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Introduction à un dossier sur les relations internationales, publiée dans les
Nouveaux Cahiers de 89 sous le titre «La mission de la France : témoigner»
(novembre 1993)
Pour une France exemplaire
La force et le droit sont les maîtres mots des relations entre les Etats. Les rapports de force gouvernent le monde ; le droit international cherche à en limiter les excès. La politique étrangère d'une nation repose donc sur un dosage variable et subtil entre la défense de ses intérêts légitimes et une volonté plus ou moins justifiée de puissance.
La France, comme les autres peuples, revendique la défense de son identité et de son indépendance. Comme beaucoup d'autres grandes nations, elle a l'ambition de la puissance. Mais elle ne serait pas la France si elle se contentait de rechercher le juste milieu entre ces deux pôles d'attraction que sont l'impérialisme et le repli sur soi. Car elle n'est mue ni par l'instinct de domination ni par l'égoïsme, fût-il
« sacré ».
C'est ce qu'a fort bien compris Edouard Balladur :
« la France fut à plusieurs reprises dans son histoire un exemple pour le monde (...). A notre tour aujourd'hui de faire à nouveau de la France un exemple ». Cette déclaration, extraite de son discours de politique générale du 8 avril 1993, et qui lui a donné son titre – l'exemple français – fixe le cap. Et le bon.
Là est notre vocation, qui fonde l'exception française. Là est notre destin. Là est notre devoir. Etre exemplaire. C'est-à-dire d'abord être nous-mêmes. Ensuite nous surpasser. En ayant la conviction que le monde nous regarde et qu'il a besoin de nos succès.
Ce n'est pas contre les autres que nous devons remporter des victoires. C'est sur nous mêmes. Et pour les autres. Notre mission ne consiste pas à imposer, ni même à convaincre, mais à témoigner. En un mot, au-delà de la légitime défense et de l'influence, englobant les deux mais les dépassant, nous devons viser au
« rayonnement ».
Francis Choisel
Vice-président des Clubs 89
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