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Ouvrage sous forme polycopiée par la Société historique de
Boulogne-Billancourt et mis en ligne par le Cercle des anciennes familles boulonnaises
Saisie informatique et additifs: M. Maurice Masse
Tous droits de reproduction réservés: Archives municipales de Boulogne-Billancourt
E. Couratier
Les rues de Boulogne-Billancourt
1962
HISTOIRE PAR RUE
Les voies dont le nom figure en caractères italiques n'existent
plus aujourd'hui ou ont changé d'appellation.
Q-R-S
Rue des Quatre Cheminées
De la place Marcel Sembat au 152 rue du Vieux Pont de Sèvres .
Longueur: 220 mètres - Largeur: 10 mètres.
Vers 1750, le chemin qui servait aux princes venus de Versailles ou de Meudon pour aller chasser dans le Bois de Boulogne fut déplacé à son origine sur l’ancienne Route de Versailles et devint une large avenue qui conduisait en ligne droite à la Porte des Princes en continuant à porter le nom de Chemin ou Route des Princes. La vieille Route de Versailles est devenue la rue du Vieux Pont de Sèvres. Cette origine se trouvait à une «demi-lune»
qui est aujourd’hui la place du Marché (de Billancourt) . En 1808, la décision fut prise de déplacer la route et de reconstruire le
pont de Sèvres. Lorsque l’opération fut terminée, l’ancienne route fut déclassée, et il en fut de même de la partie de la Route des Princes se trouvant entre ces deux routes
(Décision Ministérielle du 2 décembre 1825) . Cette partie fut réduite à la largeur de 10 mètres et le surplus de largeur fut cédé aux riverains. Cette mesure contraria certainement M. de Gourcuff qui venait de commencer l’aménagement de Billancourt et, considérant que la Route des Princes était la voie d’accès de son lotissement, avait percé dans son prolongement une belle avenue de 15 mètres de largeur à qui il donna d’ailleurs le nom de Route des Princes. C’est aujourd’hui nos rues Victor Griffuelhes et de Meudon.
En 1851, le Conseil Général des Bâtiments civils émit l’avis que la largeur devait être portée à 12 mètres «attendu qu’elle fait suite à l’avenue des Princes», mais le conseil municipal de Boulogne, l’année suivante, affirme que
«vu son peu de longueur, 10 mètres sont bien suffisants». Ce raisonnement assez mesquin triompha.
Quant au nom, il est assez énigmatique. Nous trouvons le
nom «Quatre cheminées» comme «lieu-dit» dans une délibération du conseil municipal de 1822 qui se plaint de l’éloignement de la gendarmerie, logée en cet endroit en 1812. Or, la gendarmerie se trouvait au carrefour des deux routes, c’est à dire vers l’emplacement du Marché de Billancourt, depuis 1812, sans doute pour surveiller le trafic de la Route d’Espagne. Elle y demeura jusqu’en 1828. En tant que rue, le nom se voit en 1835 sur un texte officiel. Mais il apparaît que l’on s’était trompé et qu’il n’y avait jamais eu de «quatre cheminées». En 1903, le conseiller Carré demanda la rectification du nom qui aurait dû être, selon lui: «rue des Quatre Frères Cheminaie». De fait on trouve deux gendarmes de ce nom sur les registres de l’Etat-civil au temps de la restauration. Mais cela n’en fait que deux ! et le mystère ne sera jamais éclairci. Il se peut que les deux frères gendarmes aient été à la tête de quatre
cheminées.....
La rue des Quatre Cheminées, comme la Route des Princes, sépare les communes de Boulogne et d’Auteuil de 1790 jusqu’à 1860. En 1858, il existait au Hameau des Quatre Cheminées, côté Auteuil, un dépôt de pain appartenant à un boulanger d’Auteuil, Pattey, que la police fit fermer parce qu’il ne payait pas ses cotisations à la caisse de la boulangerie.
En 1900, on fit passer dans cette rue étroite et très utilisée les jours de marché le tramway d’Auteuil au
pont de Billancourt par la place Nationale. Les riverains survivants doivent se souvenir du bruit de ferraille de ce véhicule qui subsista jusqu’en 1935.
(Ligne n° 32)
Quai du Quatre Septembre
Ancien boulevard de l’ Empereur puis
boulevard du Quatre Septembre.
Chemin départemental n° 1
Du pont de Saint-Cloud au boulevard Anatole France .
Longueur: 1300 mètres - Largeur: 20 mètres.
En 1855, la Ville de Paris, alors administrée souverainement par le préfet Haussmann venait d’annexer au Bois de Boulogne toute la plaine de Longchamp et s’occupait de l’aménager et d’y créer des accès.
Le 24 juillet de cette année, le maire de Boulogne Thieble lisait à son conseil municipal une lettre du préfet l’informant de son intention d’établir au long de la Seine un chemin de grande communication qui devait devenir une des avenues de l’hippodrome en projet et «acquérir une grande importance». Ce chemin devait remplacer le sentier de halage en fort mauvais état et à peu près inutilisé, mais en même temps il supprimait l’abreuvoir et le
port quelque peu primitif, qui subsistaient encore à l’extrémité de la rue de l’Abreuvoir.
Le conseil municipal ne pouvait qu’acquiescer. Le 26 janvier 1856, le préfet prenait un arrêté classant le chemin n° 39 en lui attribuant une largeur de 30 mètres, dont un isolement de 10 mètres à l’intérieur des propriétés. Il s’agissait, en effet, de donner à cette voie un caractère «impérial», analogue à celui de la zone aristocratique qu’on constitua aux alentours du Bois de Boulogne, d’autant mieux qu’elle avait aussi pour objet de constituer le passage de l’Empereur et de sa cour entre sa résidence d’été de Saint Cloud et l’hippodrome de Longchamp.
Il fallut procéder à des acquisitions de terrains considérables. La moyenne des prix payés fut d’environ 6 francs le mètre carré. Ces terrains n’avaient eu jusqu’alors d’accès direct que par la rue des Abondances ou quelques rares voies transversales. Les terrains en excès furent revendus après achèvement des travaux à des prix à peine supérieurs. Ainsi en 1860, un 15ème lot de 1880 mètres carrés est revendu 12000 francs, un 18ème lot de 1177 mètres carrés: 8600 francs. En 1861, on traite avec Radot: il reçoit le terrain
(4860 mètres carrés) pour 11820 francs mais il devra payer l’établissement de la grille ornementale et renoncer à son établissement industriel
(blanchisserie et chantier de bois) moyennant une indemnité de 11500 francs. Le dernier propriétaire fut mis en demeure en 1864 d’avoir à faire connaître s’il .voulait acquérir la zone devant sa propriété.
Le Chemin n° 39, appelé aussi boulevard de l’Hippodrome, se trouve dénommé boulevard de l’Empereur dans une délibération du conseil municipal du 15 juin 1856. Le terme était parfaitement adéquat puisqu’il n’avait été créé que pour le service du souverain et par son ordre.
Mais Sedan et la République survinrent. Le 12 septembre 1870, le conseil municipal le dénomma boulevard du 4 septembre. En 1873, des riverains, peu amis de la République, demandèrent qu’on l’appelât boulevard de la Seine, mais le conseil municipal qui, pourtant, était monarchiste en majorité, n’osa pas accepter. L’appellation Quai du 4 septembre, en place de Boulevard, résulte d’une délibération du 20 juin 1892.
Napoléon III aurait rendu souvent visite à sa dernière bonne amie Marguerite Boulanger dans une propriété qui appartint plus tard à la famille Esnault-Pelterie et qui fut occupée, en 1940-1944, par un général d’une toute autre origine. A côté habita le constructeur de dirigeables Henri Kapferer, qui avait été, comme Robert Esnault-Pelterie, un des premiers aviateurs Français. Plus près du
pont de Saint Cloud, se trouvent les magnifiques Jardins Albert Kahn, établis à partir de 1893 par un curieux homme, banquier et visionnaire. Ces jardins ont été acquis en 1935 par le Département de la Seine. A l’autre extrémité, le Parc Rothschild, qui borde le quai sur une grande distance n’y a cependant aucun accès
(autre que de service).
