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Combats écologistes
La fibre de Francis Choisel est incontestablement et depuis
longtemps écologique. C'est un défenseur de l'environnement, aussi
bien urbain que rural, un promoteur de ce qu'on appelle aujourd'hui le
développement durable.
Il l'a démontré lorsqu'il fut, comme maire-adjoint, chargé de ces
questions à Boulogne-Billancourt. Il l'a écrit et proclamé dans
divers articles .
Lors de sa réélection au Conseil général des Hauts-de-Seine, en
2001, il a d'ailleurs reçu, dès le premier tour, l'investiture de la Confédération
des Ecologistes Indépendants, un mouvement - il faut le préciser -
qui n'a rien à voir avec les anarcho-gauchistes du parti des Verts.
(Voir aussi à notre rubrique «Idées»)
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Les textes ci-après vous permettront également de faire connaissance avec ce
mouvement et ses idées.
Evénements
Actualité
(Valeurs Actuelles - fév. 2010)
Existe-t-il
une écologie sans Voynet?
(janvier 2000)
Article paru dans la Lettre de Francis
Choisel.
Pour tout le monde, l’écologie aujourd’hui, ce sont les Verts : Dominique Voynet et Daniel Cohn
Bendit. Oubliés Antoine Waechter, Brice Lalonde et quelques autres ! Oubliée la diversité du mouvement écologiste depuis ses origines. Et pourtant, Waechter et Lalonde existent encore.
Il existe même depuis peu une Confédération des Ecologistes Indépendants, dont le président est François
Degans, ancien conseiller régional du Languedoc-Roussillon et le secrétaire général François Legrand, conseiller général de la Marne.
François Degans, François Legrand et leurs amis sont de vrais écologistes, des écologistes
«historiques» mais «indépendants». Ils ont claqué la porte lorsque Dominique Voynet et ses amis ont fait main basse sur les Verts.
A l’origine, ils soutenaient Antoine Waechter, malgré certaines divergences d’analyse, parce que celui-ci maintenait une ligne de stricte indépendance du mouvement écologiste vis-à-vis de la droite aussi bien que de la gauche. Mais lorsqu’il a été évincé et que la nouvelle majorité des Verts a rejoint la gauche plurielle pour quelques sièges de député et un poste ministériel, ils ont fait scission et ne le regrettent pas. Car, tous les jours, Dominique Voynet montre qu’elle est de gauche avant d’être écologiste.
Quel rapport en effet entre l’apologie de la drogue et de l’homosexualité ou le soutien aux immigrés illégaux et la défense de la nature ? Quel bilan environnemental en près de trois ans au Gouvernement ? Quel rapport entre Daniel Cohn Bendit et l’écologie ? Il ne faut pas confondre Mai 68 et la préservation de l’environnement.
Antoine Waechter lui aussi a quitté les Verts mais il n’a pas rejoint la C.E.I. (avec un C comme confédération). Il a créé le M.E.I. (avec un M comme mouvement). Comme on le voit, chez les écologistes comme dans les autres partis politiques, c’est très compliqué.
Ce qui distingue les écologistes de la C.E.I., c’est qu’ils voient dans la mondialisation la principale cause de la dégradation de notre qualité de vie. Et ils n’ont pas attendu José Bové pour s’en apercevoir. Dans leur dernier manifeste, ils affirment même qu’il faut,
«démondialiser».
Car la multiplication des échanges, à l’échelle planétaire ou même européenne, c’est plus de transports, plus d’énergie consommée, plus de camions de plus en plus gros sur nos routes, plus d’aéroports, d’autoroutes, de plateformes logistiques, de ports, de gares ferroviaires, c’est-à-dire plus de pollutions, plus de nuisances, la destruction de nos paysages aussi, sans aucun avantage pour le consommateur. La récente marée noire en est une triste démonstration.
Pour assurer le bien-être de chacun, ils faut au contraire
«protéger ce qui est produit et consommé localement et accroître la demande intérieure plutôt que la demande extérieure, afin de faire entrer dans la réalité le vieux slogan écologiste du Vivre et Travailler au
Pays».Voilà pourquoi ils n’ont pu approuver Jacques Delors quand il s’est réjoui de ce que la libéralisation des échanges en Europe allait générer une augmentation des transports de 40 %.
