il conserva le nom de rue de Billancourt jusqu’au jour où on lui donna le nom du musicien Claude Terrasse.
La voie traversait la fortification de Paris depuis 1841 par une porte dite du Point du Jour, célèbre par l’entrée de l’armée de Versailles dans Paris en 1871 à l’issue de l’insurrection de la commune.
En 1834, le chemin vit s’installer au fief Baudoin le dépotoir de la future Compagnie Richer qui rendit le quartier presque inhabitable durant près d’un siècle.
Tout au contraire, celui de l’ancienne Ferme était résidentiel et interdit à l’industrie et aux carrières. Sur le fief Baudoin, ces carrières rendirent la rue presque impraticable entre 1870 et 1900.
Vers 1875, la rue, qui n’avait guère que 4 à 5 mètres de largeur à son confluent avec le Boulevard de Strasbourg, fut élargie. La compagnie Naud céda gratuitement 944, 78 mètres carrés et un supplément moyennant 4 francs le mètre carré en faisant remarquer qu’elle vendait normalement ses terrains de 8 à 15 francs le mètre carré.
La partie entre la place Nationale et la Rue de l’Ile, qui était une voie privée, fut aménagée par un syndicat de propriétaires que dirigeaient MM. Gustave Sandoz et Damiens. Sandoz était un joaillier très connu. Le maire Liot accepta en 1891 de donner son nom à cette partie de la rue, mais son successeur fit enlever les plaques. Le conseil municipal décida de classer la rue le 30 mai 1905, et lui rendit le nom de Gustave Sandoz. Le préfet approuva le 14 septembre 1905.
Dans cette rue avait pris naissance la Société Renault qui y eut longtemps son siège. Ayant acquis toutes les propriétés riveraines; elle ferma la rue Gustave Sandoz, en obtint la concession en 1920 et la vente en 1928.
La partie maintenue de la rue du Point du Jour fut coupée de façon gênante en 1910 parle Boulevard de la République. Des usines importantes s’y établirent à ce moment et grandirent durant la guerre de 1914-1918: Salmson, Niepce, Gambin. En 1925, la Ville de Paris annexa l’extrémité de la rue située sur la zone militaire.
L’Usine Salmson, après divers avatars, disparut en 1956. Sur son emplacement, le Comptoir National du Logement a édifié de grandes constructions qui ont fait beaucoup de bruit avant leur achèvement et rendu fâcheusement célèbre le nom de Point du Jour. Notons qu’en réalité, la Point du Jour «historique»
est un quartier d’ Auteuil et que les usines Salmson en étaient assez éloignées. Notre rue du Point du Jour, jadis de Billancourt, y conduisait mais n’y touchait que vers l’ancienne fortification. Les actes notariés mentionnent encore parfois le vieux nom de fief Baudoin d’avant 1789.
Rue du Port
Du 126 avenue Jean - Baptiste Clément au quai du 4 septembre.
Longueur: 220 mètres - Largeur: 15 mètres.
De toutes les voies publiques anciennes de Boulogne, celle-ci est la seule dont nous puissions donner exactement la date de naissance. En 1694, Pierre Deschiens, seigneur de Valcourt et autres lieux, céda un terrain à 28 blanchisseurs pour établir un chemin qui leur servirait pour aller laver à la rivière. Au siècle suivant, la communauté des habitants racheta aux héritiers Deschiens la rente que les blanchisseurs devaient leur payer à perpétuité en place du capital et le chemin devint commun à tous les habitants bien qu’il fut situé jusqu’en 1790 sur le territoire de la seigneurie de Saint Cloud. Des buanderies s’y établirent et certaines accaparèrent un excédent de terrain. Il s’ensuivit un procès qui prit fin en 1813 lorsque l’Etat mit la main sur les biens communaux.
Entre temps, un abreuvoir et un petit port s’étaient formés à l’extrémité du chemin, dans une anse de la rivière, et la rue fut appelée indistinctement de ces deux noms ; ce qui, dans les papiers d’archives, cause quelque confusion avec notre rue de l’Abreuvoir. Finalement le second nom l’emporta et fut «stabilisé»
par le conseil municipal.
En raison de sa position en descente sur la Seine, cette rue fut toujours sujette aux inondations et de plus elle recevait les eaux venant de la Route de la Reine et de la Grande Rue
(avenue Jean Baptiste Clément). En 1845, le conseil municipal demandait la construction d’un
«aqueduc» ou égout souterrain. C’est l’origine de notre premier réseau d’égouts ébauché sur ces deux voies par le Département en 1848-1849.
