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Les avatars du théâtre
de Boulogne-Billancourt
Théâtre : retour aux bonnes recettes
(mai 2006)
D'après l'article paru
dans la Revue cantonale de
Boulogne-Billancourt.
Au T.O.P, la gestion de Gildas Bourdet n’a pas convaincu. La saison 2005-2006 a été confiée à un autre directeur, Olivier Meyer, qui a déjà en charge le théâtre Jean Vilar de Suresnes et le conserve.
A la vérité, c’est la conception même de notre théâtre municipal qui a changé. Le parti adopté par Bourdet, et retenu par la ville lorsqu’il fut choisi il y a quelques années, était de maintenir à l’affiche durablement un nombre restreint de pièces que pour la plupart il montait lui-même. Politique de prestige, tournée vers un public parisien et francilien qui n’offrait aux Boulonnais que 6 spectacles par an pour une subvention conséquente. Politique périlleuse qui n’autorise que peu de paris perdus. Et il y en eut, soit par une mise en scène manquée soit par un choix de texte malheureux. Le maire le reconnaissait à la fin de 2003 au Conseil municipal en avouant une fréquentation correspondant à des salles à moitié vides, et un nombre de représentations aboutissant à une ouverture au public un jour sur trois.
Olivier Meyer, quant à lui, propose cette année 25 spectacles (quatre fois plus par conséquent) presque tous produits ailleurs et ayant déjà fait leurs preuves, selon une programmation qu’il qualifie de
«résolument ouverte», c’est-à-dire «alternant répertoires classique et contemporain, formes intimistes et grands spectacles». Les Boulonnais ont ainsi retrouvé Racine avec Bérénice (10 représentations), l’un de nos classiques malheureusement délaissés depuis de trop nombreuses années, en même temps que l’inévitable Feydeau (4 pièces en deux spectacles – 33 représentations) fort bien restitué dans une mise en scène intemporelle. Des adaptations de romans, des lectures de poètes, des contes (Mme de Lafayette, Grimm, Rimbaud, Duras), de la danse, et, bien sûr nombre de pièces contemporaines telles que
Les Vagues de V. Woolf, adaptée par Marguerite Yourcenar (9 représentations) ou, fin du fin, une mise en scène de … Gildas Bourdet (Nuit Blanche, de Gérald Aubert) qui, ainsi ne quitte pas vraiment
Boulogne-Billancourt.
Si l’on nous avait écoutés...
Le T.O.P. renoue ainsi avec la politique théâtrale qui avait fait la réussite du TBB, sous la direction de Bernard Sevège, politique que nous avons soutenu en son temps (voir nos numéros 7 et 9): .
«On ne change pas une équipe qui gagne» avions-nous titré, lorsque fut mis un terme à son contrat avec la ville. Et, lorsque Bourdet annonça
«peu de spectacles sur une plus longue durée» pour faire «un lieu de création pas un théâtre d’accueil», nous avons crié casse-cou :
«Au secours, le TOP revient!». Le T.O.P. est en effet l’appellation d’origine de notre théâtre, avant qu’il ne devienne T.B.B et de nouveau, le T.O.P. Les plus anciens se souviennent de certaines saisons assez mortelles de ce T.O.P. première manière, avec des pièces du style
«théâtre subventionné» et de salles désertes !
Si l’on nous avait écoutés, on aurait pu éviter un passage à vide de quelques années. Mais ne pleurons pas sur le lait renversé et réjouissons-nous du présent : Souhaitons bienvenue à l’équipe d’Olivier Meyer et disons lui
«bravo» pour la saison qui s’achève, en attendant la prochaine.
Reste à régler la question de la salle elle-même. De l’avis de tous, la scène de la rue de la Belle Feuille était inadaptée. Il y eut ensuite l’amiante et le désamiantage, la fermeture, le déménagement à la salle des fêtes au nord de Boulogne, salle refaite et à nouveau refaite à grands frais mais dont la capacité reste trop faible pour rentabiliser correctement chaque représentation. Puis vint le projet d’un nouveau théâtre dans les terrains de
Renault, hypothèse ensuite abandonnée.
Aujourd’hui, il est finalement envisagé de
maintenir le T.O.P. dans ses nouveaux murs, moyennant de nouveaux
travaux car l'actuelle salle n'est toujours pas pleinement satisfaisante
pour son nouvel usage.
Quant à l'ancienne, celle de feu le T.B.B.,
il est actuellement prévu de la rénover (enfin!) et de l'affecter à
la présentation de spectacles de variété, sous la responsabilité
directe de la direction des affaires culturelles de notre bonne ville.
En attendant de nouveaux rebondissements...
Au secours, le T.O.P. revient!
(novembre 2002)
Article paru dans la Revue cantonale de
Boulogne-Billancourt.
«Je souhaite inscrire quatre ou cinq spectacles par saison et les laisser à l’affiche pendant deux mois.» Telle est l’option choisie par le nouveau directeur du théâtre de Boulogne-Billancourt, Gildas Bourdet. Autrement dit,
«jouer peu de spectacles sur une plus longue durée.» Le choix est clair, et assumé :
«J’avais envie d’un lieu de création pas d’un théâtre d’accueil.» On ne peut dire plus crûment que le nouveau théâtre n’est pas destiné aux Boulonnais mais à un public parisien et francilien. Les Boulonnais, eux, qui paient la subvention avec leur impôts, ne pourront, au mieux aller au théâtre que quatre fois par an. Espérons qu’au moins ces quatre spectacles seront bons !