Les arbres de cette belle promenade ne datent que de 1876. Lorsqu’on les planta, les propriétaires riverains protestèrent parce qu’on les privait du superbe panorama de la Seine et des Coteaux de Saint Cloud. Depuis la construction de l’autoroute et le développement de la circulation automobile, la promenade a beaucoup perdu de son charme Durant un certain temps pas très éloigné, elle était aussi utilisée par des promeneuses pour un commerce supposé agréable où l’automobile jouait un rôle mi-public mi-discret.
(La création du Département des Hauts de Seine amena quelques changements importants: les Jardins Albert Kahn devinrent propriété du nouveau Département ; quant au Parc Rothschild, il est désormais propriété de la Commune de Boulogne, ouvert au public sous le nom de Parc de Boulogne - seul le château reste «en
perdition», celui-ci restant une propriété privée.
L’ancienne piscine inutilisée «au fil de l’eau»
de l’ A.C.B.B. à proximité de la rue de l’Abreuvoir a laissé place à une base de nautisme également de l’
A.C.B.B.
Enfin, un pont de biais, remarquable réalisation de béton armé, entre le
pont de Saint Cloud et la passerelle de l’Avre, assure à l’aide d’un viaduc et d’un souterrain la liaison entre l’autoroute de l’Ouest et le Boulevard Périphérique.)
Rue de la Queue du Bois
Ce nom évocateur s’appliquait jadis à un lieu-dit au sud de l’ancienne porte des Princes et la rue du même nom porte aujourd’hui celui de rue de Paris pour la partie entre l’avenue Victor Hugo et la route de La Reine.
Après la réunion de ce territoire à la commune de Boulogne en 1860, il fut la première voie de l’ancien Auteuil à être aménagée. Sa largeur fut portée à 12 mètres, on la pava et on la dota de trottoirs pour un coût de 18.856 francs.
Les riverains, qui estimaient le nom trivial, demandèrent son changement, ce à quoi un arrêté du maire du 15 janvier 1865 consentit.
Route de la Reine
Pendant un temps dénommée avenue de la
République.
Route nationale n° 307
De la porte de Saint Cloud à la place Rhin et Danube.
Longueur: 1700 mètres - Largeur: 31, 20 mètres.
En 1785, la reine Marie-Antoinette acquit du duc d’Orléans le château de Saint Cloud. C’était la première fois qu’une reine de France éprouvait le besoin de posséder une résidence distincte de celle de son mari et un conseiller le souligna bien haut en plein Parlement. Cette coûteuse fantaisie contribua à aliéner à la reine une popularité dont la perte contribua fortement à la sienne en l’amenant jusqu’à l’échafaud. Jusqu’alors, les ducs d’Orléans s’étaient contentés d’utiliser la Grande
rue de Boulogne pour leurs relations avec la capitale. Marie-Antoinette voulut une communication plus directe et fit construire la
route actuelle (1786) . Elle n’eut pas le loisir de l’utiliser beaucoup. La Cour, éloignée de Versailles par les émeutes d’octobre 1789, vint passer la belle saison à Saint Cloud en 1790 Ce fut la dernière fois pour la reine et son soliveau de mari.
Nous ignorons si la route fut construite à l’aide de corvées. Celles-ci, un instant supprimées par Turgot, avaient été rétablies et leur suppression définitive par Calonne ne fut effective qu’en 1787. Mais nous savons que les entrepreneurs de la Route ne se gênèrent pas pour trouver des matériaux ; ils creusèrent des carrières au beau milieu des chemins avoisinants qu’ils ne rétablirent pas. Des doléances à ce sujet se prolongèrent plus de 30 ans.
La route passait au travers de champs où il n’y avait alors aucune habitation et elle n’amena aucune construction, sauf deux ou trois résidences d’été, avant le premier Empire. La plus belle maison fut celle du bijoutier à la mode
(sous le Directoire) Foncier, qui appartint ensuite à la famille du Charnois, puis au maire Sciard. Une autre,
plus récente et qui ne remonte qu’à la Restauration, était celle du banquier anglais Cunningham, et après lui de M. Dobelin, qui fut maire de Boulogne de 1864 à 1870, et enfin de M. Hersent. Celle qui servit de mairie de 1880 à 1934 avait été édifiée par le négociant Camus sous l’Empire. Elle appartint ensuite à diverses personnes dont M. de Guaïta, personnage cosmopolite d’origine francfortoise.
Ce fut le prolongement de la rue d’Aguesseau jusqu’à la Route, après 1810, qui amena de ce côté plusieurs buanderies dont les eaux, aboutissant dans les fossés qui bordaient la Route, imposèrent la construction d’un caniveau pavé en 1818 aux frais des blanchisseurs.
La Route, délaissée quelque peu sous la Révolution, avait revu la circulation des carrosses, chevaux, etc, s’intensifier avec l’installation de Bonaparte au château de Saint Cloud en 1800 ; Les souverains continuèrent à faire de Saint Cloud leur seconde résidence, ce qui pris fin à la chute de l’Empire en 1870.
Les premiers égouts souterrains de Boulogne furent décidés en 1848 pour employer les ouvriers des Ateliers Nationaux. On débuta par les deux Routes de Saint Cloud
En 1850, la gendarmerie vint se fixer au n° 47
(ancien) et y demeura jusque vers 1875. L’endroit fut sans doute choisi en vue du passage du futur Napoléon III, toujours menacé par les attentats. Le bâtiment appartint ensuite à la Compagnie des Omnibus puis à L’Air Liquide, où Georges Claude faisait ses expériences avant 1914.
En 1856, commença à fonctionner le «chemin de fer américain»
de l’ingénieur Loubat qui allait du rond Point - de la Reine - au Palais Royal. Cet omnibus sur rails fut mû par la vapeur en 1892, peu après par l’air comprimé, et enfin par l’électricité en 1912. Cette ligne dite alors n° 2 Louvre - Saint Cloud, supprimée en 1934, fut remplacée par un autobus
(actuellement n° 72). La suppression des accotements permit alors l’élargissement de la chaussée et la réfection du pavage. On fit un essai de pavés en fonte striée
(sans tenir compte des contraintes thermiques) qui ne réussit qu’à abîmer les pneumatiques des voitures
(les pavés se détachant de leur chape l’hiver). L’éclairage électrique de la
route remonte à 1926.
En 1860, l’annexion d’une partie d’Auteuil à Boulogne entraîna le report du début de la Route sur sa partie
boulonnaise, de la
route des Princes (avenue Victor Hugo) à la Porte de Saint Cloud, la modification du numérotage, et le déplacement du bureau de l’octroi. En 1925, la Ville de Paris a accaparé l’extrémité correspondant à l’ancienne zone militaire.
En 1880-1881, disparurent les murs des propriétés Lepetit
(de Guaïta) et Gracien (en face) qui, au dire du maire Liot, donnaient un aspect assez triste à ce quartier. Mais l’ouverture du cimetière, en 1860, avait alors désolé les propriétaires voisins par la menace d’un délaissement de leurs immeubles.
La route ne se garnit d’habitations que très lentement. Les hautes maisons y étaient rares il y a peu de temps encore. Le commerce ne prospérait guère qu’entre la rue d’Aguesseau, qui date de 1810 et le Boulevard de Strasbourg qui lui date de 1870, et encore, longtemps après cette dernière date.
Vers 1930, on commença à se plaindre des accidents causés par des automobiles. Des écoliers furent tués à la sortie du groupe scolaire, ce qui amena la première surveillance policière de la circulation. Quelques temps après, la mise en service de l’Autoroute de l’Ouest fit craindre
(ou espérer) un développement de la circulation sur l’avenue et amena un projet de passage souterrain sous le
boulevard Jean Jaurès. Le tollé qui s’ensuivit de la part des commerçants riverains fit renoncer au projet
(1937) .
Le nom officiel de la route fut longtemps celui de «Chemin du Point du Jour à Saint Cloud», justifié par l’origine de la voie, greffée sur la
route de Versailles à la hauteur de l’actuel marché du Point du Jour, reculée vers 1820 jusqu’à son emplacement actuel par le déplacement de la
route de Versailles.
