© 2006, LE SITEMESTRE

 
Article publié en 2002 par la Revue cantonale de Boulogne-Billancourt, à la suite de la disparition de Georges Gorse.
Un dossier complet lui est consacré, comportant également trois autres textes : – Georges Gorse, tel que l’Histoire le retiendra – « Je me battrai pour vous » – Un seigneur qui s’en va.

Georges Gorse : son fief, ses barons

Lorsque Georges Gorse arrive à Boulogne-Billancourt, en 1967, parachuté par le général de Gaulle pour conquérir la circonscription législative, la ville est socialiste depuis un demi-siècle, en l’occurrence socialo-centriste. Seul le canton sud est détenu par un gaulliste, Hubert Balança, ancien résistant de 1940 arrêté et déporté en 1943, conseiller général de la Seine depuis 1951.

Ayant remporté d’emblée cette première élection, Georges Gorse se présente ensuite à tous les mandats qui s’offrent à lui, à une époque où le cumul est partout la règle. Il devient ainsi non seulement député mais également maire, conseiller général (au titre du canton nord-est), conseiller régional. En comptant les réélections, cela fait beaucoup d’onctions successives et répétées du suffrage universel!… La force de sa personnalité, l’efficacité de son action, la confiance que lui accordent les Boulonnais sont telles qu’à l’élection municipale de 1983, sa liste atteint jusqu’à 73 % des voix, et qu’il fait élire autour de lui tous ceux qu’il lui plaît de désigner aux électeurs. Pendant trente ans, à Boulogne-Billancourt, on vote pour Gorse, ou pour les candidats de Gorse. Tous gaullistes ou presque. Sans dosage inutile et en toute conviction.

Il amène en particulier dans son sillage l’un de ses collaborateurs, particulièrement dynamique et efficace, Paul Graziani, qui comme lui, gravit tous les échelons (conseiller général et régional, premier maire adjoint, sénateur et même président du conseil général des Hauts-de-Seine). 

Comme suppléant à la députation, il choisit en 1967 Hubert Balança, ce qui facilite son implantation, puis Paul Graziani l’année suivante, qui le remplacent passagèrement à l’Assemblée nationale lorsqu’il devient ministre. Ensuite vient le tour de Georges Duhamel, qui a succédé à Hubert Balança dans le canton sud à la mort de ce dernier. 

Avec l’apparition de l’interdiction du cumul des mandats, Georges Gorse et Paul Graziani libèrent certains de leurs postes : Gérard de Vassal (une fleur faite au C.N.I.) succède à Gorse comme conseiller général dans le canton nord-est et Bernard Morand comme conseiller régional. Vincent Tauzin quant à lui succède à Graziani dans le canton nord-ouest.

C’est Georges Gorse enfin, qui, en soutenant en 1995 la liste de Jean-Pierre Fourcade permet son élection. Pierre-Christophe Baguet devient premier maire-adjoint; l’année précédente Francis Choisel a succédé à Georges Duhamel dans le canton sud : deux jeunes que Georges Gorse avait recrutés sur sa liste en 1983 et dont il avait fait des maire-adjoints. Un nouveau chapitre de l’histoire boulonnaise s’ouvre alors.

 

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