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Article paru dans la
Revue cantonale de Boulogne-Billancourt
(n°12, mai 2005)
Immobilier : trop c'est trop
Coûteux coup d’envoi de la
nouvelle vague d’aménagement des terrains de Renault, avec l’îlot «EE»
(rue Heyrault – rue de la Ferme). «Du trois pièces au triplex»
annonce la publicité de l’un des promoteurs.
Et pas à n’importe quel
prix : en moyenne 6.000 euros le mètre carré (40.000 francs), frais de
notaire compris mais hors emplacements de stationnement. Soit des
appartements qui sont mis sur le marché entre 2,5 (pour un deux pièces)
et 7 millions de francs (pour les plus grands).
Le Conseil cantonal de
Billancourt, saisi par le conseiller général, s’en est ému dans un vœu
où il estime que «de tels programmes de construction sont hors de
portée de la grande majorité des Boulonnais» et qu’ils «conduiront
ainsi à une profonde transformation du canton et de la ville».
Pour lui, et c’est une
évidence, ces prix exorbitants vont tirer à la hausse l’ensemble du
marché : le neuf, l’ancien et aussi les loyers. Personne ne sera
épargné. Sans compter le risque d’un brusque effondrement comme en 1990,
qui atteindrait de plein fouet l’aménagement des terrains de Renault,
comme cela avait été le cas il y a quinze ans pour le centre ville.
Combien de familles
modestes, de couples avec enfants, d’employés, de cadres moyens
seront-ils chassés par la cherté nouvelle ? «Détruisant ainsi,
souligne le Conseil cantonal, la mixité sociale et l’heureuse harmonie
de notre ville».
Le Conseil cantonal
rappelle aussi que les plus aisés seront touchés, même s’ils ne
souhaitent pas déménager dans Boulogne-Billancourt pour s’agrandir. Sans
rien faire, ils franchiront automatiquement le seuil de l’impôt sur la
fortune (ISF), tout simplement parce que le prix de leur appartement
aura augmenté.
Aussi, le Conseil cantonal
appelle-t-il «les promoteurs à revenir à la raison» et demande-t-il «aux
autorités municipales de manifester à leur tour leur désapprobation pour
faire cesser cette spéculation irresponsable».
Vœu pieux ? Peut-être, si
l’on considère que la hausse est générale en Île-de-France. Mais
Boulogne est particulièrement touchée. Et les prix de Billancourt
s’alignent sur ceux pratiqués dans le nord, il y a quelques années.
Il fallait bien que la
sonnette d’alarme fût tirée pour qu’une prise de conscience s’opère dans
la profession. La capacité de persuasion de la ville, qui attribue les
permis de construire, n’est en outre pas nulle à cet égard.
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