Sous la Révolution, on trouve le nom de «Cy devant Chemin de la
Reine», sous la Restauration, celui de route de La Reine. En 1848, elle
devient avenue de la République, en 1851 avenue de La Reine, sans aucune désignation enregistrée du reste. En 1881, le conseil municipal demande le rétablissement du nom d’avenue de la République et il renouvelle son voeu en 1885, et en parle encore plusieurs fois. Aucune suite n’est donnée. Mais alors que les républicains - très modérés - de cette époque tenaient fortement à ce nom, en 1932, les socialistes décident de «rétablir dans son appellation primitive l’avenue de La Reine qu’on dénommait autrefois
route de la Reine» (délibération du 21 décembre 1932) . Ce respect de l’histoire locale et de la tradition est méritoire. Mais il faut espérer que d’autres ne revendiqueront pas la tradition de 1793
(cy-devant de la Reine) ou celle de 1848 (avenue de la République)
et surtout qu’on ne fera pas un principe de la remise à jour des anciennes appellations.. Sinon il faudrait supprimer le
quai du 4 septembre et le nommer, comme «primitivement», boulevard de l’Empereur, revenir à La Grande
rue pour l’avenue Jean Baptiste Clément, etc., etc.
Au 160 de la route de La Reine habita longtemps Louise Hervieu, écrivain et dessinateur.
Rue Reinhardt
Du 130 rue de Billancourt au 115 rue de
Silly.
Longueur: 296 mètres - Largeur: 8 mètres.
Ce fut la troisième des rues du lotissement Cacheux et elle suivit le même sort que celles-ci. Le 7 décembre 1922, 54 propriétaires en demandèrent le classement en disant qu’elle était impraticable. Le maire répondit qu’il ferait comme pour les deux autres. Il y eut un récalcitrant mais les autres, pour en finir, payèrent leur part du coût total des travaux, 19909, 72 francs. Le classement fut agréé par le conseil municipal le 1er mars 1925 et par le préfet le 13 octobre de la même année.
Le nom de Reinhardt, sociétaire de la société Cacheux vers 1885, a été conservé.
Boulevard de la République et avenue André Morizet
Chemin départemental n° 50
Boulevard de la République du pont d’ Issy à la place Marcel
Sembat.
Longueur: 1050 mètres - Largeur: 15 et 20 mètres.
Avenue Morizet de la place Marcel Sembat au rond-point Rhin-et-Danube.
En 1886, le Conseil d’Arrondissement de Saint Denis émis le voeu qu’un
pont sur la Seine fut construit à l’extrémité du chemin de Grande Communication n° 50 de Vincennes à Issy, lequel n’avait pas d’issue. Un devis fut établi et soumis au conseil municipal de Boulogne qui accepta de payer
225.000 francs sur un total de 1.250.000 francs. Mais l’affaire fut enterrée jusqu’en 1896. A ce moment, les deux conseillers généraux de Boulogne, Barbier et Gervais, la reprirent et la firent adopter par le Conseil Général. Naturellement, il fallait donner une issue à ce pont sur la rive gauche. Le Conseil Général envisageait à ce moment la création autour de Paris d’un boulevard circulaire. C’était trop beau ! On chercha des solutions plus modestes. Barbier suggéra au maire de Boulogne Joachum de soumettre un projet au conseil municipal. Celui-ci en discuta en 1897. Les représentants de la section de Boulogne (Nord)
, Lagneau en tête, se montrèrent hostiles, déclarant qu’on allait démolir un millier de logements. La majorité fut favorable à un boulevard allant jusqu’au
rond-point de la Reine (Rhin-et-Danube), en demandant en outre la liaison des chemins de fer d’Auteuil et d’Issy par le pont. Puis l’hostilité des Boulonnais, devenus majorité au conseil municipal en 1900, contre Billancourt fit à nouveau tout ajourner. La ténacité du conseiller général Barbier
(on appelait par avance la nouvelle voie boulevard Barbier !) amena un arrangement. Le maire Lagneau accepta à contre-coeur à condition que le Conseil Général décidât aussi l’établissement d’une voie entre la nouvelle Porte Molitor et le Rond-Point de la Reine - prolongement de la rue du Château qui intéressait «sa»
section électorale - et lui donnât la priorité sur le boulevard. Le Conseil Général de la Seine, sur la proposition de Barbier, accepta les deux projets en exigeant une participation communale: 190000 francs pour le
pont, et 500000 francs pour le Boulevard, à payer en annuités. Après enquête
de commodo, le conseil municipal donna avis favorable le 21 avril 1907.
Le 6 juillet 1908, le préfet classait le chemin jusqu’au
rond-point dans la Grande Vicinalité, le 31 octobre de la même année il prenait un arrêté de cessibilité pour la partie jusqu’à la Route de Versailles, et le 1er décembre un décret déclarait l’utilité publique du
pont et du Chemin.
Le 29 novembre 1911, le conseil municipal de Boulogne, constatant que la voie était en grande partie livrée à la circulation, décidait de la dénommer Boulevard de la République. Mais la première partie seule était construite. Barbier avait été élu sénateur, et son successeur au Conseil Général, Guibourg, ne s’intéressa pas au prolongement. La guerre survint. La question paraissait enterrée et le conseil municipal refusa de payer les annuités qu’on lui réclamait. Les immeubles de la rue Georges Sorel et d’autres furent édifiés qui faillirent rendre impossible la reprise des travaux. La construction du nouvel Hôtel de Ville, lorsqu’elle fut envisagée sur son emplacement actuel en 1931, rendait indispensable le percement d’une voie de desserte. André Morizet, sénateur-maire, reprit l’affaire du prolongement et son adjoint Lagriffoul la soumit au Conseil Général, en offrant une participation communale.
Mais la politique et des animosités personnelles s’en mêlèrent. Ce fut le député de
Boulogne-Billancourt, Fernand Laurent, qui par hostilité pour la municipalité, fit repousser la proposition au
conseil général, aidé par le maire d’Issy-les-Moulineaux, Oudin, conseiller
général.
Puis la politique vira de bord. Un nouveau Conseil Général élu en 1935 accepta ce que son prédécesseur avait refusé et vota le prolongement. Les formalités de procédure et les expropriations étaient à peu près terminées en 1939. Lorsque la guerre éclata, la viabilité n’était effectuée sommairement que sur la partie face à l’Hôtel de Ville, juste à temps pour que les autobus de la S.T.C.R.P. puissent s’y ranger pour emmener aux gares quelques centaines de nos concitoyens effrayés par les menaces de bombardements par les gaz. La viabilité fut poursuivie jusqu’en 1942, suspendue par ordre des occupants, et achevée après la guerre.
Les auteurs du projet de 1907 ne pouvaient certes penser que la largeur de 15 mètres deviendrait insuffisante. Il paraît qu’en 1941, l’ingénieur allemand Todt, le fameux constructeur du «mur de l”Atlantique», visitant Boulogne, aurait émis l’avis qu’une largeur de 100 mètres serait nécessaire pour une voie semblable. Cet homme voyait «kolossal»
avec la plus parfaite indifférence sans doute.
L’hôtel de ville, oeuvre de l’architecte Tony Garnier, avait été mis en service le 3 juillet 1934. L’hôtel des
postes, qui lui fait vis-à-vis, le fut en 1938. Quant au bâtiment qui devait être un Centre d’Hygiène, la guerre ou plus précisément l’ordonnance allemande de 1942, en arrêta les travaux. Il a été achevé et après avoir été une annexe du Lycée Claude Bernard,
(est désormais utilisé par le commissariat de Police et provisoirement par
l'annexe de la mairie)
.
En mémoire du sénateur-maire André Morizet, qui administra Boulogne de 1919 à 1942, et est l’auteur de cette partie de la voie qui porte son nom, le conseil municipal décida que la deuxième section du
boulevard de la République serait dénommée avenue André Morizet (23 octobre 1944)
. Le préfet approuva le 21 décembre de la même année.
L’ouverture de l’autoroute de l’Ouest et l’intensification générale de la circulation automobile ont entraîné, surtout depuis 1950, un mouvement de plus en plus intense sur cette voie. Malheureusement, la partie la plus ancienne n’a qu’une largeur insuffisante qu’il sera très difficile et coûteux d’élargir. Ce qui explique l’enlèvement des arbres et la diminution de largeur des trottoirs au profit de la chaussée qu’il a fallu réaliser en 1958
(sur la portion du boulevard de la République).
Rond-point Rhin et Danube
Ancien rond-point de la Reine.
