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Au fil de l’actualité
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d'accueil nationale et internationale
(Actualité politique, France,
Europe, Francophonie) du site de Francis Choisel
Une sélection de brèves et liens.
Lien avec la rubrique Combats pour la
Wallonie, Bruxelles et les francophones de Belgique de ce site
Lien avec la rubrique Combats européens et
souverainistes de ce site
Lien avec la rubrique Combats francophones
de ce site
Les «dernières nouvelles de France et
d'ailleurs» des mois précédents
Rubrique dans laquelle Francis Choisel mêle souvenirs et réflexion sur
l'actualité.
(Accès au sommaire des tribunes publiées par Francis
Choisel dans la presse nationale depuis 1984 à l'occasion de
divers événements d'actualité, et qui n'ont pas vieilli)
Dernières
nouvelles de France et d'ailleurs
Evénements
Les trois dernières
réflexions de
Francis Choisel
(Les 4 Vérités - avril 2010)
(Les 4 Vérités - mars 2010)
(Contribution à paraître dans «La Nation, une idée d'avenir»,
ouvrage collectif à paraître en mars 2010, chez F.-X. de Guibert et
DDB)
Le reste de l'actualité
(Emission " Le dessous des
cartes" - vidéo - avril 2010)
(Emission "Deux minutes pour
convaincre" - bande son - avril 2010)
(Valeurs Actuelles - fév. 2010)
(Marianne - fév. 2010)
(Nouvel Observateur - février 2010)
(Valeurs Actuelles - janv. 2010)
(Nouvel Observateur - janv. 2010)
(Marianne, site associé - janv. 2010)
(La Libre Belgique - janv. 2010)
(Marianne - janv. 2010)
(Le Figaro -janv. 2010)
(Observatoire de l'Europe - janv.
2010)
(Cercle Jeune France -
janv. 2010)
(Nouvel Observateur - déc.
2009)(
Autres tribunes
récentes de Francis Choisel
(Les 4 Vérités - fév. 2010)
(Les 4 Vérités - fév. 2010)
(7 avril 2009 - toujours
d'actualité!)
(4
février 2010)
Ecologistes, gaullistes
et souverainistes apportent leur soutien
au comité des élus contre le projet de terminal gazier d'Etretat
Le 24 octobre dernier, 250 élus normands, toutes tendances politiques confondues, ont lancé un collectif pour s’opposer à l’implantation d’un terminal gazier, d’un gazoduc et d’une centrale thermique sur la côte d’Etretat, aux portes de la célèbre station touristique, projet soutenu par Antoine Rufenacht, maire UMP du Havre et par la CCI de la Seine-Maritime.
Ce projet, initié il y a maintenant trois ans et désormais porté par un consortium d’intérêts australiens et autrichiens, suscite de nombreuses interrogations en matière d’environnement, de risques technologiques, de maîtrise du marché énergétique national et se place dans une perspective archaïque de recours accru aux énergies fossiles, à rebours des objectifs de Copenhague et du Grenelle de l’environnement.
Localement, face à l’Etat qui soutient étonnamment le projet, le comité des élus, appuyé officiellement par les diverses collectivités locales auxquelles ils appartiennent, vient d’obtenir un premier succès : la société concessionnaire, «Gaz de Normandie», à l’approche des élections régionales, a été amenée à solliciter du préfet de région une «suspension» provisoire du projet.
Il poursuit le combat pour obtenir le retrait pur et simple du projet et son remplacement par un centre de recherche sur les énergies marines.
A l’occasion de la rencontre
organisée par ce comité le 4 février à Etretat et à l'initiative du
Rassemblement pour la France présidé par Nicolas Stoquer, des personnalités nationales représentatives des courants écologiste, gaulliste et souverainiste
apportent leur soutien à ce combat dont ils veulent saisir l’opinion par delà les limites de la Haute-Normandie.
