© 2006, LE SITEMESTRE

Article paru en février 2008 dans la Revue cantonale de Boulogne-Billancourt 

Départements :
Une irremplaçable proximité

Dans le débat sur le « grand Paris » et sur la décentralisation, Francis Choisel, fort de son expérience d’élu local et d’universitaire spécialiste des institutions, propose sa solution.

Périodiquement, des voix s’élèvent pour réclamer la suppression des départements. Tout récemment, Jacques Attali. Et cela provoque immanquablement une levée de boucliers.

Si on les rayait de la carte, ce serait au profit des régions, que certains voudraient même faire grossir. Et les décisions s’éloigneraient d’autant du citoyen, en contradiction avec le principe de proximité : une véritable recentralisation.

Pourtant, dans certains domaines, l’enchevêtrement des compétences et les rivalités entre collectivités, nuisent à l’efficacité.

Francis Choisel a, sur ce sujet, une position simple et claire : «Donnons aux mêmes élus le soin de gérer les départements et les régions, propose-t-il. Mais conservons deux exécutifs différents.»

Autrement dit, les conseillers généraux seraient élus comme aujourd’hui par les citoyens dans le cadre des cantons; ils se réuniraient en assemblée départementale pour traiter des sujets d’intérêt départemental; et avec ceux des autres départements pour trancher des questions d’intérêt régional. Départements et région garderaient des « gouvernements » et des administrations distinctes.

Cette solution s’inspire du fonctionnement de l’ancien département de la Seine, mais aussi de l’organisation des toutes nouvelles communautés d’agglomération. D’autres, tels que Jean-Pierre Raffarin, sont d’ailleurs parvenus à la même conclusion.

Au passage, la question du « grand Paris » serait ainsi résolue. Compte tenu de la spécificité de la région parisienne, on pourrait imaginer que les conseillers généraux des divers départements siègent non seulement en formation régionale, mais aussi à l’échelon de la Petite Couronne.

Pourquoi, en effet, les décisions concernant le boulevard périphérique ou la voie sur berge continueraient-elles à dépendre des seuls caprices de M. Delanoë et de M. Baupin? Pour ne citer qu’un exemple.

 

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