Carrefour de la route de la Reine et de l’ avenue Jean - Baptiste Clément.
100 mètres sur 100 mètres.
L’endroit était dénommé «La Demi-Lune de la Chaussée de Saint Cloud»
et il marquait l’origine du pont de Saint Cloud dont les arches, enjambant les marais, subsistèrent tout près jusqu’en 1811. L’appellation de Rond Point de La Reine se trouve en 1831. Entre 1848 et 1851, ce fut la
place de la République, ce dont il ne fut plus question par la suite. Le 7 avril 1952, le conseil municipal décida d’honorer la Première Armée Française en donnant au
rond-point le nom de place Rhin et Danube.
Jusqu’à la transformation de la route de la Reine en 1935-1936, le
rond-point était le principal centre de la fête foraine et notamment les grands manèges s’y installaient, ce qui n’empêchait pas les tramways de circuler en se frayant un passage comme ils le pouvaient - entre les piétons -. La fête avait lieu en août, mais en ce temps, où on ignorait les congés payés, la grande masse de la population ne quittait pas Boulogne à la belle saison. L’ornementation de la place a toujours posé un problème difficile à nos édiles. En 1919, le maire Lagneau projetait d’édifier en son milieu un monument «Aux Combattants»
de très grande taille. Ensuite, on parla ou on essaya d’une fontaine, de statues, de parterre. La place est aujourd’hui remarquable par l’intensité de la circulation venant de l’autoroute par les beaux dimanches d’ été.
Place Richard Wallace
Il s’agit du rond-point formé par l’intersection de la route de la Reine et du boulevard Jean Jaurès, qui conserva l’extrémité de l’ancienne rue de la Saussière à la création du boulevard, un peu avant 1870.
Ce nom lui fut donné par le conseil municipal pour marquer le souvenir de Richard Wallace, propriétaire du domaine de Bagatelle,, pour sa générosité envers la Commune après la guerre de 1870-1871. Une fontaine donnée par lui orna la place jusqu’à une époque récente.
L’édicule qui l’avait remplacée et dont l’invention remonte, dit-on, à un empereur romain, était sans doute plus utile (pour le sexe présumé fort) mais moins poétique. - Heureusement son existence fut de courte durée.
Rue Rieux
Du 84 avenue Edouard Vaillant au 97 avenue Victor Hugo.
Longueur: 165 mètres - Largeur: 12 mètres.
Les terrains de l’endroit firent partie de la commune d’Auteuil jusqu’en 1860. Après l’annexion, ils furent vendus par le lotisseur Bonnard à M. Fouret
(1862) qui, peu après, les rétrocéda à la société Jovin des Fayères. Le comte des Fayères, en 1874, offrit la surface nécessaire au percement d’une rue qui aurait relié l’avenue des Princes
(Victor Hugo) à la Route de Versailles, mais le conseil municipal refusa en déclarant vouloir consacrer les fonds au prolongement de la rue de la Seine
(Danjou) ... ce qu’il ne fit pas.En 1883, la même demande est présentée par le comte Lemercier avec MM. des Fayères et de Larnac qui ont ouvert eux-mêmes la rue, puis par M. Delafosse au nom des riverains. Le conseil accepte le 3 août 1883 en exigeant la mise préalable en viabilité, ce qui est fait. Il y a réitération par MM. Célestin Delafosse, Le Vaillant, Le Brusle, baron de La Coste ; acceptation par le conseil le 30 mai 1887, et par le préfet le 20 septembre 1887.
Sur ce se greffa un singulier différend. M. Delafosse, qui était le principal acquéreur et revendeur, avait conservé la propriété d’une bande de terrain de 0, 25 mètre sur un côté de la rue et prétendait interdire l’accès de la rue aux propriétaires de l’arrière-fond à moins de payer une forte contribution. Pour faire échec à cette spéculation, le conseil municipal décida, le 12 juin 1889, de porter la largeur de la rue de 12 mètres à 12, 25 mètres. Puis, en raison de l’opposition du préfet, il demanda le déclassement le 3 février 1890. Il semble que M. Delafosse qui exigeait 80 francs par mètre linéaire, ait fini par s’incliner, ou transiger.
Le nom de Rieux avait été donné à la rue le 4 août 1886. M. Rieux, mort en 1862 à son domicile 18 rue de Billancourt, avait été conseiller municipal et avait légué au Bureau de Bienfaisance la nue propriété de deux immeubles importants évalués à 200000 francs, mais comportant des charges. Le testament fut contesté et il fallut transiger.
Dans cette rue fut installé en 1920, dans un immeuble dont la construction, arrêtée par la guerre, avait été achevée par l’office des H.B.M. du Département, le Dispensaire d’Hygiène Sociale du Département, qui y est encore.
Rue Rouget de l’Isle
De l’avenue Desfeux à la rue Liot.
Longueur: 38 mètres - Largeur: 12 mètres.
Cette voie, qui borde le marché de Billancourt, provient, comme celui-ci, de l’achat de la propriété Peltier. Elle fut classée le 30 avril 1896, mais on la laissa sans dénomination jusqu’en 1909. Les socialistes voulaient l’appeler rue Jean Baptiste Clément, l’auteur
du Temps des cerises, mais le maire Lagneau imposa le nom de l’auteur de la
Marseillaise, adopté le 7 novembre 1909 et approuvé par décret le 7 mars 1910.
Pont de Saint-Cloud
L’origine du pont de Saint Cloud est sans doute ancienne mais elle n’est certaine qu’à partir de 1189, date où l’Evêque de Paris, Maurice de Sully, l’aurait fait construire, ou reconstruire.
L’évêque de Paris fut Seigneur de Saint Cloud - il porta même le titre de duc de Saint Cloud qui lui fut donné par Louis XIV - jusqu’à la Révolution. Sa Seigneurie s’étendait même sur la rive droite et ce ne fut qu’en 1790 que cette partie fut rattachée à la Commune de Boulogne, en dépit des protestations des habitants de Saint Cloud.
L’histoire du pont de Saint Cloud est avant tout une histoire militaire. Il avait une importance stratégique considérable du fait qu’avec le
pont de Charenton il était le seul en dehors de la Capitale à une distance proche de celle-ci et qu’il suffisait de s’en emparer pour bloquer les approvisionnements de Paris, lesquels se faisaient surtout par eau.
Fortifié durant la guerre de Cent Ans, il fut pris et repris un grand nombre de fois depuis le roi d’Angleterre en 1346 jusqu’à Turenne en 1652. Il fut encore l’objet de compétitions en 1815, en 1870 et encore en
1944.
(Pour en avoir été acteur, je puis vous assurer qu’il n’en fut rien en 1944
- Commentaire de M. Maurice Masse).
Le moulin de l’Evêque accolé au pont dura jusqu’en 1810. Il y eut ensuite un moulin flottant dont le meunier fut le père du chansonnier Jean Baptiste Clément. Il disparut en 1840. A ce moulin se trouvaient fixés les fameux filets destinés, disait-on, à recueillir les cadavres jetés en Seine, et dont font état beaucoup de récits plus ou moins romanesques.
En 1790, le pont de Saint Cloud demeura entièrement rattaché au Département de la Seine. Mais au cours du siècle suivant, il fut partagé entre les deux départements.
Construit d’abord en bois, reconstruit en pierres sous Henri II, plusieurs fois modifié et réparé, notamment après les guerres, il a été entièrement reconstruit avant 1940 et terminé après 1945. Vestibule de l’autoroute de l’Ouest, c’est certainement le
pont de France qui connaît la plus active circulation.
Le début du pont de Saint Cloud se trouvait jadis près du Rond Point de La Reine (place Rhin et Danube ) et l’ancienne Chaussée du Pont se trouvait sur une partie marécageuse souvent inondée. Il en fut ainsi jusqu’en 1810.
Rue Saint-Denis
du 96 avenue Jean - Baptiste Clément à la rue de l’Abreuvoir.
Longueur: 540 mètres - Largeur: 10 mètres.