Il le font sous la forme
innovante d'une journée numérique de soutien aux opposants au projet.
En savoir plus
Si vous voulez
participer à la lutte contre le terminal gazier
Coordination gaulliste,
écologiste, souverainiste, karmakis@gmail.com
(janvier 2010)
Après les régionales, préparez vos
casques
Le Président de la République annoncé: «En avril, nous
prendrons des décisions extrêmement précises pour que la spirale des
déficits ne porte pas atteinte à la crédibilité de notre pays.»
En avril? Bien sûr: après les élections régionales. Tout le
monde aura compris. Préparez vos casques, cela va cogner.
A son habitude, Sarko-le-Courageux veut éviter la sanction des
urnes. Pas si fou! Comme pour le traité de Lisbonne où nous n'avons
pas eu droit à un de référendum. N'est pas Irlandais qui veut. Ou
pour les élections municipales; souvenez-vous: il avait voulu les
avancer juste après son élection pour ne pas être troublé dans son
action par des risques électoraux. Il avait dû finalement y renoncer
et cela avait été calamiteux pour ses amis.
On ne l'y reprendra plus. Un Sarko, cela se juge sur les mots; il y
excelle. Pas sur pièces, ce serait le zéro pointé.
Cela étant dit, il était temps que notre démagogue en chef
s'aperçoive que la dette, le déficit, et tout le reste, c'est énorme,
insupportable, inquiétant. Fillon le lui avait pourtant dit dès le
début du quinquennat.
Mais il n'a cessé de dépenser, pour tout et pour n'importe quoi,
pour son confort, pour gagner des voix (croyait-il...), pour se faire
bien voir dans le monde (c'est réussi, vraiment).
Il est vrai qu'on ne se refait pas. C'est dans son tempérament. Le
pauvre immigré de Neuilly a l'argent qui lui glisse entre les doigts.
Son porte-monnaie – pardon, notre porte-monnaie – est percé.
Plutôt que de nous demander de le remplir encore, il ferait mieux
de le raccommoder. Ou de le passer à quelqu'un d'autre.
(janvier 2010)
Un peu moins de cynisme, M. Ghosn, s’il vous plaît !
Toyota est obligé de rappeler en usine un nombre considérable de ses voitures en circulation dans le monde. La pédale d’accélération peut en effet se bloquer en position enfoncée, c’est-à-dire en situation d’accélération maximale. La chose est grave et chacun ne peut que le déplorer. Carlos Ghosn, le PDG de Renault, lui s’en réjouit. Cela est bon pour les concurrents, a-t-il aussitôt déclaré à Davos. Ce forum, déciment rend fou.
L’homme qui veut délocaliser la fabrication de la Clio en Turquie, en tout cas, n’est pas superstitieux. Une telle mésaventure peut arriver à tout le monde. Croisons les doigts. Et c’est un bien mauvais joueur : s’il veut vendre plus de Renault, qu’on me permette de lui conseiller de miser sur les performances de ses modèles et sur la qualité de sa main d’œuvre plutôt que sur les déboires des autres.
Le premier devoir d’un patron n’est pas d’accroître ses parts de marchés par tous les moyens qui lui passent à portée de main, mais de satisfaire ses clients et de le faire, si possible, mieux que la concurrence. Là est la différence entre la saine éthique libérale et l’affreuse rapacité capitaliste.
M. Ghosn, décidément, a un tiroir caisse à la place du cœur et une conception bien cynique des relations commerciales. Gageons qu’en son for intérieur, il attend avec impatience qu’en bon Japonais, le patron de Toyota se fasse hara-kiri. Mais les traditions se perdent, n’est-ce pas ?