Car cette façon de gérer notre théâtre, nous l’avons connue il y a plus de dix ans. Avec des pièces du genre
«théâtre subventionné» et des salles vides, elle avait mené à la faillite : 9 millions de francs de déficit annuel pour une subvention municipale d’équilibre de sept millions ! Il avait fallu y mettre un terme. On ne rentabilise pas un théâtre comme celui de Boulogne-Billancourt avec quatre spectacles par an. On ne le remplit pas pendant deux mois avec la même pièce (il faut pour cela attirer au total plus de quinze mille spectateurs différents …)
C’est précisément avec une politique inverse que Bernard Sevège avait redressé financièrement le T.B.B. et rempli à nouveau la salle : accueil de spectacles divers qui attiraient un large public boulonnais et, en complément, des créations financées en partenariat et rentabilisées par des tournées en province. Hélas, pour incompatibilité d’humeur, la municipalité a décidé de s’en séparer.
«On ne change pas une équipe qui gagne» disions-nous dans notre n°6. Eh bien si, semble-t-il ! Et pour revenir à une technique qui perd.
Quant aux murs, on va à nouveau dépenser plus de six millions de francs (968.000 euros) pour les remettre à niveau. La salle provisoire, malgré des travaux déjà très coûteux, ne donnait toujours pas satisfaction. Pendant ce temps, l’ancienne salle de la rue de la Belle Feuille, désamiantée depuis belle lurette, est toujours inutilisée. Et la nouvelle, dans les terrains de Renault, est programmée pour 2010 ou 2015.
Une dernière information : le «nouveau» théâtre s’appellera le T.O.P. (Théâtre de l’Ouest Parisien), comme autrefois, à l’époque où le public boulonnais boudait ses spectacles.
Sinistre présage.
T.B.B.: On ne change
pas une équipe qui gagne
(février 2001)
Article paru
dans la Revue cantonale de
Boulogne-Billancourt.
Qui se souvient du Théâtre de Boulogne-Billancourt d’il y a dix ans ? Six pièces par an seulement, bien souvent du genre
«théâtre contemporain», jouées devant des salles à moitié ou aux trois-quarts vides. De trop nombreux jours de fermeture pour cause de répétitions. Et un déficit d’exploitation supérieur de 2 millions de francs au montant voté de la subvention municipale. Cela ne pouvait pas durer.
Heureusement, Paul Graziani, en devenant maire, prit le problème à bras le corps. Sur la suggestion de Francis Choisel et de Guy
Baroli, alors maires adjoints, il nomma Bernard Sevège, conseiller municipal U.D.F., à la tête du T.B.B. C’était un pari, que beaucoup, à l’époque, contestaient. Pourtant, Bernard Sevège avait le profil idéal. Analyste financier, il avait aussi, dans sa jeunesse, suivi des cours d’art dramatique et de mise en scène : il était à la fois artiste et gestionnaire. Son sens de la communication fit le reste. Il réussit d’ailleurs si bien qu’il a depuis longtemps abandonné tout mandat électif pour être, à temps plein et professionnellement, directeur du théâtre.
Très rapidement, le T.B.B. offrit aux Boulonnais pas moins de 35 spectacles par an, pour tous publics : théâtre classique et de boulevard, opérettes, ballets, chansons, chansonniers, etc., avec de nombreuses
vedettes. Les salles sont pleines. Le budget a été redressé. Les spectateurs sont satisfaits, et le contribuable aussi.
Hélas, pour cause de désamiantage, la ville a fermé la salle de la Belle Feuille. Elle a
exilé le T.B.B. à l’extrême nord de Boulogne, à la salle des fêtes de l’avenue Jean-Baptiste Clément, avec les problèmes liés à une salle de 430 place au lieu de 685, et aux difficultés du stationnement à proximité. Bernard Sevège a relevé le défi, mais la fréquentation a tout de même baissé de 40 %. Situation provisoire ? Peut-être. Mais les travaux de désamiantage sont terminés depuis de nombreux mois et la salle de la Belle Feuille reste fermée et inutilisée. On voudrait étrangler notre théâtre qu’on ne s’y prendrait pas autrement.
D’autant plus que la convention qui le lie à la ville vient d’être dénoncée lors de la dernière réunion du conseil municipal, empêchant toute programmation pour la saison 2001-2002. Quel est le tort de l’équipe de Bernard Sevège ? Peut-être d’avoir été nommé avant l’arrivée de l’actuelle municipalité. Comme ce fut le cas pour l’association de gestion de la piscine et de la patinoire, présidée par Yan Le
Men. Il n’y a pas d’autre explication.
On parle certes d’une nouvelle salle de théâtre sur les terrains de Renault. Il serait temps, en effet, de rapatrier le T.B.B. dans le canton, dont on l’a chassé. Dans une salle adaptée, centrale, proche d’un parc de stationnement et d’une station de métro. Mais sans attendre 2010 ou 2015! Francis Choisel s’engage à lutter dans ce sens.
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