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Les difficultés du stationnement à Billancourt

Rapport adopté le 18 avril 2005
par le Conseil cantonal de Billancourt

Saisi par plusieurs de ses membres des graves difficultés que rencontre le stationnement résidentiel dans le canton,

Entendues les propositions du groupe de travail qu’il a délégué à cet effet, animé par MM. Denis Blanc, Gilles Pallier et Julien Dufour.

Ayant délibéré en ses séances du 14 mars et du 18 avril 2005,

 

LE CONSEIL CANTONAL ADOPTE LE RAPPORT SUIVANT:

 

CONSTAT

La simple observation du quotidien comme la lecture des documents d’urbanisme et d’aménagement font apparaître de graves lacunes :

  • dans la maîtrise du trafic de transit, avec les conséquences néfastes que cela engendre notamment pour l’environnement et le cadre de vie,

  • dans l’offre en places de stationnement à caractère résidentiel,

  • dans la répartition de l’espace public entre ses divers usages et usagers (circulation, stationnement automobile et des deux roues, usage piétonnier).

Il convient également de faire état:

  • de la sous-utilisation des parcs publics de stationnement alors que l’on constate en même temps la sur-utilisation anarchique de places de stationnement de voirie. Il est à noter que le sentiment d’insécurité, par exemple dans le quartier du pont de Sèvres, n’est pas étranger à ce phénomène;

  • des difficultés quotidiennes à maîtriser le trafic de proximité, le stationnement de véhicules de non-résidents et les encombrements liés aux véhicules de livraison.

Deux images fortes illustrent ce constat succinct :

  • La «tête du pont de Sèvres» et «l’entrée du Pont de Saint Cloud», aux frontières du canton, sont deux points noirs de dimension nationale pour la circulation de transit.

  • Trois stades également de dimension nationale (Parc des Princes, Coubertin, Roland Garros) enserrent le canton, avec les conséquences bien connues les jours de manifestations sportives.

La perspective drastique de l’aménagement des terrains de Renault (le trapèze) et divers projets d’urbanisation vont sans doute rendre la circulation et le stationnement encore plus difficiles dans un proche avenir. Rappelons qu’une projection démographique porte à 130 000 habitants la population boulonnaise, à l’horizon de 2015. Quant au canton de Billancourt, il compte aujourd’hui 44 000 habitants, et la projection liée aux projets d’aménagement du « trapèze» en rajoute de 12 à 15 000.

Il semble que les solutions proposées dans le PLU et le PADD pour traiter ces problèmes soient adaptées, mais que leur mise en œuvre ne soit envisagée que lorsque démarreront les projets immobiliers et en particulier ceux relatifs au quartier du trapèze.

Rappelons en outre que, concernant l’habitat existant, se pose le problème de son âge et que de nombreux immeubles ont été conçus sans garages, et sans possibilité d’en aménager, lors même que les évolutions économiques et sociologiques ont multiplié l’usage de véhicules.

La situation rapidement décrite ci-dessus doit naturellement être nuancée selon les quartiers.

  • Ainsi, il semble que le nouveau quartier du Point du Jour ne présente pas de gros problèmes de stationnement.

  • En revanche, dans certains autres, la situation est infernale dès la tombée du jour : il est tout simplement impossible, pour de nombreux résidents ne disposant pas d’un garage, de stationner normalement leur véhicule ; ne parlons pas des visiteurs ; les parkings privés de proximité sont évidemment saturés. C’est le cas du «quartier Pouillon», frontalier avec Renault.

Une étude précise de cas mettrait en relief l’empilement et la sédimentation de microdécisions qui, au fil du temps, ont réduit comme peau de chagrin le stationnement résidentiel, parfois sans raison apparente, ou alors dont la raison a disparu. Dans cette perspective, est annexé au présent rapport, sous forme de liste, un florilège de cas aberrants afin d’illustrer concrètement cette situation.

Le Conseil cantonal considère que des solutions doivent en conséquence être proposées et des actions entreprises hic et nunc. En outre, même si le stationnement n’est que l’une des composantes de la politique de mobilité et d’accessibilité en milieu urbain (circulation, transports collectifs, circulations «douces»), et n’est pas une fin en soi, il doit toujours procéder des autres besoins et il est, aujourd’hui dans le canton, le problème à traiter en priorité.

 

PROPOSITIONS

Le Conseil cantonal de Billancourt propose donc les pistes de réflexion et solutions suivantes :

  • Rendre au stationnement résidentiel de surface un certain nombre des espaces «légaux» qui lui ont été soustraits en trop grand nombre et sans toujours une justification suffisante ;

  • Lancer un programme de construction de petits parcs publics de stationnement de proximité, et diligenter au plus tôt pour ce faire une étude déterminant les emprises afférentes ;

  • Prendre en compte dans l’aménagement du «Trapèze» lui-même non seulement les besoins en stationnement de ce futur quartier mais également ceux des actuels quartiers environnants ;

  • Étudier la pertinence d’un parc de stationnement central de grande capacité au coeur du canton, ou celle d’implantations de taille moyenne à la périphérie : pont de Sèvres (qui existe déjà mais est peu utilisé), pont de Billancourt, pont de Saint Cloud.

  • Envisager à l’échelle de la communauté d’agglomération, du syndicat mixte du Val-de-Seine voire du département des solutions devant exister au-delà des frontières de Boulogne, notamment à Sèvres dans la perspective d’un accès par l’Île Seguin réaménagée, et à Paris.

Ensuite, le Conseil cantonal souhaite mettre plus particulièrement en avant la solution innovante suivante :

  • mettre à disposition des résidents des places de parking d’entreprises totalement inutilisées,

  • favoriser la mixité d’utilisation de places par les voitures de résidents la nuit et des voitures d’employés de l’entreprise le jour. Il conviendrait, dans ce dessein, de se rapprocher des entreprises privées offrant un potentiel de parking résidentiel de soirée et nuit.

Dans cette démarche, la municipalité pourrait utilement jouer un double rôle d’information et de médiation.

Enfin, le Conseil cantonal s’interroge sur l’évolution récente des réglementations d’urbanisme, et notamment l’abandon de la notion de COS (coefficient d’occupation des sols) au profit de calculs en termes de «gabarit» qui aboutit à une densification de petites parcelles où, techniquement, ne peuvent être construits des emplacements de stationnement en nombre suffisant.

 

Annexe au rapport (Répertoire d’exemples illustrant les constats de rapport)

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