(Article paru sur le site du RPF en janvier 2010)
Le mur de l’Europe, hélas,
est toujours debout
Voilà. C’est fait. La Constitution européenne que les peuples français et hollandais ont rejetée, dont les présidents tchèque et polonais légitimement élus ne voulaient pas, sur laquelle tant d’autres peuples aspiraient à être consultés pour pouvoir lui dire non, à commencer par les Anglais, cette pseudo constitution élaborée par une «convention» d’idéologues soigneusement sélectionnés, portée par Giscard, réécrite par les eurocrates sous forme de traité et claironnée par Sarkozy comme sa chose, est entrée en vigueur.
Elle s’applique à tous les Etats de l’Union européenne, à la France et aux Pays-Bas comme aux autres. Et personne ne dit rien. Personne ne s’est avisé que nous sommes entrés dans l’an I de la forfaiture, que, depuis le 1er décembre 2009, l’Europe ne repose plus sur rien d’autre que
sur le coup de force de Lisbonne, sur la négation du suffrage universel, de la volonté des peuples et de la démocratie, bref, qu’elle est positivement illégitime, inconstitutionnelle, illégale.
Personne non plus ne semble se souvenir que le Parlement européen, boudé cette même année par les urnes de tous les pays membres, ne représente plus rien. S’il existait pour le suffrage universel une clause de quorum, comme dans la plus modeste assemblée de copropriété ou dans la moindre association, il n’y aurait plus de Parlement européen, aucun de ses prétendus députés ne pourrait siéger.
Et l’euro ! Nous protège-t-il de la crise financière, de la montée du chômage, des délocalisations, autrement dit de la
désindustrialisation, de la misère, des suicides en entreprise ? Préserve-t-il notre pouvoir d’achat ? Au contraire. Qui ose le proclamer ?
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Tout donne raison aux souverainistes, les référendums, les sondages, les faits. Tout, sauf les élections, sauf la presse.
Pour ceux qui, avec moi, avec Bernard Chalumeau, Jacques Dauer et Bernard Montrichard ont relancé en 1997 le combat pour l’indépendance et imposé le mot et l’idée souverainistes, il y a là de quoi nourrir une grande satisfaction et une grande colère. Satisfaction parce que le combat des idées est gagné dans l’opinion et dans les urnes, définitivement, et parce que l’actualité, donc déjà l’Histoire, montre plus encore que nous le pensions, la justesse de nos analyses. Mais aussi colère parce que la bataille du pouvoir, à Paris comme à Bruxelles, ne cesse, à chaque élection, d’être perdue, malgré les Villiers, Pasqua, Le Pen, Chevènement et autres Dupont-Aignan, et que nos victoires restent ainsi dans les nimbes, sans prise sur le réel.
Colère à voir ronronner en pure perte, de forums en universités, de tribunes en conciliabules, tous les souverainistes de bonne volonté et d’exceptionnelle valeur que nous avions rassemblés en un formidable faisceau pour des actions autrement plus concrètes, autrement plus vigoureuses, autrement plus efficaces. Depuis que d’autres ont voulu prendre la place de notre belle et bonne Alliance, et que nous la leur avons laissée, le navire continue à voguer sur son erre, en perdant peu à peu de sa vitesse, sans adapter sa route, ni se fixer un nouveau cap.
Aussi vivons-nous ce paradoxe d’un peuple souverainiste gouverné par des élites européistes et mondialistes, d’un souverainisme qui se meurt quand l’européisme agonise et que la mondialisation implose, qui se meurt non pas faute de chefs – il y en a trop – ni faute d’électeurs – nous sommes majoritaires – ni faute de militants – il sont là, ils attendent – mais, qu’on me permette de le dire, faute d’avoir encore aujourd’hui comme nous en avions hier, une stratégie. Une stratégie, c’est-à-dire un chemin tracé vers le but désigné.
Peu de choses en somme, mais sans quoi jamais nous ne parviendrons, quoiqu’il soit bien branlant, à faire chuter le mur de l’Europe.
(janvier 2010)
Contribution au débat sur l'identité
Dans un ouvrage collectif La nation, une idée d'avenir, à
paraître en mars prochain, chez F.-X. de Guibert et DDB, Francis
Choisel publiera une contribution intitulée «Souveraineté, identité».
