© 2006, LE SITEMESTRE

 
Article paru en mai 2005 dans la Revue cantonale de Boulogne-Billancourt

Pôles de compétitivité 
la formule qui a le vent en poupe

« Pôle de compétitivité », le mot a été lancé par un rapport du député UDF des Yvelines, Christian Blanc, ancien PDG d’Air France. Et il a été repris par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, en particulier par Nicolas Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’Economie et des Finances : c’est autour de ces pôles de sera conçu demain le développement économique et l’aménagement du territoire de notre pays. De quoi s’agit-il ?

Pour résumer, Christian Blanc a cherché la recette miracle qui permettra à la France de retrouver une croissance forte et de reprendre la première place dans la compétition économique mondiale. Il a étudié pour cela l’exemple de la Californie, mais aussi ce qui se fait dans la région de Grenoble, ou même au Costa Rica. Et il croit avoir trouvé.

Recette miracle

C’est à l’échelle locale – régionale ou départementale – que se trouve aujourd’hui la clef du succès. Paradoxe à l’ère de la mondialisation et du «village planétaire» ! Mais réalité néanmoins. A cette échelle les relations personnelles, l’organisation de déjeuners et de réunions, les échanges informels, les discussions techniques en tête à tête, sont les plus aisés. Ainsi se créent plus facilement les conditions de la créativité

Au cœur du système, se trouvent les chercheurs, ceux de l’université, ceux des laboratoires publics, ceux des entreprises. A l’autre bout de la chaîne de production, maillon indispensable, les consommateurs. Pour enclencher une dynamique forte de l’innovation, l’existence d’un « marché porteur » à proximité des créateurs est en effet nécessaire. C’est l’utilisateur « intelligent » qui peut faire connaître au chercheur ses besoins, son jugement sur les produits disponibles, lui souffler des idées. 

Et cette dynamique doit se concentrer localement sur une technique précise et innovante qui développe toutes ses applications possibles à divers produits ou, mieux encore, sur un produit, qui fédère dans une même zone tous les savoir-faire scientifiques et industriels nécessaires à sa conception et à sa fabrication. Sans oublier la formation : professionnelle bien sûr, mais aussi supérieure.

L’idée, en fait, n’est pas nouvelle : l’histoire et la géographie nous montrent de nombreux exemples de spécialisations régionales. Ce qui est nouveau, c’est l’idée que l’on puisse par une démarche volontaire créer de tels pôles d’excellence et de production, au lieu d’attendre qu’ils se constituent spontanément ou… qu’ils ne se constituent pas.

Un pôle de compétitivité groupe donc à l’échelle régionale ou départementale, des centres de recherche, des universités, des entreprises, autour d’une spécialité donnée, d’un produit, d’une filière scientifique et industrielle. Son principe, qui rappelle celui de la réaction nucléaire, repose sur l’existence d’une masse critique et sur la stimulation des interactions au sein du pôle.

Il repose aussi sur la recherche de l’excellence au plan mondial, ou au moins national, et sur sa visibilité internationale. Ainsi fonctionne-t-il dans son domaine comme un aimant pour les meilleurs cerveaux et pour les entrepreneurs les plus dynamiques.

Dans le département, trois spécialisations 

Reprenant la démarche de Christian Blanc, le Gouvernement a décidé de « labelliser » un certain nombre de pôles dans le pays et de les financer par des aides ou des exonérations. Il a lancé pour cela un appel à candidatures, chacun étant incité à se rapprocher de ses partenaires habituels ou potentiels pour soumettre à une commission de sélection une liste de projets de recherche et d’industrialisation.

Dans les Hauts-de-Seine, Francis Choisel, qui y avait réfléchi dans son rapport (voir ci-contre), a été chargé par Nicolas Sarkozy de suivre ce dossier, en liaison avec le préfet de Région, le Conseil régional, les chercheurs, les universitaires et les entreprises.

Notre conseiller général a retenu trois thèmes, qui correspondent aux potentialités exceptionnelles de notre territoire. Il se trouve que notre ville est concernée au premier chef par deux d’entre elles.

L’image, la « vie numérique » et le multimédia (notamment dans leurs applications documentaires et éducatives) concerne surtout le centre du département, particulièrement Boulogne-Billancourt et le Val de Seine, qui disposent de fortes compétences dans ce domaine.

La seconde spécialisation touche plutôt le sud. Il s’agit du secteur de la santé et de la pharmacie. Mais Billancourt est aussi concerné, avec le projet de la ville d’installer précisément un « pôle de santé » sur l’Ile Seguin. Ce pôle s’inscrirait parfaitement dans le pôle plus large du sud francilien. Francis Choisel a beaucoup œuvré, avec Jean-Pierre Fourcade, pour que ce projet soit pleinement pris en compte dans le dossier de candidature.

Dernier thème : l’aéronautique. Notre département est le berceau mondial de l’aviation et détient encore du nord au sud une forte capacité de production industrielle et de recherche dans ce secteur. Concurrencé par Toulouse, il n’en reste pas moins très puissant.

Ces trois spécialisations ont été retenues par la Région. Les trois dossiers de candidatures ont donc été déposés. Ainsi qu’un quatrième, plus centré sur la zone d’Orsay et de Saclay, mais qui concerne aussi les Hauts-de-Seine. Il porte sur les applications informatiques complexes, qui débouchent par exemple sur des systèmes de navigation embarqués ou de gestion en temps réel de paramètres divers.

Tout cela est très technique. Mais là se joue notre avenir, celui de nos emplois, de notre puissance économique, de notre influence scientifique, culturelle et politique en Europe et dans le monde. Dossier essentiel par conséquent pour notre pays et pas seulement pour notre département. A suivre…

Le site gouvernemental sur les pôles de compétitivité

Méditech Santé en ligne

Systématic Paris-Région en ligne

Image, Multimédia, Vie numérique - Ile de France en ligne

 

© 2006, Le Sitemestre