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Entretien avec Francis Choisel, conseiller général délégué à l’Enseignement supérieur, à la recherche et à la francophonie, publié dans le cadre de la tribune du groupe UMP, dans 92 Express, le magazine mensuel du Conseil général des Hauts-de-Seine.
(octobre 2004)

Le département de la matière grise

Quelle est l’ambition affichée par le département des Hauts-de-Seine en matière d’enseignement supérieur ?

Dans le cadre des Etats Généraux des Hauts-de-Seine, Nicolas Sarkozy a souhaité que nous ayons , début novembre, un débat sur notre politique d’enseignement supérieur et de recherche. Avec une idée en tête : que nous devenions le « département pilote en France » en ces domaines, grâce à une « politique ambitieuse et innovante ».

On pourra s’en étonner si l’on considère que les compétences du Conseil Général en la matière sont quasiment inexistantes, même après la récente loi de décentralisation (dite « loi Raffarin »).

Mais dans les Hauts-de-Seine, la majorité départementale a pour habitude d’aller au-delà de ce que lui impose la loi, si cela est nécessaire pour le bien de ses administrés.

Ainsi, déjà, nous avons une politique universitaire. Le Pôle Léonard de Vinci, université départementale pilote, en est le fleuron. Qui ne la connaît pas ? Car elle a fait grincer quelques dents : son caractère novateur dérange.

Au-delà, nous versons une importante subvention annuelle à notre université publique principale, emblématique elle aussi, qui a fait couler beaucoup d’encre en d’autres temps, celle de Nanterre-Paris X . Nous construisons pour elle de nouveaux bâtiments, nous lui avons aménagé un nouveau stade, nous sommes engagés dans l’implantation d’un IUT à Gennevilliers. Sans oublier les centres de recherche, tels que le Commissariat à l’Energie Atomique à Fontenay, dont nous allons financer d’importants investissements, ou encore les bourses aux étudiants et les nombreuses aides ponctuelles à des programmes de recherche menés dans notre département. Et ce ne sont là que des exemples.

Quelle est la synergie possible avec la politique de recherche ?

Il faut savoir que le potentiel de recherche des Hauts-de-Seine est l’un des plus forts de France, juste après Paris, au sein de l’Ile-de-France, qui, elle, est la première région scientifique d’Europe. Le Conseil Général ne peut ignorer cette spécificité, cette identité même de « département de la matière grise » qui pourrait être la sienne. Ce sera l’un des axes nouveaux de notre politique.

Tout n’est pas rose, cependant. On parle de délocalisation, de celle des entreprises, de celle des chercheurs, de fuite de cerveaux- pillage devrait-on même dire- dans le cadre de cette guerre économique planétaire qu’on appelle « mondialisation ».

Voilà pourquoi, au-delà de ces réussites, la majorité départementale veut aller plus loin. Voilà aussi pourquoi, avec Nicolas Sarkozy, elle considère la réflexion sur ce sujet comme « essentielle pour notre département ». Stratégique même.

Un partenariat avec le monde de l’entreprise est-il envisageable?

Le récent rapport de Christian Blanc au Premier Ministre évoque ce sujet. C’est par l’interaction au niveau local entre recherche, formation et entreprises, dans des secteurs de compétence bien ciblés et adaptés au territoire concerné, que l’on développera notre compétitivité, que l’on atteindra l’excellence, bref que l’on fera la course économique en tête et que l’on relocalisera les emplois et les bénéfices dans notre pays. C’est une piste que nous suivrons, celle des « systèmes locaux de compétitivité».

On néglige aussi trop souvent l’expertise des universités et des laboratoires, notamment dans les sciences humaines, qui pourraient participer à la définition, à la mise en œuvre, à l’évaluation des politiques publiques. Expertise qu’Allemands et Américains savent parfaitement utiliser dans le cadre de « laboratoires d’idées » et autres « fondations ». C’est une autre piste qui mérite d’être explorée : celle d’un partenariat renforcé où la « commande publique » active prendrait la place de l’aide passive et de la subvention.

Bien d’autres idées sont examinées par les conseillers généraux et par l’administration départementale en liaison avec nos partenaires. Chacun d’ailleurs est convié à apporter sa pierre à la réflexion, puisque l’automne dans les Hauts-de-Seine sera consacré à la concertation et au dialogue.

 

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