Rédigée avant l'actuel débat sur l'identité nationale, elle n'en
sera pas moins en plein dans l'actualité.
(novembre 2009)
6 % seulement des Français se sentent vraiment européens
Dans le dernier sondage de la SOFRES sur l’identité des Français publié par le journal
La Croix, il se confirme une fois de plus que nos compatriotes ne se sentent pas européens mais français d’abord (38% français, 6% européens). Toutefois, lorsque l’on cumule les trois réponses possibles (« se sentir d’abord » et « se sentir aussi »), 68% se reconnaissent français, ce qui est peu, bien que la réponse arrive là encore en tête ; et tout de même 24% se voient européens.
Comme de coutume encore, la région est également en queue de peloton à égalité avec l’Europe (6% d’abord, 23% en cumul), dépassant de peu le département (4% et 19%). Autant dire que les Français rejettent carrément l’Europe des régions.
Arrive en deuxième position, ce qui n’est toujours pas une surprise, l’enracinement le plus proche, à savoir la « ville » (la « commune » dans les précédents sondages) avec 21% et 50%.
Et, à l’ère de la mondialisation, on ne s’étonnera pas non plus que le sentiment d’être « citoyen du monde » devance l’appartenance européenne (11% et 20%), ce qui fait apparaître l’Europe, coincée entre la France et le monde, comme une identité inutile et dépassée.
Anciennes brèves
( Le Nouvel Observateur - oct. 2009)
(La Libre Belgique - oct. 2009)
(Valeurs Actuelles - mai 2009)
Dans l'hebdomadaire Les 4 Vérités,
trois articles de Francis Choisel:
(29 septembre 2009 - lien)
(1er juillet 2009 - lien)
(7 avril 2009 - lien)
(octobre 2009)
Suicides à France Télécom: à qui la
faute?
France Télécom est aujourd’hui confrontée à une série de suicides parmi ses salariés. Des suicides en nombre anormalement élevé sur une courte période et qui ont été exécutés sur le lieu même du travail. La responsabilité de l’entreprise est ainsi clairement engagée et, accessoirement, son image passablement écornée dans l’opinion. Or jusqu’à ce jour, on ne voit pas qu’un diagnostic sérieux ait été posé et encore moins qu’un vrai remède ait été préconisé.
(Juin 2009)
L’UMP annonce un succès, pas une victoire et elle fait
bien
Avec leur myopie habituelle, les médias ont oublié de signaler l’essentiel: en sièges, la droite (UMP,
MPF-CPNT, FN) obtient 34 sièges, la gauche (PS, écologistes, Front de Gauche) 32 et le MODEM 6. Autrement dit, s’il s’agissait non pas de
quelques députés noyés dans la masse du Parlement européen mais d’une assemblée complète de 72 membres, le MODEM serait en position d’arbitre de la majorité.
Si l’on regarde ensuite les résultats en voix (selon le décompte du ministère de l’Intérieur) on constate un résultat encore plus catastrophique pour la droite et pour le Gouvernement: 41,46% à droite contre 45,38% pour la gauche et 8,45% pour le MODEM (“Autres”: 4,71%).
Ajoutez à cela l’abstention (59,39%) et vous verrez non seulement que l’UMP et ses alliés ont été désavoués par à peu près 70% des votants (comme Martine Aubry l’a souligné) mais encore que le Gouvernement n’a réussi à mobiliser que 16,54% des électeurs pour le soutenir.
Outre le fait que les élections européennes n’ont jamais une réelle signification nationale, on peut conclure que le jeu reste très ouvert pour la suite et que Nicolas Sarkozy, en privé, ne doit pas sauter de joie.
