|
|
|||||
|
|
Editorial de la Lettre de Francis Choisel(décembre 1994)Un geste de solidaritéFace au fléau du chômage qui frappe la France, on peut à juste titre accuser l'incompétence des gouvernements successifs et réclamer avec raison de nos dirigeants des mesures radicales. Mais, au lieu d'attendre passivement – et peut-être en vain – que nos ministres fassent enfin cesser l'hémorragie de nos emplois, chacun de nous a mieux à faire.Puisque nous sommes dans un système de libre concurrence, la santé de notre économie repose d'abord sur le comportement de chacun des consommateurs, c'est-à-dire sur chacun de nous.Consommer français, c'est contribuer à créer ou maintenir un emploi, à donner du travail à nos concitoyens. Ce n'est donc pas manifester un esprit cocardier rétrograde, ce n'est pas seulement faire preuve de civisme, c'est surtout accomplir un geste de solidarité envers ceux qui sont frappés par le chômage ou qui pourraient l'être. A l'inverse, acheter japonais, coréen ou américain, c'est contribuer à envoyer au chômage un parent, un voisin, un ami.Voilà le sens du slogan « Nos emplettes sont nos emplois » que nous voyons fleurir depuis quelques semaines sur nos murs et dans nos vitrines.Mais aussi, plus égoïstement, nos emplettes sont nos impôts. Le chômeur que nous contribuons à créer, nous le payons en déduction de notre salaire, par l'augmentation de nos cotisations sociales. Et comme l'entreprise française, parce qu'elle vend moins, paiera moins d'impôt, on nous demandera de le faire à sa place. En comparant les prix sur les étiquettes, il faut avoir ce calcul à l'esprit.Alors, dans nos achats quotidiens, privilégions ce qui est fabriqué en France. Participons ainsi concrètement à la lutte contre le chômage. Nous ferons une bonne action. Et, au bout du compte, une bonne affaire.Francis Choisel |
||||