«Cette logique est contradictoire avec la logique écologique» affirme François Legrand. Voilà pourquoi aussi, et entre autres, ils proposent une taxe
«au kilomètre ajouté» entre le producteur et les consommateurs,
«afin que les tomates de Hollande ne viennent plus concurrencer les tomates de Provence à Marseille en plein mois d’août»…
Ils dénoncent évidemment l’agriculture industrielle, dont le contribuable
«paie la facture au seul motif qu’elle exporte et rapporte des
devises»,
Ils se préoccupent aussi de l’environnement urbain :
«De même qu’à l’échelle de notre continent la pollution de notre air résulte du développement des transports interrégionaux issus de la spécialisation des activités par régions, cette pollution est accentuée par l’accroissement de la circulation à l’intérieur des villes, lié à la surconcentration et à la ségrégation urbaines entre les zones résidentielles, les zones d’activités, les zones culturelles et
commerciales.» En un mot, plutôt que d’interdire l’automobile en centre ville ou de multiplier les autoroutes urbaines et les transports en commun, mieux vaut diminuer l’obligation pour chacun de se déplacer. Il y a d’ailleurs des techniques très modernes pour y parvenir, telles que le télétravail.
Tout cela est plus facile à dire qu’à faire, car c’est une vraie révolution culturelle qu’il faudrait accomplir… Mais, au fond, n’ont-ils pas raison ?
Pour obtenir leur manifeste, écrivez-nous. Nous leur transmettrons.
Mondialisation
= pollution
(mai 2001)
Article paru dans la Revue cantonale de
Boulogne-Billancourt.
La mondialisation est un
grand bienfait pour chacun de nous. C’est du moins ce qu’on lit dans
tous les journaux, ce qu’on entend dans tous les discours. Sauf que
Mark et Spencer licencie, et Danone aussi. Alors tout le monde s’émeut,
tout le monde réprouve, la main sur le cœur et le boycott en bandoulière.
On se plaint des conséquences, on accuse les chefs d’entreprise qui
ne font pourtant qu’appliquer l’implacable règle du jeu. Mais on se
garde bien de s’en prendre aux causes, à la mondialisation débridée,
au dogme du libre échange, à la sacro-sainte liberté de circulation
des capitaux, c’est-à-dire au système qui permet, encourage, récompense
la spéculation et asservit les travailleurs de tous pays.
Il en est de même pour notre environnement. Le grand événement du dernier quart de siècle a été la naissance d’un courant écologiste, faisant suite à la prise de conscience des périls que les excès de la société de consommation font courir à notre planète et à nous-mêmes. On se plaint de la pollution qui mine notre santé, du bruit qui ébranle notre système nerveux, des autoroutes qui éventrent nos campagnes, et de tant d’autres choses encore. Mais on oublie que l’une des causes principales de ces maux, c’est la multiplication des déplacements et des transports, en particulier ceux des marchandises, c’est-à-dire la division internationale du travail que provoque le libre échange sans frein. Voilà pourquoi les écologistes ont pour slogan majeur
«vivre et travailler au pays», c’est-à-dire produire et consommer sur place.
L’un d’entre eux, le docteur Gillard, conseiller municipal de Roquefort-les-Pins, dans les Alpes-Maritimes, aime à souligner :
«Regardez ces coteaux. Il y a vingt ou trente ans, ils produisaient les tomates que j’avais dans mon assiette, les fleurs que j’offrais à ma jeune épouse. Aujourd’hui, ces tomates et ces fleurs viennent de Hollande. Quel intérêt? Elles n’en sont ni meilleures ni plus belles. Les maraîchers d’ici et les horticulteurs de la région se portent mal. On construit des autoroutes pour les légumes, des aéroports pour les fleurs. Les camions et les avions polluent. Les accidents se multiplient. On consomme du gazole et du kérosène, qui, de temps à autres, provoquent une marée noire. Tout cela pour quel bénéfice?» Le docteur Gillard, vice-président de la Confédération des Ecologistes Indépendants a raison : pour quel bénéfice?
Sans vouloir rétablir les douanes et les prohibitions, on pourrait tout de même regarder la mondialisation avec un œil plus critique, et expliquer à la
Commission de Bruxelles que le principe de libre concurrence et de rentabilité financière maximale n’est pas la vertu suprême. Un peu d’art de vivre et, pour tout dire, d’humanisme, ne ferait pas de mal dans notre monde contemporain. Les écologistes ont raison. Il faut les écouter, leur donner des responsabilités.
Mais attention aux contrefaçons! Les Verts, version Voynet ou version Mamère, ne sont pas de vrais écologistes. Tout juste des soixante-huitardo-gauchistes envoyés en mission au sein du mouvement écologiste pour les noyauter et les faire verser dans la gauche plurielle. Des gauchistes complices de la mondialisation, partisans effrénés de l’Europe productiviste. Rien à voir avec le docteur Gillard et avec les écologistes indépendants. Eux, ce sont des vrais. C’est même pour cela qu’ils ont claqué la porte des Verts quand Voynet en a pris le contrôle.
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