En 1852, un véritable port avec perré fut construit au bout de la rue débouchant sur le chemin de halage. La rue du Port fut son unique accès.
En 1856, on construisit le Boulevard de l’Empereur (Quai du 4 septembre) qui enjamba la rue par un pont. Les voitures se rendant au port passèrent sous le pont. On déchargeait surtout du charbon
(Port de M. Guibourg).Un abreuvoir pour les bêtes avait été établi sur un côté du pavage. La grande inondation de 1910, après beaucoup d’autres, transforma la rue en canal ; de même en 1924. On décida de relever le niveau de la rue mais l’existence du pont rendait la chose difficile. La construction du nouveau
pont de Saint Cloud, commencée en 1937, a fait disparaître le port et l’utilité de la rue. L’aménagement de la tête du
pont de Saint Cloud devrait entraîner l’aménagement de celle-ci.
Avenue de la Porte d’Auteuil
Territoire de la Ville de Paris.
Le vieux village des Menus, avant la construction de l’Eglise au XIVème siècle, relevait de la paroisse d’Auteuil. Il paraît que durant longtemps subsista l’habitude des habitants de se rendre à l’Eglise d’Autheuil en cortège pour la messe de Noël. De telles relations supposent l’existence d’un chemin qui, selon toute vraisemblance, correspondait à l’avenue actuelle. Ce chemin traversait le bois de Boulogne et ses extrémités se trouvaient aux Portes dites De Boulogne et D’ Auteuil. Il figure sur les anciens plans. Le décret de 1811 le classe Route Départementale n° 30 - plus tard n° 29 et enfin n° 3 - de Paris à Boulogne par Auteuil. Il fut durant très longtemps le moyen de communication usuel des gens de Boulogne avec Paris ; mais la nécessité de traverser le Bois de Boulogne, alors fermé la nuit, gêna fort les blanchisseurs aussi bien que l’octroi qu’il fallait subir doublement. En 1873, seulement la limite du Bois fut reportée à son emplacement actuel avec un saut de loup en bordure.
En 1924, le conseil municipal de Boulogne lui donna le nom de Boulevard Anatole France. mais, l’année suivante, le Bois de Boulogne fut annexé à Paris et, peu après, le conseil municipal de la Capitale dénomma la routeavenue de la Porte d’Auteuil
(28 décembre 1929) en précisant qu’il s’agit de la route «qui traverse le Bois de Boulogne». L’aménagement de la place de la Porte d’Auteuil fut fait la même année
(1929) et la route fut rehaussée. On fit pour cela un travail considérable en déplantant et replantant sur place de vieux arbres.
L’avenue longe le «Fleuriste de la Ville de Paris»
ouvert en 1897, la Pépinière et le stade. L’origine de ce stade remonte à l’époque 1900 alors que des amateurs jouaient au football sur ce terrain dépourvu de tout aménagement. Il a été construit en dur vers 1930 et, entre autres usages, a servi de lieu d’internement des suspects durant la guerre de 1939-1940. L’écrivain Koestler en parle dans un livre.
(Pour mémoire précisons que le stade «Roland Garros» longe cette
avenue).
Rue des Princes
De la rue de la Tourelle au rond-point André Malraux.
Longueur: 220 mètres - Largeur: 15 mètres.
Cette rue a usurpé un nom qui était celui de notre rue
Denfert-Rochereau avant 1864. Dans l’ancien Bois de Boulogne, il n’y avait là qu’un chemin de ronde intérieur, pour la surveillance, de la largeur d’un sentier. En 1855-1856, le préfet Haussmann fit dessiner des rues dans le Parc des Princes en vue de le vendre par lots. On utilisa le sentier et on l’élargit, toujours à l’intérieur du Parc car le mur ne fut pas démoli, et on donna à la rue la lettre G. Les propriétaires du Parc baptisèrent eux-mêmes les rues. Celle-ci reçut le nom de rue des Princes uniquement parce qu’elle aboutissait à la Route des Princes
(rond-point Victor Hugo). Il ne pouvait y avoir confusion avec la vieille rue des Princes du fait que celle-ci se trouvait sur le territoire de Boulogne et la nouvelle sur celui d’Auteuil. En 1860, a lieu l’annexion et la commune de Boulogne se trouve à la tête de deux rues de même nom. Lorsqu’il s’agit de classer les voies du Parc des Princes dans la voirie urbaine, le conseil municipal de Boulogne conserve le nom à la nouvelle rue et, sans souci de la «hiérarchie historique»
change le nom de l’ancienne.
