© 2006, LE SITEMESTRE

 
Article paru dans la Revue cantonale de Boulogne-Billancourt
(n°12, mai 2005)

Immobilier : trop c'est trop

Coûteux coup d’envoi de la nouvelle vague d’aménagement des terrains de Renault, avec l’îlot «EE» (rue Heyrault – rue de la Ferme). «Du trois pièces au triplex» annonce la publicité de l’un des promoteurs.

Et pas à n’importe quel prix : en moyenne 6.000 euros le mètre carré (40.000 francs), frais de notaire compris mais hors emplacements de stationnement. Soit des appartements qui sont mis sur le marché entre 2,5 (pour un deux pièces) et 7 millions de francs (pour les plus grands).

Le Conseil cantonal de Billancourt, saisi par le conseiller général, s’en est ému dans un vœu où il estime que «de tels programmes de construction sont hors de portée de la grande majorité des Boulonnais» et qu’ils «conduiront ainsi à une profonde transformation du canton et de la ville».

Pour lui, et c’est une évidence, ces prix exorbitants vont tirer à la hausse l’ensemble du marché : le neuf, l’ancien et aussi les loyers. Personne ne sera épargné. Sans compter le risque d’un brusque effondrement comme en 1990, qui atteindrait de plein fouet l’aménagement des terrains de Renault, comme cela avait été le cas il y a quinze ans pour le centre ville.

Combien de familles modestes, de couples avec enfants, d’employés, de cadres moyens seront-ils chassés par la cherté nouvelle ? «Détruisant ainsi, souligne le Conseil cantonal, la mixité sociale et l’heureuse harmonie de notre ville».

Le Conseil cantonal rappelle aussi que les plus aisés seront touchés, même s’ils ne souhaitent pas déménager dans Boulogne-Billancourt pour s’agrandir. Sans rien faire, ils franchiront automatiquement le seuil de l’impôt sur la fortune (ISF), tout simplement parce que le prix de leur appartement aura augmenté.

Aussi, le Conseil cantonal appelle-t-il «les promoteurs à revenir à la raison» et demande-t-il «aux autorités municipales de manifester à leur tour leur désapprobation pour faire cesser cette spéculation irresponsable».

Vœu pieux ? Peut-être, si l’on considère que la hausse est générale en Île-de-France. Mais Boulogne est particulièrement touchée. Et les prix de Billancourt s’alignent sur ceux pratiqués dans le nord, il y a quelques années.

Il fallait bien que la sonnette d’alarme fût tirée pour qu’une prise de conscience s’opère dans la profession. La capacité de persuasion de la ville, qui attribue les permis de construire, n’est en outre pas nulle à cet égard.

 

Le vœu du Conseil cantonal

Vos réactions

 

© 2006, Le Sitemestre