(Octobre 2008)
Laïcité:
appelons
un chat un chat
Si la laïcité positive a été inventée, c'est bien sûr parce
qu'il existe une laïcité négative, ou plus exactement parce que la
laïcité tout court, telle qu'on la pratique trop souvent, est de fait
négative. De même qu'il existe une discrimination positive parce que
la discrimination tout court est condamnable.
La mauvaise laïcité est celle qui, sous prétexte de neutralité
entre les religions, refuse de prendre en compte le fait religieux dans
la réflexion politique, qui récuse par principe les préceptes des
religions quels qu'ils soient et sans rechercher leurs fondements, qui chasse les Eglises du débat démocratique, en un mot
qui bannit la religion
de l'espace social pour la cantonner strictement au domaine privé. Elle
aboutit sciemment ou inconsciemment à un athéisme d'Etat.
Malgré les reconstructions a posteriori sur les idées de
Jules Ferry et la prétendument consensuelle loi de 1905, c'est bien
ainsi qu'historiquement elle s'est mise en place et qu'elle a ensuite
perduré. La laïcité a pour origine l'anticléricalisme des pères de
la IIIème République, autrement dit leur hostilité au poids de l'Eglise
catholique dans la société française d'alors, lointaine résurgence
des persécutions antichrétiennes de la Terreur de 1793, mais très
éloignée des sentiments bienveillants des fondateurs de la Deuxième
République.
La laïcité positive ou - disons plus simplement - la bonne
laïcité est celle qui est non seulement neutre entre les diverses
religions mais également neutre entre l'athéisme et les religions. Et
cela quoi qu'en pensent les athées sectaires qui crient au scandale par
crainte de perdre le renfort des pouvoirs publics dont ils disposent
aujourd'hui.
Réminiscences
Pompidou,
Giscard, Chirac
et Sarkozy
«Je me considère dans l’opposition depuis le mois de juillet 1972, c’est-à-dire depuis l’âge de dix-sept
ans, et je n'en suis pas encore sorti.
L'héritage empoisonné de Pompidou
A cette date, en effet, en renvoyant Jacques Chaban-Delmas, son premier ministre, et l’année suivante en écartant Michel Debré du Gouvernement, le président Pompidou
substituait définitivement le pompidolisme au gaullisme. En même temps, en acceptant l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché
Commun... Lire
la suite
La botte secrète de Jacques Chirac
Chirac, très longtemps, fut mal compris. On le crut le meilleur candidat possible dans le camp gaulliste; il ne l’était pas. On l’imagina versatile dans ses opinions, influençable même; ailleurs était l’explication de ses changements de pied...
Lire la
suite
L’astucieux pile et face de Sarkozy
Etre le contrepoint de soi-même ? Il y faudrait un exceptionnel don de dédoublement disais-je. Eh bien, Sarkozy y est parvenu. Voyons comment.
Pour accéder à l’Elysée, point n’était encore besoin de ce dédoublement. Il lui suffisait d’avoir compris la méthode Chirac et de l’appliquer. Visiblement, il l’avait comprise et il l’appliqua : puisque les Français, inévitablement, devaient rejeter Chirac et les siens après tant d’années et trop de désillusions, puisque le balancier de l’alternance allait chasser les chiraquiens, il lui fallait être anti-chiraquien ; et il le fut, jusqu’à l’injustice et jusqu’à l’insolence, comme Chirac l’avait été, le temps de ses campagnes présidentielles, par rapport à Giscard ou à Balladur.
Pour se maintenir au pouvoir, ensuite, il a su tirer, comme toujours, les enseignements des erreurs de ses prédécesseurs. Chirac aussi bien que Mitterrand sont apparus comme des renégats et sont devenus impopulaires parce qu’au bout de 6 mois pour l’un, de deux ans pour l’autre, ne voulant ou ne pouvant appliquer leur programme, ils y ont renoncé explicitement. Certes, ils ne l’ont pas avoué crûment, mais ils ont changé de discours en même temps que de politique (Chirac plus que Mitterrand d’ailleurs) ; et tout le monde a bien compris qu’il y avait renversement de la vapeur. Plus jamais ça ! nous a dit Sarkozy pendant sa campagne : «Je fais ce que je dis et je dis ce que je fais.»
