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La propreté à Billancourt
Rapport adopté le 3 avril 2006
par le Conseil cantonal
de Billancourt
Saisi par plusieurs de ses membres des plaintes répétées d’habitants du canton relatives au manque récurrent de propreté dans le canton,
Entendues les propositions du groupe de travail qu’il a délégué à cet effet, animé par M. Gilles
Pallier et composé en outre de Mme Monique Anelli, M. Bernard Dauban, Mme Michelle
Vieuille et M. Alain Weiss,
Ayant délibéré en ses séances du 12 décembre 2005 et des 21 février et 3 avril 2006,
LE CONSEIL CANTONAL ADOPTE LE RAPPORT SUIVANT:
CONSTAT
Il suffit de parcourir régulièrement les rues du canton de Billancourt pour s’apercevoir que détritus et encombrants de toutes sortes jonchent au quotidien la voirie, les trottoirs et
certains espaces, que ceux-ci soient publics ou privés.
Même si certaines rues et certains quartiers sont plus mal lotis que d’autres, c’est l’ensemble du canton qui est victime de cet état de fait et chacun a sa part de responsabilité qu’il s’agisse :
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de particuliers ;
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de commerçants, d’artisans, d’industriels, de prestataires de services ;
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des services ou organismes ayant pour mission d’éduquer et de sensibiliser à ces
problèmes de propreté, de prévenir les agissements fautifs et de les sanctionner ;
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des services ou sociétés ayant pour mission d’organiser la collecte des détritus et des encombrants et de procéder à leur évacuation.
La bonne volonté dont font preuve certains de nos concitoyens est souvent découragée par un manque évident de civisme et d’éducation de la part de nombre d’autres, que ceux-ci résident, travaillent ou soient de passage dans notre canton et qu’il s’agisse :
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de détritus alimentaires et de déjections animales dispersés sur la voirie ou rassemblés tant bien que mal de manière anarchique dans des sacs en plastique de fortune ;
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de poubelles fixes ou mobiles qui regorgent de détritus, de conteneurs dont l’usage est soit insuffisant soit détourné et qui deviennent hélas le point de ralliement pour déposer alentour tout et n’importe quoi ;
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de prospectus, de documents publicitaires qui jonchent le sol, d’affichage sauvage sur les infrastructures et équipements urbains, de graffitis ;
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de matériaux d’emballage et de gravats ;
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d’équipements ménagers usagés et de leurs accessoires (sanitaires, réfrigérateurs,
cuisinières, ballons d’eau chaude, etc. – téléviseurs, hi-fi, ordinateurs, etc.) ;
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d’encombrants et d’épaves de toute nature dont la liste serait trop longue à énumérer (fenêtres, vitres, panneaux, etc. – épaves automobiles et leurs accessoires : batteries, pneus, pots d’échappement, etc. – résidus chimiques, etc.).
Face à une telle situation, les membres du Conseil cantonal estiment qu’il est urgent de prendre des mesures de lutte efficace contre les causes à l’origine de ce manque de
propreté qui, au delà des désagréments pour la vue et l’odorat qu’il génère, est également porteur de risques potentiels pour la santé et pour la sécurité des habitants du canton.
Ils souhaitent la mise en œuvre d’un plan d’action visant à :
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faire prendre conscience à chacun de la nécessité de la propreté;
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modifier sensiblement les habitudes en encourageant ceux qui ont un comportement positif et en luttant contre ceux qui délibérément font abstraction du sens civique le plus élémentaire;
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réaliser les investissements en moyens humains et matériels nécessaires à une réelle propreté de l’espace public ;
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améliorer l’organisation des moyens existants et leur adaptation dans l’espace et dans le temps.
PROPOSITIONS
En conséquence, le Conseil cantonal de Billancourt préconise les solutions ci-après, qu’il lui semble important d’inscrire à la fois dans un proche avenir et dans la durée :
Organiser une vaste opération de « Mobilisation générale pour la propreté de la ville ».
Cette opération doit être concentrée sur une quinzaine de jours, afin de sensibiliser
simultanément et massivement tous les acteurs (particuliers, commerçants, artisans, industriels, prestataires de services), qu’ils soient résidents ou qu’ils travaillent dans notre canton.
On évitera ainsi de montrer du doigt certaines catégories de citoyens plus que d’autres (les propriétaires de chiens par exemple), démarche habituelle qui ne permet pas de progresser sereinement et qui, au gré des circonstances, amène chacun à se donner bonne conscience en se persuadant que les autres sont la cause de ses malheurs.
Elle doit être menée avec l’appui et la participation de toutes les institutions concernées (services municipaux, établissements scolaires, associations, entreprises), qu’elles soient
chargées des études et de l’organisation, de la surveillance sur le terrain du respect de la réglementation ou de la collecte des déchets.
L’objectif est d’opérer une prise de conscience civique générale en vue d’aboutir à une motivation collective face aux problèmes de propreté et de dégager des solutions nouvelles par un recours à toutes les imaginations et compétences présentes sur notre territoire.
La communication de la communauté d’agglomération et de la municipalité, de leurs relais et de leurs partenaires devra porter non seulement sur les enjeux de la propreté (confort,
esthétique, hygiène, image de la ville, etc.) mais aussi sur les moyens matériels et financiers mis en œuvre, leur destination et leur répartition. Sur ce second aspect des choses, il s’agira de montrer l’effort consenti par la collectivité et de faire prendre conscience du coût des comportements inciviques mais aussi de donner à chacun les éléments d’une réflexion éclairée sur ces sujets.
