© 2006, LE SITEMESTRE

 
Article publié dans Sillages, bulletin de liaison de la Mini-Université de Boulogne-Billancourt (actuel Forum universitaire), université associative municipale inter-âges
(janvier 1995)

La langue française, notre patrie

Comment peut-on être Français? Cette interrogation a beaucoup agité les milieux intellectuels et politiques de notre pays au cours des années passées. Les uns en tenaient pour le «droit du sang»; les autres ne démordaient pas du «droit du sol».

Le cycle de la Mini-Université consacré à la francophonie nous rappelle qu'en la matière, notre conception séculaire est la volonté de vivre ensemble.

N'y a-t-il pas, en effet, de manifestation plus immédiate, et en même temps plus profonde, de cette volonté que le choix de partager la même langue? Le rejet de certains immigrés, ici, aujourd'hui, ou de certains colons, là-bas, hier, ne vient-il pas de la différence des langues? Et cette différence n'est-elle pas l'expression d'une volonté de rester distincts, donc étrangers les uns aux autres ? Qu'est-ce que le creuset américain, sinon d'abord l'adoption, l'apprentissage, la pratique d'une langue commune ? Et dans quoi la revendication québécoise d'une « société distincte » du reste du Canada puise-t-elle sa force, sinon sur l'usage passionné du français ?

Au fil des conférences, n'avez-vous pas l'impression que nous tous, francophones, au-delà des différences, nous appartenons à la même république des lettres? Voire à la même république tout court.

Pour ma part, en tout cas, je ressens véritablement comme compatriote, et je suis prêt à reconnaître comme concitoyen, tout homme qui choisit de s'exprimer habituellement en français. Fût-il persan.

Francis Choisel
Vice-président de la Mini-Université
de Boulogne-Billancourt



 

© 2006, Le Sitemestre