De fait, on l’aura constaté, il ne change pas de discours, mais pour une raison simple qui est que ses mots et ses actes mènent leur vie propre, séparément, sans jamais influer les uns sur les autres. Il y a les mots de Guaino, sa plume souverainiste et antilibérale, et puis les actes qui sont grosso modo giscardo-balladuriens. Appelons cela la technique de l’avers et du revers de la médaille, du pile
et face. Le calcul est simple : il y a ceux à qui les mots suffisent; et ceux qui veulent des actes. Aux uns, côté face, il prodigue des discours; aux autres, côté pile, plus discrètement, il offre les faits. Simultanément.
Là est sa botte secrète personnelle : dans la simultanéité de la contradiction entre les faits et les actes. Ainsi, ce qui apparaissait clairement comme un reniement chez ses prédécesseurs (les promesses d’hier non tenues aujourd’hui) devient synthèse, rassemblement, dépassement des clivages (résolutions des contradictions). Tout le monde est satisfait, du moins pour un temps, car il n’y a pas synthèse mais supercherie : discours populiste pour le bon peuple, politique de pensée unique pour les élites; discours de gauche quand la mesure est de droite et discours de droite quand la mesure est de gauche. L’un équilibre l’autre. Le discours camoufle l’action ; il est, au sens militaire du terme, un leurre.
Sarkozy a expérimenté la formule au ministère l’Intérieur en accouplant abolition de la pseudo «double peine» pour satisfaire la gauche bien pensante et discours musclé contre la «racaille» à usage de monsieur
Tout-le-monde. On l’a vue à l’œuvre au moment de ses déboires conjugaux avec son clérical discours au Pape pour les
cathos; et, en regard, sa vie privée plus que dissolue, pour les bobos. Au même instant. L’un et l’autre s’équilibrant en se contredisant parfaitement. Dans chaque secteur de son action, il en est de même.
Ne développons qu’un exemple, celui de la politique européenne. Pendant sa campagne, Sarkozy dénonce la mondialisation, morigène la Banque centrale européenne, accuse l’euro, annonce qu’il faut entendre le message des nonistes du référendum – voilà pour les mots – et il annonce un mini-traité, si «mini» qu’il ne sera point besoin de référendum pour le ratifier – voilà pour le concret. Les souverainistes entendent «traité» au lieu de constitution, «mini» comme synonyme de «au rabais». Quoi de mieux pour les satisfaire ? Les européistes comprennent qu’il s’agit de revenir sur le vote des Français et de resservir la Constitution giscardienne sous une autre forme. Probablement Sarkozy le fait-il savoir discrètement aux plus notables d’entre eux, à ceux qui donnent le ton. Satisfaits, ils laissent dire. On voit là que la technique du pile et face fonctionne même en campagne.
Ensuite, il ne lui en a été que plus facile d’appliquer les promesses. Le traité se fait et il n’y a pas de référendum, comme annoncé; mais il n’est pas « mini », il est «modificatif» et reprend toute la Constitution européenne rejetée, sauf les mots qui fâchent – toujours les mots puisque les souverainistes naïfs y accordent de l’importance et s’y laissent prendre. Dans le même temps, Guaino, caution nécessaire, est toujours là, il rédige toujours les discours présidentiels qu’il alimente en remontrances contre Bruxelles, Francfort et même Maëstricht; et Sarkozy les prononce avec la même conviction.
Le bon peuple, sous le charme, laisse faire : « Avez-vous vu comme il les remet en place ! » Et pendant ce temps les autres gouvernements, la Commission européenne, les européistes laissent dire, ils encaissent même avec délice car ils ont compris, ils sont dans la confidence. Les algarades qu’ils subissent sont le prix à payer, un prix finalement très faible, pour l’application intégrale de leur politique.