Des actes anciens remontant à 1490, 1513, 1587, citent le Chemin Saint Denis et même la Grande Rue Saint Denis en 1550. Mais on ne sait trop de quoi il s’agit, sauf qu’il existait un chemin menant à Saint Denis: le Chemin de Longchamp, l’actuelle Rue des Menus ; plus longue jadis, notre rue Saint Denis ? Sur les plus anciens plans qui ne remontent d’ailleurs qu’au début du XVIIIème siècle, on voit un chemin qui correspond à la rue Saint Denis actuelle, et après un «décrochement»
sur la rue de l’Abreuvoir, s’en va vers l’abbaye de Longchamp et ensuite vers Saint Denis. Mais il est entièrement situé sur le territoire de Saint Cloud et ce n’est qu’en 1790 que cette partie sera réunie à la commune de Boulogne. On a dit qu’il avait conduit à la Route de la Révolte. Mais ce n’était alors qu’un pauvre chemin, très irrégulier comme tracé et comme largeur, cette dernière variant entre 3, 50 et 10 mètres d’après des plans de 1814 et 1816. Ce Chemin de Saint Denis portait ce nom depuis la
route de Saint Cloud (Grande Rue) jusqu’à Longchamp, prolongé ensuite par le Chemin de la Victoire ou des Victoires. En 1835, le conseil municipal décida que la partie au-delà de la rue de l’Abreuvoir s’appellerait rue des Victoires ; Depuis 1817, elle traversait une partie des propriétés de M. de Rothschild.
En raison des fréquentes inondations de la Seine, on demandait depuis longtemps l’établissement d’une voie qui en serait à l’abri. Le maire Collas, Conseiller d’Arrondissement, décida les autorités départementales à créer un chemin de Grande Communication qui irait de Sèvres à Neuilly en empruntant les rues de Sèvres, de Saint Denis, et des Victoires. Le Conseil Général en décida ainsi le 22 octobre 1839. Mais les travaux de rehaussement des chaussées n’étaient pas terminés en 1845 et, 10 ans après, l’annexion de Longchamp au Bois de Boulogne entraînait le déplacement de ce Chemin sur la Grande Rue (avenue Jean Baptiste Clément)
, ceci en vertu d’un arrêté du préfet du 10 mars 1856.
Dès le Premier Empire, des blanchisseurs s’étaient établis dans la rue Saint Denis ; plus tard, des propriétés bourgeoises. On établit une chaussée fendue, puis en 1839, une chaussée bombée. Un bel avenir paraissait réservé à cette rue, rectifiée au-delà de la rue de l’Abreuvoir. Mais l’annexion à sa propriété des chemins qui traversaient les propriétés du baron de Rothschild en 1856 coupa court à ces prévisions.
Les gendarmes avaient occupé une maison dans cette rue, sans doute depuis leur retour à Boulogne en 1828. Ils l’évacuèrent en 1850 et le maire Ollive, peu après, utilisa leur casernement, y compris «le violon», pour y loger quelques vieillards. Ce fut l’origine de l’Asile, aujourd’hui maison de Repos des Vieillards. La maison était une ancienne buanderie. Agrandie à plusieurs reprises, elle a été remplacée par les bâtiments actuels en 1897. (Complétés depuis par de nouveaux bâtiments.)
Avenue Saint-Exupéry
De l’ avenue Pierre Grenier à la rue du Point du Jour.
Cette voie forme limite entre Boulogne-Billancourt et Paris au long du stade Pierre de Coubertin ; Bien que située entièrement sur le territoire parisien, elle intéresse nos concitoyens en ce sens que les immeubles riverains côté Boulogne - entre l’avenue du Point du Jour et l’avenue Pierre Grenier, et par conséquent leurs habitants: il n’y en a pas ! - dépendent des deux communes selon les services publics qui les servent.
Observons que cette avenue n’a pu être prolongée jusqu’à la Seine en raison du maintien provisoire - provisoire depuis 1919 ! - de l’usine Renault dite «usine O»
sur l’ancienne zone militaire. C’est la dernière partie de toute cette ancienne zone qui n’est pas encore délimitée sur le terrain.
Il n’est pas utile de rappeler ce que fut Antoine de Saint Exupéry.
(Depuis 1962, l’Usine O a été remplacée par un nouveau quartier dédié au cinéma, avec quantité de rues nouvelles portant des noms de films - hors du cadre de ce livre)
.
Rue Saint-Germain
Voie supprimée
Cette rue, qui allait de la rue du Point du Jour à l’avenue des Moulineaux, presque dans le prolongement de la rue des Longs Prés, avait été établie par le comptoir Naud à une date inconnue, sans doute vers 1860-1870. elle avait été classée par le conseil municipal le 7 novembre 1909 avec approbation du préfet le 13 avril 1910. Les riverains avaient cédé le sol sur 12 mètres de largeur et consenti 10 francs par mètre de façade pour les frais de premier établissement. La dépense était évaluée à 17000 francs.
Au début de la guerre de 1914, la Société Salmson acquit tous les terrains en bordure et, en décembre 1915, elle ferma la rue d’autorité. Le ministère de l’Armement fit pression sur le conseil municipal pour qu’il consente à louer à l’usine le sol de la rue moyennant 700 francs par an. A l’exemple de Renault, Salmson demanda à conserver la rue qui fut déclassée le 25 novembre 1919. Un bail de 20 ans fut consenti le 30 juin 1920 ; La rue en 1958, a été incorporée au C.N.L., qui l’a remplacée en partie par une voie nouvelle baptisée «Rue Neuve Saint Germain»
Le nom de Saint Germain provenait de l’île voisine, du moins nous le supposons.
Rue Salomon Reinach et
rue Marcel Loyau
Ancienne rue du Châlet.
Rue Salomon Reinach
de l’avenue Robert Schuman à la place Denfert Rochereau.
Rue Marcel Loyau
de la rue de la Tourelle à l’avenue Robert Schuman.
Longueur: 105 mètres - Largeur: 12 mètres.
Cette voie avait porté les lettres» C
et»N»sur les plans de 1855. Le nom de rue du Châlet lui fut donné par les propriétaires du Parc des Princes, sans doute parce qu’il n’y avait alors qu’un édifice de ce genre, édifié récemment puisque, avant 1855, le Parc des Princes n’avait qu’une habitation: celle du gardien de la Porte des Princes, alors située à notre Rond Point Victor Hugo.
En acceptant de classer cette rue avec les autres voies du Parc, le conseil municipal donna un caractère officiel à ce nom
(13 juin 1862) .
La rue se trouve maintenant divisée en trois tronçons. En 1925, la Ville de Paris annexa la zone militaire avec l’extrémité de la rue du Châlet qui s’y trouvait comprise et à qui elle donna le nom de rue du Vélodrome. Puis le maire André Morizet fit donner par le conseil municipal à deux autres parties de la rue les noms de Salomon Reinach
(8 novembre 1935) et de Marcel Loyau (22 mai 1936) , tous les deux anciens habitants du Parc des Princes. Salomon Reinach, savant très connu comme historien et archéologue, avait soutenu des polémiques assez acerbes au sujet de la tiare du roi Scythe Saïtapharnès et des poteries préhistoriques de Glozel. Le sculpteur Marcel Loyau est le fondateur de la société des beaux arts de Boulogne.
Dans cette rue ont aussi habité le peintre d’histoire Gudin
(mort en 1880) , le philosophe Jules de Gaultier (mort en 1942) , et Paul Marmottan
(mort en 1932) . Ce dernier a légué à l’Institut la Bibliothèque qui porte son nom et est consacrée aux livres sur Napoléon
(1932) . Paul Marmottan, grand seigneur des arts et de l’argent, avait construit en 1897 cette maison, plus «discrète»
que son bel hôtel de Passy.
Le Vélodrome du Parc des Princes fut ouvert en 1897. Il demeura à cet emplacement, entièrement sur le territoire de Boulogne, jusqu’à l’annexion de la zone militaire à la Ville de Paris en 1925. Comme il se trouva alors à cheval sur les deux communes, il dut être démoli et reconstruit sur le territoire de la Ville de Paris en 1932.
Rue Samarcq
De la rue du chemin Vert à la rue Galliéni.
Voie privée
Cette rue existait en 1900, à peu près aussi pourvue d’habitations qu’aujourd’hui. Nous ignorons qui était M. Samarcq, le propriétaire qui l’avait percée pour lotir son terrain. Cette voie tranquille à l’aspect désuet et vieillot mais non sans charme, est toujours une voie privée.
Rue de la Saussière
De la route de la Reine à la rue Georges Sorel.