La Ville de Paris était demeurée propriétaire du mur, lequel n’était pas mitoyen, en interdisant aux riverains même le droit de vue. Cependant en 1872 elle autorisa la démolition pour permettre la prolongation de la rue de la Tourelle. Les propriétaires «extérieurs»
purent construire mais on leur imposa le respect des servitudes du Parc des Princes.
La Commission du Vieux Paris a demandé récemment que la rue fut appelée rue des Princes de Conti pour rappeler le souvenir de l’apanage de ces Princes qui auraient été à l’origine du nom du Parc des Princes. Mais en réalité ces princes n’ont jamais eu d’apanage ou de droit de chasse dans ce quartier de l’ancien Bois de Boulogne ; Ils y ont chassé avec le roi et comme d’autres princes, ni plus ni moins. Il s’agit d’un texte mal interprété qui ne dit rien de tel, et ce souvenir est imaginaire.
Rue de la Procession
Voir aussi à la rue du Parchamp.
Le nom de rue de la Procession du Saint Sacrement se trouve dans les papiers d’avant 1789, ainsi en 1641, et 1720, sans qu’on puisse démêler s’il
s’agit du chemin qui reliait jadis le hameau des Menus à l’église d’Auteuil avant la construction de l’église de Boulogne (1320). Son nom est significatif encore qu’il soit bien certain que les processions devaient parcourir toutes les voies de l’ancien village et non celle-ci seulement.
Elle changea sans doute de nom sous la
Révolution, nous ne sommes pas sûr qu’elle prit celui de rue de l’Egalité. Ultérieurement la rue de la Procession va simplement de la Grande
rue à la rue de Longchamp. Sous le second Empire, le préfet Haussmann crée l’avenue de Longchamp
(avenue
Charles de Gaulle), ce qui entraîne la démolition et la reconstruction du presbytère situé à l’angle de la rue. Peu après, il invite le maire à faire disparaître une saillie qui réduisait la largeur de la rue à 2 mètres en face de la propriété de l’ancien maire Ollive. Le conseil municipal estime la dépense trop élevée, et il n’acceptera que lorsque le préfet lui aura assuré un secours de
20.000 francs sur l’octroi de banlieue pour l’aider à payer la dépense de
56.000 francs (1865). L’année suivante, la propriété Ollive est acquise par les soeurs de Saint Joseph. Cette propriété avait appartenu à la marquise de Forcalquier qui, suivant Pierre de Nolhac, fut un moment agréable au roi Louis XV. A l’autre bout de la rue habita le prince-abbé de Lorraine, cousin de Marie-Antoinette et prélat mondain qui y mourut en 1787: il n’avait pas eu la curiosité de voir la Révolution. La propriété a subsisté jusqu’en 1933 et a été remplacée par la rue de la France Mutualiste.
Le 6 février 1881, le conseil municipal, qui venait d’interdire les processions, décide d’annexer la rue de la Procession à la rue du Parchamp,
«pour effacer le souvenir de la superstition»...
Rue de la Pyramide
Du 149 rue de Billancourt au 27 rue Paul Bert.
Longueur: 153 mètres - largeur: 12 mètres.
Le 4 février 1834, des vignerons de Saint-Cloud s’engageaient à céder à la commune de Boulogne pour l’établissement d’un chemin, une superficie de 39 perches 1/3, ou 1344 mètres carrés, au prix de 15 francs la perche - soit 44 centimes le mètre. M. de Rothschild cède aussi 14 perches, vraisemblablement l’emplacement d’un tombeau qu’il entretenait et que nous supposons être celui de soldats étrangers morts durant l’occupation de 1815.
L’indication «chemin de la Pyramide»
figure sur un document de 1837, et sur l’état des chemins ruraux de 1856. Le nom provient sans doute d’une borne qui se trouvait encore en 1905 à l’angle de la rue Paul Bert. Son origine remontait à la décision prise par le conseil municipal en 1832 de fixer de telles bornes pour empêcher les empiétements des riverains, très fréquents à l’époque.
La rue ne fut classée dans la voirie urbaine que le 7 juillet 1907 avec approbation du préfet du 17 octobre de la même année.
En prolongement de la rue, il existait depuis longtemps une sente de 3 à 4
mètres de largeur, propriété des riverains dont l’un M. Cacheux, possédait le «Champ aux vaches»
qu’il voulait transformer en lotissement. Il voulut aussi faire de la sente une rue mais il dut se contenter de clore sa propriété. La sente n’est devenue rue qu’après constitution d’un syndicat d’office en application de la loi de 1912 ; Le conseil municipal décida le classement le 17 décembre 1935. Les travaux coûtèrent 230000 francs, avancés par la commune et remboursés par les riverains en 10 ans.
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