Une exposition devra être organisée sur ce thème en un lieu public de grand passage. Elle sera accompagnée d’une campagne d’affichage et de distribution de prospectus dont l’originalité résidera dans le fait que les élus, ainsi que le personnel en charge de ce
problème, participeront eux-mêmes sur le terrain à la distribution des documents et y
engageraient directement le dialogue avec les habitants. La participation du personnel vise à ce qu’il se sente valorisé et en retire une motivation supplémentaire.
Les citoyens seront appelés à contribuer à l’établissement d’un diagnostic général (nature des carences) et local (rues, quartiers) dans un esprit de participation à la gestion de la cité plutôt que d’expression d’un mécontentement passif.
En outre et dans le même esprit, il leur sera demandé de formuler des propositions, dont il conviendra de réaliser une synthèse écrite afin qu’elles débouchent effectivement sur des solutions.
Comme pour les enquêtes publiques d’urbanisme, un cahier sera mis à disposition dans le cadre de l’exposition.
Respecter, distinguer et récompenser
Avant de gourmander et de réprimer, il faut encourager, distinguer et récompenser les bons comportements.
Par exemple, ceux qui alertent ponctuellement ou régulièrement les services sur les problèmes ne doivent pas être perçus comme des plaignants, des contestataires ou des
enquiquineurs mais au contraire comme d’utiles auxiliaires. Il faut, en tout cas, le plus rapidement possible répondre à leur sollicitation.
De même, il est nécessaire de mieux renseigner, mieux guider et mieux accueillir ceux qui font l’effort d’aller à la déchetterie.
Le Conseil cantonal suggère en outre d’organiser sur des thèmes ciblés liés à la propreté un palmarès entre quartiers, entre immeubles, entre commerçants, comme il en existe pour les balcons fleuris.
Dans ces diverses actions de valorisation, une attention toute particulière devra être portée aux acteurs les plus déterminants que sont les gardiens d’immeubles, les conseils syndicaux et les commerces.
Avertir, réprimander, sanctionner
A l’égard de ceux qui souillent ou encombrent délibérément l’espace public, il est du devoir des institutions d’appliquer la loi et de faire respecter la réglementation. Ne pas le faire, c’est abdiquer sa responsabilité et contribuer ainsi à la perte de confiance des citoyens envers lesdites institutions et décourager les bonnes volontés.
Au premier chef, le principe du « pollueur - payeur » doit s’appliquer.
Il serait aussi possible d’instituer une journée d’intérêt général sur le thème de la propreté, dans laquelle on impliquerait plus que tous autres ceux qui se comportent de manière négative.
Adapter l’organisation et les moyens mis en oeuvre
Il faut faire preuve de souplesse dans l’organisation afin de coller au plus près possible des besoins et éviter que s’enracinent certains comportements.
Il peut ainsi être judicieux de renforcer en un moment donné les moyens logistiques ou les effectifs, par exemple :
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augmenter le nombre de corbeilles ou de conteneurs mis à disposition quand on
constate que leur nombre insuffisant à certains endroits génère des dérives alors que peut-être à d’autres endroits on constate une
sous-utilisation ;
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installer des conteneurs de récupération des piles, batteries, des huiles de vidange et autres produits polluants et impliquer dans cette opération les professionnels
concernés ;
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multiplier les points où les propriétaires de chiens peuvent se procurer des sacs de récupération ;
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augmenter la fréquence de ramassage des feuilles en automne ;
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mettre en place une équipe chargée de traiter le problème des dépôts sauvages.
Il est aussi souhaitable d’adapter certains horaires ou certains jours de ramassage :
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par exemple pour les encombrants, afin de tenir compte du fait que nombre de
personnes procèdent à leur mise sur la voirie le samedi ou le dimanche.
Il convient enfin d’assurer une veille et un ramassage permanent afin que la ville ne soit pas propre à heures fixes seulement :
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en affectant en permanence une personne à la collecte au fur et à mesure des papiers et autres petits détritus comme cela se fait pour les déjections d’animaux ;
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en augmentant la fréquence de passage des inspecteurs chargés de la propreté et en leur donnant dans certaines circonstances des consignes de sévérité accrue.
Créer un « observatoire permanent de la propreté »
Les quelques orientations qui viennent d’être exposées font le plus souvent appel à la
responsabilité de chacun. Et elles s’appuient sur la conviction que c’est aux autorités de donner l’élan pour que la motivation l’emporte sur l’apathie, le découragement et le laisser-aller.
Toutefois, s’il appartient aux responsables de donner l’impulsion et au besoin de
sanctionner, c’est là une condition nécessaire mais non suffisante ; car la propreté est révélatrice de comportements ancrés au fil du temps. Seule une action de longue haleine et une attention permanente permettront d’améliorer sensiblement la vie au quotidien de nos concitoyens dans ce domaine.
C’est pourquoi le Conseil cantonal de Billancourt préconise la mise en place d’un
observatoire permanent de la propreté dans le canton de Billancourt, impliquant tous les citoyens qui y vivent ou y travaillent.
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