Longueur: 500 mètres - Largeur: 10 et 12
mètres.
Le lieu dit «Les Chaussières» se trouve sur des actes de 1612, 1646, 1655, 1720, avec l’orthographe «Chaufecières»
à cette dernière date. S’agissait-il de femmes fabriquant des chausses ou de demoiselles laissant tomber les leurs ? Comme l’endroit fut à peu près désert jusqu’au XIXème siècle, la deuxième version a quelque chance d’être la bonne. - A moins qu’il n’y en ait une troisième -.
Un chemin qui correspond à notre rue mais beaucoup plus long figure sur les plans du XVIIIème siècle. Il prend naissance sur la Route des Princes, vers la
place Sembat actuelle, et s’en va en sinuant jusqu’à la rue de Paris où il est prolongé par un autre qui porte le nom de Chemin des Guérets. Ce n’est qu’un chemin de cultures, sans utilité pour les communications générales à peu près inexistantes.
Un état des chemins vicinaux de 1825 lui donne encore son nom traditionnel de chemin des Chaussières et lui accorde généreusement une largeur de 8 mètres «que personne ne conteste»
et une délibération de 1830 veut la porter à 10 mètres. Mais il ne s’agit là que de poser un principe que personne ne se souciera d’appliquer.
A ce moment il se produit une série de confusions et nos édiles ne savent plus où se trouvent leurs chemins. Alors qu’en 1830, le chemin qui nous intéresse est dit aller seulement de la Route de la Reine à la nouvelle Route de Versailles, en 1835, il est défini comme la seconde partie de la rue des Guérets qui va de la rue de Paris à la Route de la Reine, la troisième qui y fait suite, se nommant chemin de la Belle Feuille - Chemin qui existe déjà autre part ! - En 1836, nouvelle confusion: on a d’une part le chemin de la Belle Feuille, d’autre part le chemin des Chaussières dit de la Belle Feuille. Ultérieurement, il n’y a plus d’erreur sur ce point, mais on hésite sur l’orthographe et aussi entre le pluriel et le singulier.
En 1846, le conseil municipal, en discutant de la création de la rue de la Plaine
(Galliéni) , dit qu’elle partira de la rue de la Saussière. En 1850, il demande le classement de la rue des Saucières (avec un c)
en lui donnant théoriquement 10 mètres entre les routes de la République
(de la Reine) et de Versailles. En 1854, on distingue la rue du chemin. En 1857, on parle du Rond-Point des Saussières
(demi-lune à l’angle de la rue de la Plaine) . En 1860, elle redevient la rue de la Saucière, en 1862 la rue de la Saussière. Cette fois, le nom sera définitif. Ce qui est curieux et instructif dans cette histoire de noms c’est qu’elle se passe en une trentaine d’années au plus et à une époque où, à Boulogne, les gens savaient pour la plupart lire et écrire. On peut se demander quelle peut être la valeur des interprétations étymologiques quant aux noms de lieux des époques anciennes.
En 1862, le conseil municipal décide de créer une rue de 15 mètres qui ira de la rue de Paris à la Route de Versailles pour rejoindre l’avenue du Bois de Boulogne que le lotisseur Bonnard a commencé à percer en partant du
pont de Billancourt. Le préfet classe la rue et toutes les formalités sont faites. Cette rue n’est que la rue de la Saussière élargie.
Cette rue ne sera jamais faite. En juillet 1863, le préfet Haussmann propose - ou plutôt impose - de créer une voie unique qui ira du
pont de Billancourt à l’Eglise de Boulogne en absorbant l’avenue du Bois de Boulogne et qui rendra inutile l’élargissement de la rue de la Saussière et une autre rue prévue pour desservir le marché en projet. Il en est ainsi décidé. Il en résulte, pour notre rue, la suppression de l’extrémité Nord dont on voit encore la trace aux carrefours de la rue de Paris et de la Route de la Reine - dits
place Richard Wallace -, et celle de l’extrémité Sud.
Il subsistera deux tronçons: l’un dit rue de la Saussière, entre la Route de La Reine et la rue Galliéni, l’autre dit sente de la Saussière entre la rue Galliéni et le Boulevard Jean Jaurès. Ce dernier chemin, devenu infect du fait des carrières et des masures de la cité
«des Boërs»
et de la cité Carlin, sera assaini entre 1927 et 1929 et annexé à la rue de la Saussière comme autrefois.
Notons que, en votant le classement de cette partie, le conseil municipal décida que les noms de Saussière et de la belle Feuille conserveraient «le souvenir de deux lieux-dits de Boulogne»
(27 mars 1929). Mais nos édiles ignoraient certainement les «Chaussières»
d’antan.
Le prix du terrain a naturellement beaucoup varié dans cet endroit aujourd’hui central. En 1840, le sieur Leroy acquit du sieur Raffard, aux Saussières, un terrain de 1718 mètres carrés pour 500 francs
(0, 29 franc le mètre carré) . Les Raffard possédaient en 1870 la maison où était installée la loge maçonnique. En 1853, le sieur Chambrin cédait pour l’élargissement de la rue «la maison de la folie», acquise par lui en 1834 des époux Joannot qui l’avaient édifiée: ce surnom se rattache, croyons-nous à un drame qui se termina par le suicide d’un jeune étudiant. Lors de l’élargissement de la rue en vue de la construction de l’Hôtel de Ville, les terrains furent payés nus entre 300 et 400 francs le mètre carré (1932)
.
Rue de Seine
Du quai du Point du Jour à la rue du Point du Jour.Longueur: 330 mètres - Largeur: 10 et 12 mètres.
Le terrain de ce quartier appartenait en grande partie à une société de spéculateurs anglais dont le dernier nommé Scareasbreak le vendit en 1853 à la société
le Cheptel
devenue par la suite Caisse Franco-Suisse, banque genevoise, laquelle céda aux époux Gilson qui eurent là, vers la Seine une assez belle résidence. Une autre partie des terrains était possédée par le comptoir Naud, auteur d’un chemin baptisé avec quelque exagération du nom de
«rue»
de Seine.
En 1898, la propriété Gilson fut acquise par la
Compagnie générale des omnibus. La «rue»
large au plus de 6 mètres, était la plus infecte de Billancourt. En 1904, le conseil municipal envisagea de la classer. La C.G.O. accepta de céder une bande de 4 mètres entre l’avenue et le quai à la condition que sa concession des tramways lui serait maintenue ; mais comme la commune exigeait 6 mètres pour porter la largeur à 12 mètres, la C.G.O. refusa. En 1913, elle vendit une partie de son terrain à la Compagnie Générale d’Energie Electrique
(C.G.E.E.) . Un accord se fit avec la commune et le conseil municipal classa la rue le 12 juin 1914 ; un décret du 8 décembre 1915 prononça l’utilité publique pour permettre quelques expropriations. Mais l’affaire resta en panne du fait de la guerre.
Elle ne fut reprise qu’en 1926. Il y eut des palabres avec l’Union d”Electricité et finalement la partie entre la Seine et l’avenue fut classée par le conseil municipal le 28 février 1928 et par le préfet le 27 juillet 1929.
Quant à la partie entre l’avenue et la rue du Point du Jour, elle était réduite à un sentier de piétons par l’usine Japy ou du Coq Gaulois, qui la coupait par une ligne de rails
Le conseil municipal avait voté le classement le 15 avril 1930, approuvé par le préfet le 6 octobre 1930. Les riverains, dont Japy et Salmson, payèrent 50 francs par mètre de façade. Japy avait tenté de faire de l’obstruction, mais la crise de 1931 l’amena à fermer son usine et à céder son terrain, la plus grande partie à la commune, le reste à une société immobilière. La construction du groupe H.L.M. aurait imposé l’aménagement de la rue de toutes façons.
Rue de Sèvres
De la place Rhin et Danube à l’ avenue du Général Leclerc.
Longueur: 1200 mètres - Largeur: 12 mètres.
M. Penel-Beaufin a écrit que cette rue fut construite en 1750 pour permettre au roi d’éviter Paris et gagner Saint Denis en venant de Versailles. Mais il y a là une confusion qui se rattache à l’histoire de la Route de la Révolte. Le chemin qui permettait de gagner cette route historique n’est autre que
notre avenue Victor Hugo jadis Route des Princes. La rue de Sèvres existait depuis fort longtemps mais ce n’était qu’un chemin de terre qui était sous l’eau durant plusieurs mois de l’année, d’une largeur insuffisante d’ailleurs pour permettre le passage des carrosses du roi.