Je vous conseille d’appliquer cette grille de lecture, à partir de maintenant, à chaque déclaration présidentielle.
Vous verrez qu'elle fonctionne à merveille.
Tribunes libres
(1984-2009)
Article publié dans l'hebdomadaire Les
4 Vérités (octobre 2009)
Tribune sous double signature publiée dans France Soir (janvier 2003)
En Côte d’Ivoire, une rébellion probablement téléguidée de
l’extérieur enflamme le nord du pays. Elle se fonde en partie sur des
ambitions présidentielles contrariées et vise à renverser le président
élu. Le gouvernement français intervient militairement pour empêcher la
guerre civile et réunit les protagonistes à Marcoussis, en région
parisienne, pour leur imposer un règlement politique. Francis Choisel
livre son sentiment sur la situation, sans attendre l’issue des
négociations, sur lesquelles il espère ainsi peser.
Tribune libre parue dans le Figaro (mai 1998)
Philippe Séguin, président du R.P.R. et François Léotard,
président de l’U.D.F., décident d’engager une fusion de leurs deux
formations. Se fondant sur l’histoire politique et électorale des
cinquante dernières années, Francis Choisel émet des doutes sur
l’efficacité électorale de cette démarche.
Opinion publiée dans le Figaro (avril 1997)
Des bruits de dissolution de l’Assemblée législatives se font
entendre deux ans après l’élection présidentielle de Jacques Chirac.
Francis Choisel n’y est pas opposé par principe, mais il déconseille une
dissolution «à la hussarde». Son opinion paraît le jour même de
l’annonce de la décision : trop tard pour qu’elle puisse prévaloir.
Opinion publiée le Figaro (février 1997)
Des manifestations se déroulent contre le projet de loi sur les
étrangers en France, dite «loi Debré». Francis Choisel, secrétaire
général des Clubs 89, apporte son soutien au ministre de l’Intérieur. Le
Figaro publie un extrait de sa tribune dans le courrier des lecteurs.
Tribune libre parue dans le Figaro (février 1996)
Francis Choisel, secrétaire général des Clubs 89, revient dans
cet article sur le mouvement de grèves qui a paralysé le pays à la fin
de l’année 1995. Il en tire un enseignement que Le Figaro résume par ce
sous-titre : «Il est anormal que l’on puisse déclencher une grève sans
avoir l’assurance véritable que c’est la libre volonté des salariés».
Tribune libre parue dans le Figaro (décembre 1995)
Après avoir ardemment dénoncé la «pensée unique» durant la
campagne électorale présidentielle, Jacques Chirac, une fois élu, renoue
avec elle. Le gouvernement d’Alain Juppé en fait les frais. Les Français
descendent dans la rue contre le plan de réforme de la Sécurité sociale.
Francis Choisel, secrétaire général des Clubs 89, livre son analyse que
le Figaro résume par un double sous-titre : «Les mouvements actuels
sont le résultat d’une désinformation et d’une manipulation des
Français. – Mais il faut aussi que le gouvernement regagne la confiance
du pays.».
Inédit (campagne présidentielle de 1995)
«Il faut réconcilier les Français : Cet objectif d'Édouard
Balladur était jusqu'ici son originalité dans la campagne. Mais le thème
vient de lui être ravi par Jacques Chirac.»
Article publié dans le Journal de Boulogne-Billancourt (février
1984)
Dans ce texte, qui est antérieur à la percée électorale du Font
National (celle-ci ne s’est manifestée qu’en juin suivant, à l’élection
européenne), Francis Choisel démonte magistralement la manipulation
socialiste et anticipe avec clairvoyance sur ce que sera le phénomène Le
Pen. Saisissant d’actualité : vingt ans après, il n’y a rien à
retrancher à son analyse, formulée avant tous les autres.
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