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Article résumant un rapport du Club 89 de Boulogne-Billancourt, paru dans la revue Résonances
(mars 1990)
Vers une Union
de la Méditerranée occidentale
La Méditerranée est traditionnellement une zone d’affrontements. Sans remonter jusqu’aux Croisades ou à la « poudrière des Balkans » d’avant 1914, il suffit, pour s’en convaincre, de songer à l’actualité récente.
Mais pourquoi la Méditerranée ne pourrait-elle pas devenir au vingt-et-unième siècle une zone de paix, comme l’Europe l’est devenue depuis 1945 ? Il existe en effet incontestablement une entité méditerranéenne, à la fois géographique et culturelle. ne serait-ce que pas parce que la Méditerranée est le berceau de la civilisation occidentale et des religions monothéistes.
Les différents pays concernés appartiennent tous à plusieurs organisations internationales. Mais rien de ce qui existe n’est réellement satisfaisant sur le plan méditerranéen. En effet, aucune organisation régionale ne groupe tous ces pays. Il paraît donc nécessaire d’en envisager une. Une organisation du style du Conseil de l’Europe, menant des opérations de coopération multilatérales ponctuelles, pourrait être envisagée.
Elle pourrait se préoccuper des questions liées à l’environnement et à la pollution, à la culture et à la communication, développer une coopération scientifique, et s’intéresser, bien sûr, aux problèmes économiques et aux migrations humaines.
Les deux langues officielles d’un tel organisme pourraient être le français et l’arabe, comme le sont le français et l’anglais au Conseil de l’Europe.
Le réalisme suppose toutefois de se limiter d’abord à la zone où il existe le moins de conflits, donc à la Méditerranée occidentale. Celle qui correspond, peu ou prou, à l’ancien Empire romain d’Occident dans son entité méditerranéenne : l’Espagne, la France, l’Italie, la Yougoslavie, la Tunisie, l’Algérie et le Maroc. Ensuite, seulement, seraient associés des pays comme la Grèce, l’Egypte ou la Turquie.
Une « Union de la Méditerranée Occidentale », sous la forme d’une coopération multilatérale entre Etats souverains, serait le complément naturel des divers organismes européens et des diverses institutions africaines. Elle permettrait à la France, par une démarche concrète, d’assumer pleinement sa vocation africaine et méditerranéenne. Et à l’Europe de renforcer les liens privilégiés qu’elle doit tisser avec l’Afrique.
Commission des affaires étrangères
du club de réflexion Boulogne 89
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