Nous connaissons pourtant un texte de 1792 par lequel le sieur Sageret, qui vient d’acquérir la
ferme de Billancourt, propose de rectifier le chemin, lequel a 36 pieds de largeur, en réduisant celle-ci à 18 pieds
(env. 6 mètres), ce qui ferait supposer une autre version, si le dit Sageret ne disait en même temps que le chemin était presque impraticable durant la mauvaise saison. Sa proposition, qui fut agréée, ne concernait que la partie proche du
vieux pont de Sèvres. Cette partie fut d’ailleurs supprimée lorsqu’on déplaça la Route de Versailles
(1810-1825) et remplacée par la rue Collas. Les frères Collas étaient établis dès 1794 - ou avant - des deux côtés de la Seine et possédaient là un important commerce de fers, bois et charbons, qui prospéra jusque vers 1840.
Ce chemin de Sèvres à Boulogne figure comme tel sur l’état des chemins vicinaux de 1825 avec une largeur
(souhaitée) de 12 mètres. Le conseil municipal, le 10 mai 1825 demande qu’il devienne
route départementale et remplace la route qui est de l’autre côté de la Seine et qui longe
le parc royal de Saint Cloud, et est couvert d’eau durant la mauvaise saison. La supériorité de notre rue est fort douteuse, car le même conseil, le 8 mai 1830, dit qu’elle est impraticable durant 9 mois de l’année. Il demande au Département de la réparer en précisant que, à Boulogne, les matériaux sont partout, à un pied de la surface du sol
«qui en fournit pour toutes les rues des environs».
On insiste le 9 mai 1835 de façon assez curieuse en ce qui concerne la topographie de l’époque:
«Le chemin de Boulogne à Neuilly
(rues de Sèvres et Saint Denis) est dégradé par les voitures de charge qui vont de Versailles dans le
nord de la France, ne pouvant passer par le Bois de Boulogne, ni par la route qui passe à Saint Cloud et Suresnes, submergée. Ce chemin est une communication directe de la
route royale n° 14 à la route départementale n° 2, et la route départementale n° 4 au bac de Suresnes n’a pas d’autre issue. Ce chemin abrège au moins de deux heures le trajet d’Orléans à
Rouen». Et on propose d’en faire une Route Départementale «afin d’établir une communication à l’abri des inondations entre la
route royale n° 11 et la route royale n° 14». La Route Royale n° 11 est
notre avenue du Général Leclerc, et la n° 14 l’avenue de Neuilly à
Neuilly.
En ce temps, la plaine de Longchamp était en dehors du Bois de Boulogne. Nous comprenons fort mal comment le trajet d’Orléans à Rouen pouvait passer économiquement par un tel chemin alors qu’il n’y avait aucun pont entre ceux de Sèvres et de
Grenelle.
Le maire Collas tenait beaucoup à ce chemin et il obtint satisfaction. Il en avisait son conseil municipal le 7 février 1837. Mais la satisfaction ne fut pas complète avant longtemps et dura peu. En 1837, les ingénieurs constatent que le chemin a été dégradé par les entrepreneurs des deux chemins de fer de Paris à Versailles, qui exploitent là des carrières sans précautions. Les travaux sont suspendus en 1844, et en 1845, le conseil municipal doit voter 3000 francs pour les réactiver, à la demande des propriétaires qui avaient construit là des maisons d’habitation, escomptant être à l’abri des eaux. De belles propriétés s’élevèrent dont l’accès était toujours sur cette rue alors que leurs jardins descendaient vers la Seine où aucun quai ne les protégea avant 1880.
Mais si la rue ainsi surélevée se trouvait à l’abri des inondations de la Seine, elle ne tarda pas à être menacée par un ennemi de l’intérieur, en l’espèce les eaux des buanderies pour lesquelles sa chaussée était un obstacle à leur écoulement vers la rivière. Le conseil municipal en discuta longtemps, laissa d’abord la famille Legrand-Ouachée percer la rue Legrand, puis décida d’établir la rue de la Plaine
(Galliéni) qui, à l’origine, n’avait pour but que de faciliter cet écoulement
(1852) .
En tant que Chemin Départemental, la rue de Sèvres fut menacée par l’annexion de Longchamp au Bois de Boulogne
(1855) et elle fut déclassée par le Conseil Général en 1862-1863. Le maire reçut la rue officiellement le 10 mars 1864. Le
«Grand Boulevard»
(Jean Jaurès) la remplaça comme chemin de grande communication.
Parmi les propriétaires «éminents» de cette rue, il y eut sous Louis-Philippe l’adjoint Lescouturier, le docteur Naudot puis son neveu, avoué et maire de Boulogne de 1871 à 1876, le comte Cornudet, le baron des Chapelles, le comte d’Argis, le propriétaire des «Forges de Vulcain»
Chouanard, et enfin le baron Adolphe de Rothschild, de la «branche» de Naples, qui en mourant, avait légué sa propriété à la commune, leg annulé en 1928. Le parc «Rothschild», après divers avatars, est devenu le Parc des Sports municipal, à côté du Groupe Scolaire édifié en 1933.
En 1872, l’imprimeur Boyer avait établi au n° 22 de la rue une importante imprimerie qui employa 200 ouvriers et disparut vers 1885. Cet établissement n’a eu, semble-t-il, aucun rapport avec l’imprimerie Mommens, d’installation plus récente. Au n° 16, Victor Bernot - en 1898 - avait fixé le siège de ses entreprises multiples qui associaient le blanchissage du linge avec le charbonnage et les transports de matériaux.
Pont de Sèvres
En 1684, une ordonnance royale décida qu’un pont serait construit en face du village de Sèvres pour assurer le prolongement de la Route de Paris et permettre au roi de gagner plus commodément la
capitale en venant de sa nouvelle résidence de Versailles. Ce pont remplaçait un bac qui, vraisemblablement, avait succédé à un gué, tout au moins à l’époque des basses eaux.
Le pont de Sèvres enjambait l’Ile de Sèvres, connue plus tard sous le nom d’Ile Madame et, après la
Révolution, sous celui d’Ile Séguin. Ce pont était à péage. Construit en bois il fut souvent endommagé par les crues et les gels ; cependant il résista jusqu’au début du XIXème siècle.
Il a naturellement connu durant plus d’un siècle tous les passages des rois et des gens de la cour, vivants ou morts, allant à Versailles ou en venant. Le 6 octobre 1789 fut le dernier jour de son destin monarchique avec le retour à Paris «du boulanger, de la boulangère et du petit mitron».
Un ordre de Napoléon en 1808 décida sa reconstruction en pierre sur un emplacement plus en aval, en dehors de l’île, laquelle redevint solitaire. En raison des événements de 1815, et les combats qui eurent lieu à Sèvres, il ne put être achevé qu’en 1821. Durant le siège de Paris en 1870-1871, il fut rompu, mais les communications entre prussiens et français se firent à cet endroit. Une maison détruite au bombardement du 3 mars 1942, a porté jusqu’à ce moment le nom de «maison des parlementaires».
(Elle était en aval du pont sur la rive côté Boulogne) .
En août 1944, les blindés de la Division Leclerc - fusiliers marins en tête - le traversèrent et détruisirent sur le quai une colonne allemande.
Le pont, qui avait été endommagé par les bombardements du 3 mars 1942 et du 4 avril 1943, est en voie de reconstruction au même emplacement mais avec des proportions tout autres
(1962) .
(La reconstruction effective a donné lieu à une magnifique oeuvre d’art sur le plan technique - comme cela avait été le cas pour le
pont de Saint Cloud en d’autres temps) .
Rue de Silly
Du 133 avenue Jean-Baptiste Clément à l’ avenue du Général Leclerc.
Longueur: 1240 mètres - Largeur: 10 et 20 mètres.
L’ancienne léproserie ou maladrerie de Saint Cloud était louée avant la Révolution à la famille de blanchisseurs Heuzé, et il semble bien que ce furent eux qui établirent un passage correspondant à une partie de notre rue entre la Grande Rue et la Rue de Paris. Sous la Révolution, il est dit qu’il longe le mur de M. Foncier, le bijoutier des «Merveilleuses»
du Palais Royal, qui avait sa résidence d’été sur la «cy-devant Route de la Reine». Sous l’Empire, un conflit éclata entre la commune de Boulogne et l’Hospice de Saint Cloud au sujet d’un projet d’aliénation d’une partie du vieux chemin de Paris qui mit en cause la propriété du passage.
Le litige ne fut réglé qu’en 1822 par un accord entre le maire de Boulogne, Bosselet et le maire de Saint Cloud président de l’Hospice de Saint Cloud, Silly. Par cet accord, l’Hospice cédait à la commune de Boulogne le terrain de deux rues qu’il prétendait lui appartenir depuis toujours ; Boulogne en acceptant l’entretien, et en reconnaissant à ces deux voies la largeur de 24 pieds ou 7, 78 mètres
(rue de Silly) et de 18 pieds (rue de Bellevue) , entre la Grande Rue et la Route de La Reine. Le procès verbal mentionne qu’il s’agit de donner une plus-value aux terrains qu’on se propose de louer en emphytéoses de 99 ans. Notre conseil municipal accepta le 26 mai 1822.
L’arrangement fut jugé très favorable par les administrateurs de l’Hospice qui, pour remercier le maire de Saint Cloud, décidèrent de donner le nom de «rue Silly»
à l’une des deux voies (17 février 1824) . Cependant la rue du fait de l’acceptation du conseil municipal de Boulogne, n’appartenait plus à l’Hospice. C’est là un cas assez exceptionnel d’une voie publique dénommée par une administration étrangère à la commune propriétaire. Boulogne accepta tacitement.
Abraham Silly, notaire à Paris, né en 1751, mort en 1825, avait été appelé à déposer au procès de Marie-Antoinette en 1793 devant le tribunal révolutionnaire. Le «de»
qui a été ajouté au nom de la rue ne résulte que d’un automatisme euphonique. Le système de location par emphytéose, fréquent en ce temps, lui tenait à coeur, mais ce ne fut pas une bonne affaire pour l’Hospice. Il s’agissait de plusieurs lots d’une surface totale de 23421, 32 mètres carrés qui furent loués à deux personnes, l’une pour un loyer de 779 francs, l’autre de 1571 francs ; soit au total, 2350 francs par an. Ce rapport, à peine normal en 1822, était encore le même à l’expiration des baux en 1923. A ce moment, le bénéfice était compromis par l’existence de bâtiments en mauvais état occupés par des locataires ne payant que des loyers insignifiants.
La nouvelle rue Silly de 1824 se prolongeait de l’autre côté de la Route de La Reine par un sentier ancien que des empiétements avaient raccourci. Ce chemin fut rétabli sous le nom de «Rue Neuve de Silly»
et, le 9 mai 1835, le conseil municipal décida de le prolonger jusqu’à la Route de Versailles en acquérant le terrain
Fabrègue. Ce terrain de 27, 5 perches fut payé 960 francs
(à peu près 1 franc le mètre carré) . La rue fut classée à 10 mètres de largeur le 3 avril 1850 et incorporée à la rue de Silly.
On ouvrit sur cette rue un Abattoir en 1880, une Ecole maternelle en 1886. Cette dernière, détruite par le bombardement du 4 avril 1943, a été reconstruite.
A partir de 1830-1840, la rue était devenue un des principaux sièges des blanchisseries. Très éprouvée par les bombardements du 3 mars 1942 et du 4 avril 1943, ses ruines ont été l’occasion d’un élargissement à 20 mètres en vue de l’établissement «éventuel»
d’une «rocade» reliant le pont de Billancourt à l’avenue Jean Baptiste Clément.
Rue du 6 Juin 1944
De la rue de l’ Ancienne mairie à la rue de Silly
Etablie pour encadrer les constructions nouvelles en 1948-1950, la rue a été classée par le conseil municipal le 22 février 1952.
Elle a été dénommée pour commémorer le débarquement en Normandie de l’armée anglo-américaine par décision du conseil municipal du 7 avril 1952.
Elle a été inaugurée solennellement par la Municipalité le 22 mars 1953.
(Elle a été ouverte d’un bout à l’autre sur la propriété de M. Luce entièrement détruite, - comme
celle de M. Masse - au bombardement du 3 mars 1942 et à 23 h 20. La famille Luce est restée murée sous les décombres jusqu’au lendemain matin..).
Rue de Solférino
Du 140 rue du Point du Jour au boulevard Jean Jaurès.
Longueur: 350 mètres - Largeur: 12 mètres.
Cette rue se trouvait à la limite du lotissement créé par M. de Gourcuff en 1825 et elle figure avec son nom au cadastre en 1860. Il est probable qu’elle avait porté un autre nom avant la bataille de Solférino
(1859) mais nous l’ignorons.
Elle était livrée à la circulation depuis longtemps lorsque le conseil municipal décida de la classer en même temps que les rues de Clamart et d’Issy le 28 juin 1894, ce que le préfet approuva le 19 janvier 1895. On se disputa à son sujet au conseil municipal où M. Breton ne put obtenir un égout qu’obtint M. Vacherot pour la rue Carnot. L’égout fut construit en 1903, en même temps qu’on lui rattachait l’extrémité de la rue du Dôme.
Le cinéma «l’Artistic», créé en 1913, a vu aussi des réunions publiques, dont l’une des plus spectaculaires fut celle tenue en 1928 par l’ex-chambardeur
(le terme «gorille»n’était pas en usage) Gustave Hervé devenu fasciste, qui déclencha une sérieuse bagarre entre ses gardes du corps et ses adversaires.
Les oeuvres sociales catholiques, qui remontent à 1920, ont été complétées par un dispensaire en 1948.
Avenue du Stade de Coubertin
De l’ avenue Pierre Grenier à la rue du Point du Jour.
Cette avenue a été établie en bordure des bâtiments construits en 1958-1959, qui prolongent la ligne des grandes constructions qui forment un fond aux jardins de la Porte de Saint Cloud depuis la Route de La Reine. Mais, au contraire des voies qu’elle prolonge, elle est entièrement située sur notre territoire. Son ouverture avait été décidée par notre conseil municipal le 28 avril 1959.
Elle fait suite à l’avenue Ferdinand Buisson.
Le Stade a été construit un peu avant la guerre de 1939 par la Ville de Paris et le nom de Pierre de Coubertin lui a été donné pour rappeler celui du fondateur des nouveaux jeux olympiques.
Quai de Stalingrad
Ancien Quai de Billancourt
Chemin départemental n° 1.
Du pont de Billancourt au pont de Sèvres.
Longueur: 170 mètres - Largeur: 16 mètres.
Cet ancien chemin de halage avait été aménagé sous le Second Empire par quelques propriétaires aux abords des
ponts de Sèvres et de Billancourt, mais la plus grande grande partie était demeurée presque à l’état naturel, avec des jardins descendant jusqu’à la berge, lorsque le Conseil Général de la Seine décida de prolonger le chemin de Grande Communication, qui s’arrêtait au
pont de Sèvres, jusqu’au pont de Billancourt
(31 octobre 1884) . Notre conseil municipal accepta de contribuer à la dépense pour un cinquième. La largeur était fixée à 16 mètres. Il y eut des expropriations et le Quai était achevé en 1887. Le nom de Quai de Billancourt lui fut donné par le conseil municipal le 29 juin 1892.
Entre autres mérites, ce quai eut celui de constituer une chaussée à l’abri des inondations de la Seine et où pouvaient se sauver les habitants des villas de l’intérieur situées très en contre-bas.
Les usines Renault, primitivement établies aux abords de la rue Gustave Sandoz et donc fort loin de la Seine, atteignirent le quai dans leur expansion au cours de la guerre de 1914-1918 et ne tardèrent pas à en devenir les seuls riverains sur une grande partie de son étendue. Le pont privé qui joint l’île Seguin à la terre ferme date de 1929.
Le nom de quai de Stalingrad a été donné au quai de Billancourt par le conseil municipal en 1945 en mémoire de la célèbre bataille qui marqua le tournant décisif de la guerre. Le mot veut dire aussi «ville de l’acier»
mais le voisinage des usines n’y est pour rien.
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